10212017Headline:

3ème République Le tout 1er Gouvernement ,passé au scanner par L’Eléphant déchainé-ce qu’il faut savoir sur ces ministres…

Le 1er Gouvernement de la 3ème République passé au scanner par L’Eléphant déchainé-Pourquoi Ouattara a gardé ces ministres…

Le premier gouvernement de la 3ème République, voulu par notre Président, a été présenté aux Ivoiriens au cours de la journée du mercredi 11 janvier 2017. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’un effort de resserrement des rangs a été fait pour dégonfler l’ancien mammouth qui coûtait des milliards aux Ivoiriens sans garantie de retour sur dépense sur l’amélioration de leurs conditions de vie, malgré le chant sur la croissance économique que le monde entier, paraît-il, nous envierait. Chacun l’aura compris, ce gouvernement, à moins d’une sortie de table de quelques-uns de ses membres, pourrait bien être le dernier de notre Président. En attendant la mise en place du Sénat dans lequel on devrait retrouver quelques ministres remerciés, nous sommes de plein pied dans la troisième République. «L’Eléphant» dont chacun sait qu’il aime bien distribuer de petits cadeaux de fin et de début d’année à nos valeureux dirigeants, respecte encore, dans cette édition quasiment spéciale, cette tradition. En mettant à la disposition de ceux qui le font vivre depuis cinq ans maintenant, le résultat de ses petites réflexions sur le sens de la présence des uns et des autres dans ce premier gouvernement de la troisième République dont la mission est de préparer la transition pour l’émergence d’une nouvelle classe politique à partir de 2020. A consommer sans modération. En attendant mardi, le tour des «entrants».

Amadou Gon Coulibaly: Après Dieu, il y a Ouattara

Notre nouveau Premier ministre n’est certes pas un homme nouveau; mais c’est un homme qui sait être reconnaissant à ceux qui lui font du bien. Pour lui, après Dieu, sur la terre, il y a notre Président, l’empereur Alassane Ouattara II. Lequel, de l’aveu même d’Amadou Gon Coulibaly, lui a offert un nouveau cœur. Autrement dit, notre «lion» de Korhogo se serait ôté de notre soleil depuis bien longtemps. Dire de cet homme qu’il est un proche parmi les proches de notre Président relèverait simplement de la communication, ce qui n’est pas le créneau de l’infernal quadrupède. La question après sa nomination à la Primature est de savoir si le Premier ministre qu’il est aujourd’hui a plus de pouvoir que le Secrétaire général du Château qu’il était hier. Tant les actions de l’homme ont irrigué les institutions de la République depuis l’arrivée de notre Président. Premier ministre d’un gouvernement resserré, la mission de Gon Coulibaly, au-delà de la coordination de l’action du gouvernement, est surtout d’en imposer au RDR, après la retraite de notre Président et de faire en sorte que 2020 ne se transforme pas en cauchemar avec les ambitions des uns et des autres qui, encore diffuses en raison de l’encore capacité de «nuisance» du Président en exercice, pourraient s’exprimer avec une telle violence que le RDR se retrouverait en mille morceaux. En homme intelligent à qui on ne peut plus apprendre à faire des grimaces, il sait que diriger la Primature sera plus aisée que de contrôler les ambitions des hommes. Le ticket présidentiel de 2020 ne pourra pas se faire sans lui et il y pensera chaque matin en se rasant. On ne peut que lui souhaiter d’avoir le cœur bien accroché et d’agir dans l’intérêt des Ivoiriens. Mais ça, il le sait déjà. Sans doute.

