12102016Headline:

12 ans après la fermeture de la société de téléphonie mobile: 164 ex-agents de Cora attendent toujours leur indemnisation

agent de cora

Leur calvaire dure douze (12) longues années. Eux, ce sont le 164 ex-agents ivoiriens de la défunte société de téléphonie mobile Cora Sa (qui a cessé depuis ses activités en 2003) . Malgré les décisions de justice, ces agents n’ont perçu aucune indemnisation.

Dans leur mémorandum dont copie nous est parvenue, ils dressent l’historique de leur souffrance et annoncent des sit-in sur l’esplanade de l’Ambassade des États-Unis, jusqu’à ce qu’ils aient gain de cause.

S’ils étaient conscients qu’en 2003, lorsqu’une ordonnance de la Cour suprême de Côte d’Ivoire suspendait les activités de Cora Sa, se terminait leur aventure dans cette entreprise de téléphonie mobile, les 164 ex-agents de ladite société n’ont pas prévu qu’ils seraient encore, aujourd’hui, à courir après leurs droits. En 2015, cela fait, en effet, 12 ans que dure leur attente. Une valse qui a commencé avec les crises interminables entre les actionnaires américains Western Wireless et feu Alexandre Galley. Fermée pour la première fois le 25 mai 2001, Cora Sa va mettre, définitivement, la clé sous le paillasson, le 9 octobre 2003. Va s’ensuivre l’expulsion, des locaux de la société, des responsables et des employés car les actionnaires américains avaient déjà suspendu le réseau. Avec cette nouvelle donne, la crise latente est désormais exposée sur la place publique. Il faut donc la gérer. D’où la mise en place, par le gouvernement ivoirien, au cours d’un conseil des ministres, d’un comité interministériel présidé par Bamba Mamadou, alors ministre des affaires étrangères. Une mesure qui n’aura aucun effet, sauf que l’affaire va conduire le gouvernement américain à décider du retrait de la Côte d’Ivoire de l’Agoa, la loi votée en mai 2000, par le congrès américain, qui vise à soutenir l’économie des pays africains, facilitant l’accès au marché américain s’ils suivent les principes de l’économie libérale. A partir de cet instant, s’ouvrent les négociations pour l’indemnisation des employés au nombre de 164. Une opération qui n’aurait pas dû connaître d’anicroche puisque, selon Daouda Coulibaly et Olivier Koffi, porte-parole des ex-agents de Cora, « Comium (qui a racheté la licence de Cora Ndlr) a versé 6 millions de dollars US (environ 3 milliards de FCFA) dont une partie destinée à éponger les arriérés de salaires dus aux employés ». Au surplus, le directeur de cabinet d’alors du ministre de l’économie et des finances, Koffi Ahoutou, déclarait en mai 2007, que le contentieux avec Cora a été vidé, et qu’un protocole d’accord à l’amiable et de décharge de responsabilité, avait été signé à Washington, le 16 mai 2007, entre l’État de Côte d’Ivoire et les trois actionnaires américains de Comstar. « Pour le problème entre la Côte d’Ivoire et les États-Unis au sujet de Cora Sa, un accord a été trouvé pour que les employés ne soient pas des laissés-pour-compte », renchérissait, à lire le mémorandum, le ministre Charles Diby Koffi, alors en charge de l’économie et des finances.

Sit-in, comme arme de survie

« Avec l’appui d’un cabinet de la place, apprennent les porte-parole des ex-agents de Cora, le montant de nos droits, calculés et certifiés, a été évalué à 8.108.123.884 FCFA, sur la base de 35 mois. Le dossier a été présenté, lors d’une rencontre du comité de crise, à Hamed Bakayoko (ministre des Ntic, à l’époque, Ndlr) ». La situation que vivent ces ex-agents de Cora Sa, on s’en doute, a eu un impact négatif sur leur vie. Leur mémo fait, en effet, état d’une souffrance extrême que vivent ces pères et mères de famille. On note « cinq décès parmi les ex-employés, l’expulsion des logements pour cause de loyers impayés, la dislocation de cellules familiales par suite de divorce, la non scolarisation des enfants, des humiliations de toutes sortes, l’impossibilité de chercher un nouvel emploi par manque de certificat de travail étant donné que le contrat de travail avec Cora Sa n’a été rompu à aucun moment, travail au rabais, etc. », peut-on lire dans le document. Pour retrouver donc leur dignité d’Homme, les 164 ex-agents de cette société de téléphonie mobile ont décidé d’agir. Après le sit-in du 8 octobre 2010 devant l’Ambassade des États-Unis d’Amérique, et les courriers envoyés aux autorités ivoiriennes dont le dernier date du 17 décembre 2014, adressé à Hamed Bakayoko, ils projettent de mener plusieurs actions dont le point culminant sera l’organisation de sit-in face à l’Ambassade des Usa, à la Riviera. Cela représente, pour eux, le seul moyen de mettre la pression sur le gouvernement ivoirien. « Les 164 ex-employés de Cora Sa se tournent donc vers M. Terence Patrick Mc Culley, Ambassadeur des États-Unis en Côte d’Ivoire, pour qu’il soit leur porte-parole auprès du Président de la République, du Premier Ministre, du Ministre de l’économie et des finances, afin qu’une solution définitive soit trouvée à cet épineux problème qui perdure depuis douze ans. Ils espèrent que leur implication personnelle dans ce dossier garantira un aboutissement heureux et définitif afin de nous éviter de faire un sit-in devant l’Ambassade des USA dans les jours qui viennent jusqu’à ce que nous ayons gain de cause », font savoir les licenciés de Cora. La situation de ces ex-agents de Cora Sa est d’autant dramatique que lorsqu’on les remerciait, aucun certificat de travail ne leur a été délivré. « Cela a empêché nombre d’entre nous de rebondir », écrivent les porte-parole des ex-agents de Cora Sa.

Serge YAVO

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