05272017Headline:

4 jours après l’arrestation de cadres pro-Sangaré -Amnesty I. fait de graves révélations: Voici ce qui s’est réellement passé

amesty inter

Amnesty International fait de graves révélations: «La petite fille d’Hubert Oulaye battue et menottée »

Koua Justin transféré dans un centre médical

Une enquête indépendante et impartiale réclamée

Alioune Tine et ses pairs du bureau régional d’Amnesty International ont dépeint « des conditions d’arrestation et de détention préoccupantes » de trois cadres du Fpi pro-Sangaré

Le développement de l’actualité politique ivoirienne avec l’arrestation de trois cadres du Front populaire ivoirien (Fpi) pro-Sangaré, inquiète Amnesty international. L’organisation internationale de défense des droits de l’Homme tire même la sonnette d’alarme.

Dans une déclaration de presse dont nous avons obtenue copie le jeudi 7 mai 2015, Amnesty estime que l’arrestation «d’opposants à l’approche de la présidentielle envoie un signal préoccupant ». De l’avis des signataires de la déclaration produite au terme d’une réunion du bureau régional tenue à Dakar (Sénégal), ce fait «à cinq mois de l’élection présidentielle, porte toutes les apparences d’une pression sur l’opposition politique».

Situant le contexte, l’on relève dans la déclaration que Sébastien Dano Djedjé, Justin Koua et Hubert Oulaye, des cadres du FPI de la tendance non reconnue par le pouvoir ivoirien, ont été arrêtés le lundi 4 mai par la police et placés en détention provisoire le lendemain. Et ce, moins d’une semaine après l’organisation à Mama, d’une cérémonie d’investiture de Laurent Gbagbo, précédée par des échauffourées entre certains membres du Fpi et les forces de l’ordre. Mais, Amnesty rappelle qu’une aile du parti avait déjà investi Pascal Affi Nguessan, un autre cadre de la même formation politique.

Au titre des chefs d’accusation contre les personnes interpellées, le document rédigé dans la capitale sénégalaise instruit que «Sébastien Dano Djedjé et Justin Koua sont ainsi inculpés pour violation d’une décision de justice, violence et voies de faits sur les forces de l’ordre, rébellion et atteinte à l’ordre public». Quant à Hubert Oulaye, il lui est reproché les mêmes faits auxquels s’ajoute l’assassinat de militaires de l’Opération des Nations Unies en Côte d’Ivoire (Onuci) dans l’ouest du pays en 2012. «La proximité des élections présidentielles ne devrait pas justifier une quelconque pression sur des opposants politiques. Il faut l’ouverture d’une enquête indépendante et impartiale pour faire la lumière sur les motifs et circonstances de leur arrestation, et déterminer les responsabilités sur de possibles violations des droits humains, y compris celles qui auraient été commises par les forces de l’ordre sur des membres de leurs familles», a revendiqué, dans la note, Alioune Tine, Directeur du bureau régional d’Amnesty International pour l’Afrique occidentale et centrale.

Des conditions d’arrestation et de détention dénoncées

Concernant les conditions d’arrestation, le bureau régional du mouvement international des droits de l’homme basé à Londres (Grande-Bretagne) fait savoir que Dano Djedjé et Hubert Oulaye ont été arrêtés à Abidjan à leur domicile, tandis que Justin Koua l’a été sur son lieu de travail à Boudoukro. Puis, l’organisation dépeint des violations graves et inacceptables des droits humains en la matière. «Selon les informations recueillies par Amnesty International, une trentaine de membres des forces de l’ordre auraient fait irruption tôt le matin du lundi 4 mai au domicile d’Hubert Oulaye pour en défoncer la porte. Elles auraient tiré sa petite fille de 15 ans, souffrant de paludisme, hors de son lit, lui auraient mis des menottes aux mains et l’auraient battue pour qu’elle indique où se trouvait son grand-père. Elle est actuellement en traitement à l’hôpital pour ses blessures», s’indigne Amnesty.

Sur le point des conditions de détention, les activistes réunis à Dakar restent également amers et même agacés. «Les trois opposants sont dans des lieux de détention différents. Selon les informations recueillies par Amnesty International, Hubert Oulaye est en détention préventive à la prison de Dabou située à 15 kilomètres d’Abidjan. Il est dans une cellule non ventilée alors qu’il souffre de diabète et de tension artérielle. Il n’a pas reçu les médicaments pour ses soins depuis son arrestation. Sébastien Dano Djedjé et Justin Koua sont détenus séparément dans des villes du centre du pays. Justin Koua a d’ailleurs été transféré dans un centre médical pour traitement pour des blessures non spécifiées. Leurs conditions de détention doivent respecter les normes internationales et ils doivent bénéficier d’un procès équitable», réclament-ils.

TRAORE Tié

L’INTER

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