Hamed Bakayoko: Le journalisme peut conduire à tout…

Le seul ministre d’Etat du premier gouvernement de la troisième République confirme l’idée selon laquelle le journalisme peut mener à tout. Sous nos tropiques, il est vrai que les journalistes qui font correctement leur travail expérimentent, un jour où l’autre, la prison. Et, le ministre d’Etat, ministre de l’Intérieur et de la Sécurité est déjà passé par la case «prison» avant de creuser son petit trou au sein du RDR où personne ne lui prédisait un avenir comme celui qui est le sien aujourd’hui. Après avoir été le ministre des NTIC sous l’intrépide Gbagbo qui, paraît-il, l’aimait bien, il est l’inamovible ministre de l’Intérieur depuis que l’opposant Ouattara a déposé ses valises au château du Plateau. Que pouvait bien faire Hamed Bakayoko dans ce ministère réputé extrêmement sensible, surtout dans un contexte post-crise, avec des policiers traumatisés et sans arme? De l’avis général, celui qu’on soupçonnait, il fut un temps, d’aimer trop la vie – les lourdes responsabilités sont depuis passées par là – a réussi sa mission à la tête de ce ministère régalien. L’insécurité a cédé du terrain, les policiers ont retrouvé un peu de dignité, ceux qui ont la chance d’avoir une arme reçoivent maintenant des rechargent et ne sont plus obligés de se fournir à titre privé sur le marché noir. Mais tout n’est cependant pas parfait. Le problème des baux des policiers demeure encore un souci pour les bailleurs et les activités plus que débordantes des petits voyous affreusement appelés les «microbes» assombrissent quelque peu le bilan d’Hamed Bakayoko. Avant la formation de ce gouvernement, de folles rumeurs l’avaient donné sortant pour continuer à prospérer du côté du château. Mais il n’en a rien été et Hamed Bakayoko est toujours à son poste. C’est dire si l’homme a pris de la graine et qu’il compte dans le dispositif du Président Ouattara et que, à force de fidélité, celui qui aime à répéter qu’il vaut mieux ne pas avoir d’ambitions politiques si elle ne procède pas d’une demande populaire, a fini par rentrer dans le schéma de 2020. Malin comme un journaliste d’investigation, il a réussi à s’entourer de personnes qui en ont dans la tête et qui lui permettent de continuer à marcher dans la marre à crocodiles qu’est le microcosme politique ivoirien, sans trop troubler la digestion des uns et des autres; enfin, ceux qui ont véritablement plus de pouvoir que lui. Le journalisme pouvant mener à tout, s’il prend bien des notes…

Amon Tanoh Marcel: Un ministre vaut mieux qu’un député tu le seras…

On ne sait trop pourquoi il a joué des coudes, en sa qualité de directeur de cabinet de notre Président, pour se retrouver sur la liste des candidats au poste de député du côté d’Aboisso. Et, en qualité de candidat titulaire dans un étrange schéma où celui qui l’avait étalé cinq ans plus tôt se retrouvait en dessous de lui en tant que suppléant. Une mauvaise plaisanterie que les populations d’Aboisso n’ont pas du tout appréciée et qui l’ont fait savoir. Résultat, un rétropédalage d’Amon Tanoh qui a préféré ne pas trop en faire. Bien vu. Car la suite est connue. Mabri Toikeusse, président de l’UDPCI, et qui s’est découvert une vocation de futur Président de la République n’a pas voulu céder à la gourmandise du RDR qui n’entendait pas le voir éparpiller ses candidats aux législatives dans tout le pays. Un acte qualifié d’indiscipline qui lui a valu son éviction fisc du gouvernement et sa place de ministre des Affaires Etrangères confiée à Amon Tanoh en tant qu’intérimaire. Désormais ministre titulaire des Affaires Etrangères, on espère qu’il prendra le temps de méditer la sagesse selon laquelle on ne peut pas faire le bonheur d’un peuple contre sa volonté. Après le ministère de la Construction où il a eu à gérer le dossier des ayants-droit de feu Souleymane Boundy, revoilà donc Amon Tanoh, champion des Ambassadeurs de la Côte d’Ivoire à travers le monde. On ne sait pas encore ce que les populations d’Aboisso pensent de sa nomination après ce qu’elles lui ont fait subir; mais il est toujours bon pour un ministre de pouvoir compter sur une population derrière soi. Parce que cela risque de peser lourd dans la balance en 2020.

Sansan Kambilé: Il a oublié le dossier des enfants Boundy

Parfois, les vertus se perdent dans l’intérêt comme les fleuves dans la mer, disait un penseur français. Notre ministre de la Justice et Garde de nos Sceaux n’avait pas grand’chose à craindre du remaniement ministériel qui avait été annoncé. Ministre depuis seulement un an, l’on n’a pas encore senti son expertise dans le fonctionnement de notre service public de la justice. Le Président Ouattara avait promis une grande reforme de notre justice, on l’attend toujours. En attendant, trois ministres se sont déjà usés à ce poste avant l’arrivée de Sansan Kambilé. Le budget de la justice continue de culminer à moins de 1% du budget national et aucun ministre de la Justice, jusqu’ici, n’a présenté un quelconque plan de redressement de notre justice pour la réconcilier avec les justiciables qui préfèrent de plus en plus renoncer en paix à leurs droits plutôt que d’aller se faire humilier en réclamant justice devant les tribunaux. L’accès à la justice continue d’être un luxe pour la majorité des Ivoiriens, à seulement quatre années de l’émergence promise. Maintenant qu’il sait que, sans tomber dans les compromissions qui ont alourdi la barque de certains de ses prédécesseurs, il pourrait rester à ce poste jusqu’en 2020, on attend enfin de voir de quoi Sansan Kambilé est capable. «L’Eléphant» a récemment dénoncé le parapluie atomique qu’il a voulu, à travers une simple circulaire, offrir aux banques sans scrupules qui appauvrissent leurs clients et qui ne veulent rien payer quand la justice les prend la main dans le sac. L’affaire a quelque peu embarrassé en haut lieu; et «L’Eléphant» sait à présent d’où cette étrange idée qui voulait déroger à des lois est venue. On suivra tout. Sansan Kambilé n’est pas un homme à trop l’ouvrir, on l’a remarqué. On dit qu’il préfère l’efficacité au bavardage. Soit. Mais les Ivoiriens attendent toujours qu’il se prononce sur l’affaire qui oppose les ayants-droit de feu Souleymane Boundy à l’homme d’affaire Ali Fawaz à propos de 750 mètres carrés de terrain en Zone 4/C à Marcory. Car l’homme, mieux que quiconque, sait où se trouve la vérité dans cette affaire. Mais peut-être a-t-il fait sienne cette sagesse de feu le général Guéi: «Laissez-moi finir avec la mangue qui est dans ma bouche avant de vous répondre…»

Bruno Nabagné Koné: Il continuera de porter la voix du gouvernement et… surtout la sienne.

Il doit être bien heureux, l’encore porte-parole numéro 1 de notre énième gouvernement d’émergence. Il s’en est fallu de peu pourtant qu’il ne soit jamais ministre, tant il se sentait proche de l’intrépide Gbagbo. Comme quoi, la vie est bien souvent étrange. Ministre de la Poste et des TIC depuis 2011, le voilà désormais avec le portefeuille de notre Affoussiata Bamba Lamine (communication), en bonus. Après avoir torpillé comme jamais un certain Arthur Aloco qui refusait de payer n’importe qu’elle facture provenant du ministère, il a œuvré à la création d’une kyrielle de structures dont l’efficacité pourtant chantée au début ne crève pas les yeux. On se souviendra éternellement de son commentaire sur le supplice de Madiara Ouattara, cette pauvre jeune fille qui, pour attirer l’attention du gouvernement sur ses factures impayées, s’était immolée devant le château en pleine réunion du mercredi: «Le gouvernement respecte sa décision…», avait méprisé Koné Bruno. Dans un pays où il existe une véritable opinion publique, un tel commentaire aurait provoqué un tollé tel que le chef de l’Etat aurait été dans l’obligation de se séparer de ce ministre. Mais nous sommes en Côte d’Ivoire, et tout va bien.

Kobenan Kouassi Adjoumani: Un monde derrière

Plus «vieux» député de Côte d’Ivoire avec Aka Aoulé, réélu sans discontinuer depuis 1995, le ministre des Ressources Animales et Halieutiques a les pieds bien posés sur terre. On ne savait pas grand’chose de ce qui se faisait dans ce ministère avant son arrivée; mais Adjoumani, manifestement, y donne satisfaction au chef de l’Etat qui continue de lui renouveler sa confiance. Ministre depuis l’époque de l’intrépide Gbagbo -moins un an -, Kobenan Adjoumani est «L’Eléphant» du Gontougo, sa région où sa longévité en tant que leader relève d’un secret qu’il garde jalousement. Beaucoup l’avaient vu sortant du gouvernement mais il y est, encore. Des mauvaises langues le donnent cependant hors du schéma de 2020; mais lui, pense que tout est relatif et que c’est le terrain qui détermine le destin politique de chacun. Et, en dehors de son ministère, l’homme en sait quelque chose en matière de terrain qu’il aime bien cultiver. Les initiés savent de quoi il s’agit. Bref, Adjoumani a encore du temps devant lui. Proche de Bédié pour qui il n’hésite pas à sortir son arme de destruction massive – son stylo – qui se transforme en scalpel pour celui qui en est la cible (KKB peut en témoigner), Adjoumani est un jeune «Eléphant» qui n’a plus peur de rien.

Raymonde Goudou Coffie : «Roxy» de rien n’était

La fin de l’année 2017 a donné bien d’émotions à notre ministre de la Santé et de l’Hygiène publique. L’irrévérencieux «Eléphant  Déchaîné» n’a pas arrêté de provoquer ses sanglots avec ses articles un chouia provocateurs; mais toujours écrits dans l’intérêt des Ivoiriens et assis sur des faisceaux solides. Et comme si cela ne suffisait, la ministre a perdu son époux dans la foulée, paix à son âme. Raymonde Goudou Coffie est reconduite dans le premier gouvernement de la troisième République, même si son bilan ne pète pas une grande santé et que les hôpitaux publics continuent d’être un épouvantail pour les Ivoiriens qui les fréquent par obligation absolue. Elle nous avait promis un personnel médical plus accueillant et plus respectueux après «le scandale du mannequin», il n’en a rien été. Elle nous avait promis, la main sur le cœur, le démantèlement du plus grand marché de médicaments contrefaits au monde, «Roxy» à Adjamé, il n’en a rien été. Qu’est-ce qu’elle nous avait promis encore? Tiens, l’équipement de tous les hôpitaux de Côte d’Ivoire à travers un plan de plusieurs milliards de FCFA, l’aiguille est passée, mais on attend toujours le fil. Mais soyons juste! La Côte d’Ivoire n’a pas connu l’Ebola et on ne peut  mettre ce miracle qu’au crédit de notre ministre de la Santé. Cela vaut sans doute une reconduction.

Pascal Abinan Kouakou: Aucun repis…

Transfuge de la direction générale des impôts où il a fait des miracles, notre ministre de la Fonction Publique n’a pas tremblé pour son poste. Il a, dit-on, un ambitieux plan de reforme de notre administration dont chacun sait que l’efficacité n’est pas le point fort. Le problème, c’est que les fonctionnaires, ces mauvais coucheurs, veulent sa peau à cause d’une reforme des retraites dont il n’est pas l’inventeur. Voilà plusieurs mois que le ministre menace de foudre les grévistes, sans que cela n’atténue leurs ardeurs. Haut cadre du PDCI, Abidjan est l’un des attaquants du Bouddha de Daoukro, Henri Konan Bédié. Pascal Abinan nous a promis une lutte sans merci contre la corruption dans les concours administratifs et dans l’administration publique. Vaste programme. En attendant, sa reconduction est tombée au beau milieu d’une grève des fonctionnaires qui sont désormais déterminés – certains seraient même prêts à mourir pour que soit retirée l’ordonnance sur les retraites – à aller jusqu’au bout de leur action. Peu importe les sanctions. Eux qu’on menace de fouetter quand ils l’ouvrent; alors que l’on s’écrase au sol quand d’autres entonnent leur chanson du côté de Bouaké. Entre initiés, on se comprend. Abinan Pascal, sauf sortie de route, est donc bien parti pour rester dans le gouvernement jusqu’en 2020. Reste à savoir ce qui se passera pour lui à cette échéance.

Sidi Tiémoko Touré: On espère qu’il n’émettra plus de chèques sans provisions

La politique est bien une chose étrange. Sinon, Sidi Tiémoko Touré ne ferait plus partie du gouvernement de Côte d’Ivoire tant il s’est illustré de bien triste manière sur certains dossiers dans son maroquin de la Promotion de la Jeunesse, de l’Emploi des Jeunes et du Service Civique. «L’Eléphant» a révélé l’exploit qu’il a réalisé en octroyant à sa petite sœur, qui venait de créer une entreprise de communication de toutes pièces, un marché de 500 millions dans le cadre de l’organisation d’un inutile salon de l’emploi. Avant cela, à quelques mois de la dernière présidentielle d’octobre 2015, il avait fanfaronné à travers le pays avec son histoire de financement de projets «jeunes» en délivrant de gros chèques à quelques naïfs sous les objectifs des caméras de la RTI. Mais les bénéficiaires n’ont, pour la plupart, pas encaissé un Kopeck à la Coopec où étaient censés roupiller des millions déposés là pour eux. Assis sur les plus de deux millions d’emplois qui auraient été déjà créés avant son arrivée mais dont il parle comme si cela faisait partie de son bilan, il oublie de plus en plus de dire aux Ivoiriens le nombre d’emplois qui ont été créés sous son empire. Mais il a sans doute désormais le temps de nous bassiner les oreilles avec son histoire de «la nouvelle constitution va résoudre le problème d’emplois…»

Adama Koné: Dans le silence, il creuse son sillon

Ministre auprès du Premier Ministre chargé de l’Economie et des Finances, Koné Adama a pour lui, le bilan laissé à la Direction générale du Trésor, où des petits malins qui prospéraient sur les primes des agents sans être des agents du Trésor en ont eu pour leur grade. Certains se sont retrouvés à la Maca, quand d’autres, à travers certaines villes du pays, prenaient la poudre d’escampette, horrifiés par les informations lues, publiées dans «L’Eléphant Déchaîné». Sans Koné Adama, les Ivoiriens n’auraient sans doute su grand-chose sur l’origine de la dilapidation des primes des joueurs de l’équipe nationale de football après la CAN de football en Guinée Equatoriale. Il aurait suffit qu’il mette le pied sur un rapport de ses inspecteurs et le tour était joué et certains continuaient de fanfaronner sur les médias du pays. Mais Koné Adama est passé par là. Des actes qui lui ont valu un vibrant barrissement de «L’Eléphant» qui s’y connaît en matière de traque des «grilleurs d’arachides» dans l’administration publique. Certes, «L’Eléphant» n’a pas manqué aussi de souligner des grognes au niveau des fournisseurs de l’Etat qui ne comprenaient pas un certain nombre de pratiques que l’ex-dégé du Trésor s’est attelé à corriger, si bien que tout cela lui a valu finalement la confiance du chef de l’Etat. Lequel l’a nommé au ministère de l’Economie, une sorte de couronnement de sa carrière de fonctionnaire. Assis dans son fauteuil de ministre depuis un an, personne ne le voyait sortir de son cabinet avec ses valises. C’est donc sans surprise qu’on le voit reconduit à son poste. La discrétion dans l’efficacité étant son point fort, sans bruit, on l’a vu se présenter à l’élection des députés du côté d’Odienné où il a dû intervenir pour éviter une implosion du RDR, son parti. En novembre dernier, il a présenté son plan de sauvetage de l’Unacoopec dont chacun sait qu’elle est complètement en faillite. Du haut du 20ème étage de l’Immeuble SCIAM, Koné Adama a le temps de voir venir 2020.

Abdourahmane Cissé: Ses dents poussent trop vite

Il a eu, on ne sait trop pourquoi, des rapports très houleux avec l’ex-dégé de la Sicogi, Camara Loukimane, qu’il a fait suspendre le temps d’un audit dont on attend toujours les conclusions. De nombreux responsables de sociétés de travaux publics se plaignent de la façon expéditive qu’il a d’aborder certaines questions et de les prendre de bien trop haut. On espère qu’il n’a pas attrapé la grosse tête. Cependant, dans certains cercles, on ne tarit pas d’éloges sur ses compétences. Très proche du château et notamment de l’actuel Premier ministre, il sait que ses crampons sont bien enfoncés dans la moquette de son immense bureau et qu’il n’est pas encore né, celui qui pourrait le virer d’un claquement de doigt, de son cabinet. Le budget, c’est de l’argent. Et son Directeur général du budget en fait un peu trop avec, sans qu’il n’en dise mot, on ne sait trop pourquoi. Du deux poids deux mesures? Il ne parle pas beaucoup; de nombreux confrères estiment qu’ils n’aiment pas beaucoup les journalistes ou les méprise carrément. «L’Eléphant» ne peut pas en dire autant. Abdourahmane Cissé qui est encore loin de la quarantaine peut faire évidement partie du schéma de 2020. Pourvu qu’il ne casse pas ses dents de lait sur des os trop durs dans le désordre ambiant.

Alain Richard Donwahi: Il ne nous en dira pas plus

En moins de deux semaines, Alain Donwahi, en qualité de ministre auprès du Président de la République chargé de la Défense, a vécu plus d’émotions qu’il n’en a vécu dans toute sa carrière professionnelle. L’ancien homme fort du Conseil National de Sécurité – ce machin dont on ne sait à quoi il nous sert réellement et qui est présidé par le chef de l’Etat en personne – a été envoyé dans la fournaise de Bouaké pour négocier avec des mutins qui n’ont pas pour point fort, l’expression orale dans une langue étrangère qu’on appelle le français. Et qui préfèrent retenir un ministre de la République en otage, le temps que des voix plus autorisées leur confirment  ce que ce dernier leur a raconté. Après cela, on apercevra Donwahi dans une caserne à Abidjan en train de déguster du bout des lèvres l’un des plats exotiques servis à nos soldats depuis des années et visiter aussi avec émotion leur insalubre dortoir. Avant de leur envoyer quelques jours plus tard, des dizaines de matelas et des couvertures. C’est vrai qu’il a fallu que certains fassent le coup de feu à Bouaké pour que subitement, nos autorités chargées de la défense découvrent que les militaires dorment à même le sol ou sur des matelas de fortune que bombardent chaque nuit les punaises et autres cafards. Mais que fait le ministre de la Défense? Eh bien, il a reconduit son délégué. «On ne reste pas dans les magnans pour enlever les magnans», dit-on en Côte d’Ivoire. Après ses émotions à Bouaké, personne n’aurait compris que Donwahi soit viré pour un problème qu’il n’a pas créé. Il continue donc sa mission. On ne peut que lui souhaiter bien du plaisir et bonne route pour 2020.

Nialé Kaba: Une planification silencieuse

L’ancienne ministre déléguée à l’économie et aux finances ne s’exprime plus beaucoup depuis qu’elle a atterri au Plan et au Développement voilà maintenant un an. Il est vrai que ce ministère est plus technique que politique et qu’on y réfléchit plus qu’on ne l’ouvre. Mais si elle a vécu son départ de l’Economie comme une chute, l’occasion, qui lui est de nouveau donnée de prouver de quoi elle est capable, ne saurait s’apprécier en dessous de sa valeur. Mabri Toikeusse, dans ce ministre a beaucoup fait parler de lui, non pas dans la réussite de ses plans, mais dans l’opacité dans la gestion d’un certain nombre de dossiers. «L’Eléphant» se souvient des exploits réalisés par certains de ces collaborateurs qui étaient dans le viseur de la brigade de recherche de la Gendarmerie. Depuis l’arrivée de Kaba Nialé, il n’y a pas encore eu de fumée noire qui s’est exfiltrée de son cabinet, ce qui est de bon augure. Elle n’a pas réussi à décrocher une candidature pour les législatives à Bouna afin de jauger un peu son leadership sur le terrain et cela l’a quelque peu contrariée. Mais sa reconduction a dû être un bon réconfort, surtout qu’avec un peu d’efforts cela pourrait durer jusqu’en 2020 où personne ne sait à quel niveau il se retrouvera. Car, de nombreuses personnes sont sur les listes d’attente et elles n’entendent pas voir 2020 passer sans que leur tour n’arrive. Kaba Nialé devrait suivre quelques uns de très près.

Kandia Camara: Star malgré elle

Ceux qui ont rêvé de son départ peuvent aller se rhabiller. Kandia Camara est encore utile à notre Président. Utile aussi à notre école? La question mérite d’être creusée bien en profondeur. En attendant, notre Kandia Camara ajoute d’autres cordes à son arc. Elle est désormais ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement technique et de la Formation professionnelle. Malgré tout ce que les mauvaises langues racontent sur son compte, son compte est toujours bon auprès de notre Président. Et, c’est manifestement cela l’essentiel. Aux enseignants qui entendaient organiser une grève sauvage, elle avait promis une riposte sauvage et inoubliable. Il faut le faire… Mais Kandia, finalement, a su mettre de l’eau dans son «bissap» et les sanctions qui devraient arriver du ciel ont plutôt été rares. La grande reforme qu’elle nous a promise depuis le Golf Hôtel est toujours attendue. Les «enceinteurs» d’élèves du primaire continuent d’être toujours bien actifs et bien productifs malgré les menaces de la ministre qui, d’ailleurs, semble avoir abandonné le combat contre ce fléau. Le président de la République a promis l’émergence de la Côte d’Ivoire en 2020. Apparemment, pour l’école publique, il faudra un peu plus de temps. Mais Kandia Camara est encore là, donc on peut continuer à espérer…vive notre Kandia nationale. Au fait, que sont devenus les dîners qu’elle organisait en début de mandat de notre Président, avec ses collègues femmes, à son domicile? Ils nous manquent.

Anne Désirée Ouloto: Pourvu qu’elle ne nous ramène plus «Satarem-Greensol»

Décidément la politique est un jeu bien étrange. On grimpe très vite au rideau, on en redescend aussi très vite; mais si on sait s’accrocher, l’heure de gloire ne tarde pas à arriver. C’est bien le cas de Anne Désirée Ouloto. L’affaire «Satarem-Greensol» révélée par «L’Eléphant Déchaîné» avait assombri ses premiers pas dans un ministère, celui de la Salubrité Urbaine, d’où elle avait été bannie pour se retrouver à la Famille, à la Femme et à l’Enfance. Bien contente d’être cependant toujours ministre, elle a su manœuvrer pour revenir à la Salubrité. Et, au moment où on s’y attendait le moins, la revoilà avec d’autres tranches de fromage pour achever sa baguette de pain qui ne fait que se rallonger d’année en année. Ministre de la Salubrité, de l’Environnement et du Développement durable, Porte-parole adjointe du Gouvernement. Rien de moins. Un camion bien chargé pour Anne Ouloto qui, désormais, portera une partie de la voix de notre gouvernement. De quoi ravir tout l’Ouest de la Côte d’Ivoire où elle se trace un chemin entre les hommes à coups de poing. Abidjan a repris avec ses habitudes de saleté mais avec cette nouvelle confiance du chef de l’Etat, on ne doute pas que Anne Ouloto saura bousculer l’insalubrité qui a du souci à se faire. On sera cependant bien attentif à la façon dont elle va réconcilier, dans un contexte où la Côte d’Ivoire fait partie des pays qui ont fanfaronné sur la COP21 et 22, l’environnement avec la centrale à charbon que notre pays veut construire en s’appuyant sur l’expertise d’un certain Adama Bictogo. Tiens…

Jean Claude Brou

Il ne devrait pas se déplacer dans les avions des maîtres du secteur des mines qui avaient eu en quelque sorte une partie de la peau d’Adama Toungara, mais il l’a fait. «L’Eléphant» a bien suivi cela; mais bon, on ne va pas trop lui en tenir rigueur s’il n’a pas les moyens pour faire autrement. Le bilan de notre ministre des Mines et de l’Industrie n’a rien à voir avec la brillance de l’or fondu, mais cela viendra certainement. Il fallait sans doute d’abord sauver la marmite avant de faire ce qui presse, c’est-à-dire les reformes de ces secteurs pour suivre la cadence endiablée de l’émergence qui n’arrête pas de se rapprocher. Il avait déclaré sans rire que l’orpaillage clandestin avait cessé en Côte d’Ivoire. Ceux qui s’adonnaient à cette activité et qui continuent de prospérer se sont tenu les côtes à force de rire. Mais Jean Claude Brou a désormais du temps devant lui pour mener à bien ses reformes dont «L’Eléphant» est informé et qu’il suivra attentivement.

Mamadou Sangafowa

Il lui a bien fallu se rouler par terre comme un sale gosse pour conserver son maroquin de l’Agriculture tant le nouveau Premier ministre, à qui il a fait de l’ombre du côté de Korhogo, voulait le voir disparaître de sa vue pour réapparaître où il voulait; mais pas dans son gouvernement. Il a fallu pas moins d’un car entier de dignitaires religieux et de chefs de famille de Korhogo pour convaincre à Abidjan, Gon Coulibaly, de laisser quelques mois encore à Sangafowa dans le gouvernement. Car en effet, en dehors de grandes phrases sans lendemain, on ne sait pas ce que le ministre de l’Agriculture a apporté au secteur en termes de reformes en profondeurs pour le renouvellement des plantations qui sont vieillissantes, en termes de réorganisation du secteur. Ses parents de Korhogo l’ont sauvé pour cette fois-ci; mais il gagnerait à se tenir à carreau désormais, s’il ne veut pas boire un café d’un très mauvais goût au prochain remaniement. On ne fait pas ça à Gon Coulibaly.

Bandama Maurice

Il a failli être victime du phénomène des électeurs importés du côté de Taabo où il a été réélu de justesse; ce qui, d’une certaine manière, lui a garanti son poste. Car, dans le même temps, le Dr Boni Joseph se faisait étaler du côté de Tiassalé par sa propre cousine Boni Marie Noëlle épouse Ekponon, élue députée de Tiassalé-Morokro, devant un certain Assalé Tiémoko que tout le monde considère désormais comme le nouveau leader de Tiassalé-Morokro en raison de son extraordinaire score sans électeurs importés de Yamoussoukro et Toumodi. Bandama Maurice continue donc son aventure culturelle dans le gouvernement et demeure le leader du Tiassa (Taabo, Sikensi, Tiassalé), la future région réclamée par les populations au Président Ouattara depuis son passage à Tiassalé en 2015. La région de l’Agnéby-Tiassa étant si vaste que l’on a l’impression que le président du Conseil Régional se cache des populations de Taabo, de Sikensi et de Tiassalé où, presque rien n’a été fait en termes d’investissements, faute de moyens. Pour cette reconduction, le ministre de la Culture doit accentuer le combat contre la piraterie et jeter un regard plus dur sur la gestion du Palais de la Culture où il se passe manifestement d’étranges choses en matière de gestion des ressources humaines et des ressources tout court.

François Albert Amichia

Le ministre des Sports et Loisirs, Amichia Albert, reconduit également sans surprise dans le gouvernement, devrait pourvoir mettre beaucoup plus de lumière sur les sports dit mineurs pour les années à venir. La preuve, les médailles obtenues lors  des jeux olympiques de Rio par les disciplines comme le Taekwondo. Et nul ne doute que d’autres disciplines attendent juste un peu d’égard du ministère afin de faire briller les talents qui y sont. Parce que tout ne doit pas se résumer au football dit sport roi. Discret, Amichia est arrivé dans ce ministère après les exploits d’un certain Alain Lobognon. Tiens, c’est encore la CAN.

Bakayoko Ly Ramata  

Ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, elle doit serrer la ceinture. Entre la grève des Enseignants-Chercheurs de l’Université FHB qui réclament le paiement des heures complémentaires et les primes de recherches, des primes pour lesquelles l’Etat joue à cache-cache avec les Enseignants-Chercheurs, et la grève des Etudiants de la Fesci qui réclament au gouvernement de meilleures conditions d’Etude, la ministre semble déjà essoufflée. On ne la donnait pas partant dans le nouveau gouvernement, mais elle y est encore. Si c’est pour redonner aux Ivoiriens à voir le vilain spectacle auquel ils ont assisté au niveau de l’organisation de l’examen du BTS, non, merci…

Koné Mariatou, sans bilan mais bon…

On ne lui connaît aucun bilan dans son poste de ministre de la Cohésion sociale et de l’Indemnisation des Victimes de guerre puisque la cohésion sociale est toujours à terre et que personne n’a encore véritablement été indemnisé. Mais elle atterrit à la place d’Ephrasie Yao, virée pour des raisons inconnues. Maintenant, au ministère de la Femme, de l’Enfance et de la Famille, elle aura, on l’espère, de quoi pouponner pour le bonheur des enfants. Si, au prochain remaniement, il n’y a pas un plus grand nombre de femmes, elle aura échoué pour la deuxième fois. Vu?

Ally Coulibaly, il n’est plus le fantôme du gouvernement

«L’Eléphant», avec l’humour noir qu’on lui connaît, avait baptisé Aly Coulibaly, le «fantôme du gouvernement», une mauvaise plaisanterie que l’ancien excellent journaliste n’a pas beaucoup aimée. Il est là pour intégrer; et l’intégration est un travail au quotidien. Même si les Africains, manifestement, préfèrent aller s’intégrer du côté de l’Europe en traversant la mer à la nage. Aly Coulibaly est un proche de notre Président et il ne gène personne au point où l’on voudrait le chasser du gouvernement. Son ministère est paisible, lui-même est un pacifique, tout va bien.

L’ELEPHANT DECHAINE

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