07222017Headline:

Abel Naki/ procès du 28 « Gbagbo fera éclater la vérité aux yeux du monde entier »

abel naki

Abel Naki, président-fondateur du CRI-Panafricain, porte-parole et 3ème Vice-président de la CNC en charge de la communication, du marketing politique, du numérique. Auteur de « Côte d’Ivoire notre CRI ! Chroniques d’une Résistance au Cœur de l’Occident », ici à cœur ouvert se prononce sur les questions ambiantes notamment le procès de l’ex-président Laurent Gbagbo, la crise au Fpi, le rififi à la CNC et la gouvernance Ouattara avec en point d’honneur, le gouvernement Duncan III. Lisez plutôt !

Politikmag- Bientôt s’ouvrira à la Haye où il est présentement détenu, le procès de l’ex-président Laurent Gbagbo. Vous qui l’avez longtemps côtoyé, à l’approche de ce procès dans quel état d’esprit peut-il se trouver ?

Abel Naki : Je voudrais avant tout faire une précision de taille à l’opinion publique nationale et internationale. Laurent Gbagbo depuis sa déportation à la Haye s’est fait un moral de fer. Il est fort et a le moral très haut pour faire face aux juges afin de faire éclater la vérité aux yeux du monde entier. Toutes ces années passées, il s’est habilement préparé pour ce procès du siècle pour tous les Africains. Son discours n’a pas changé d’une virgule. Son état de santé au top. Laurent Gbagbo est resté égal à lui-même, il est toujours notre champion. On pouvait le contacter lors de l’audience de conférence de mise en état le jeudi 14 janvier dernier. Laurent Gbagbo respire la pleine forme.

P’MAG- Vous qui avez organisé l’essentiel des marches pour le soutenir que prévoyez-vous en vue de son procès ?

A.N. : Il faut savoir que je ne suis plus le seul à mobiliser les camarades dans ce combat. Souvenez-vous que nous avons commencé en 2011. Voyez combien d’années sont passées depuis tout ce temps. Nous avons organisé des marches partout en Europe et aux Etats-Unis. Nous avions des objectifs, que l’opinion internationale sache réellement qui était ce démocrate africain que les médias occidentaux présentaient comme un despote. Alors nous sommes allés plusieurs fois à la Haye par milliers et aujourd’hui nos actions ont portées des fruits. Combien de temps la CPI a-t-elle mis pour enfin oser débuter ce procès. Le procès que je qualifie de procès de la honte. Aujourd’hui certains frères nous ont rejoints dans la lutte. Alors vous trouverez plusieurs organisations faire des convois en destination de La Haye pour soutenir le président Gbagbo. Nous y serons encore en grand nombre le 28 janvier et après nous verront bien pour la suite. La mobilisation sera au rendez-vous comme cela a été le 10 décembre 2011 lors de notre premier grand rassemblement devant la CPI (la Cour Pénale Internationale). Les Ivoiriens viendront donc de toute l’Europe pour soutenir le père de la démocratie en Côte d’Ivoire. Depuis la salle d’audience, le président Gbagbo doit sentir la chaleur de la présence des Ivoiriens à ses côtés. C’est le lieu pour moi de remercier tous ceux qui mettent tout en œuvre pour faciliter ce voyage historique de 28 janvier 2016.

P’MAG- Sincèrement au vu des charges qui pèsent contre lui croyez-vous que votre leader a des chances d’être relaxé ?

A.N. : Qu’il soit relaxé ne serait pas une question de chance ! Ce serait la restauration de la simple et pure vérité ! Ne parlez pas en termes de chance mais plutôt en termes de norme juridique. Et ce qui serait évident, c’est que le président Gbagbo soit au plus vite relaxé car les accusations dont il fait l’objet ne sont que pures affirmations gratuites. Je serai très curieux de voir la procureure nous prouver tout ce dont elle accuse le président Laurent Gbagbo. Mais une chose est d’accuser et une autre est d’apporter les éléments de preuves nécessaires pour étayer ces accusations. Laurent Gbagbo est innocent et nous le savons tous.

‘’Ceux qui devaient se retrouver à La Haye sont libres et nous les connaissons tous. Certains font aujourd’hui l’objet de mandat d’amener et de mandat d’arrêt. D’autre octroient la nationalité à des personnes frappées eux-aussi par un mandat d’arrêt. Si le droit est dit le 28 janvier à La Haye, nous pouvons donc déjà nous réjouir de la mise en liberté du président Laurent Gbagbo et ce sera le début d’une nouvelle ère politique dans notre pays…

P’MAG- La procureure de la Cour Pénale Internationale (CPI), Mme Bensouda affirme détenir des preuves irréfutables de son implication dans la crise postélectorale qu’a connue le pays. Quel commentaire cela vous inspire ?

A.N. : Elle est bien dans son rôle cette dame ! Que voulez-vous qu’elle dise à ce niveau de la procédure si ce n’est qu’elle ait des preuves ? Tout le monde entier attend ce procès et surtout les preuves qu’elle possède contre le président Laurent Gbagbo ! Elle en est consciente. Alors elle est dans son rôle de procureure. Nous nous défendrons et nous l’emporterons haut les mains car nous connaissons les méthodes de ces mafieux de la justice internationale. Nous connaissons leurs combines, leurs agissements dans l’ombre ! Nous connaissons les sources de leurs soit disant preuves ! Nous savons d’où viennent leurs faux témoins etc… Beaucoup de choses se passeront à La Haye. Mais la vérité l’emportera sur le mensonge cher ami. Laurent Gbagbo est innocent. Il est alors aisé de le défendre.

P’MAG- Ne pensez-vous pas que politiquement la friction entre le camp des « Gbagbo et Nous » dirigé par Affi N’guessan et celui des « Gbagbo ou Rien » présidé par Aboudramane Sangaré, érode et affaiblit la popularité du Front Populaire Ivoirien auprès des populations et rend difficile un éventuel retour au pouvoir d’Etat de ce parti ?

A.N. : D’abord, je ne suis pas membre de ce parti. Mais l’expérience nous démontre que jamais la division n’a portée de fruits satisfaisants. Aucune lutte dont les frères de combat sont en proie à la division ne peut prospérer. Nous avons longtemps interpellé les deux tendances FPI à faire preuve de plus de grandeur en s’élevant au-dessus de leurs différends personnels. Je ne pense pas que la crise au FPI soit une crise de tendance idéologique ou stratégique. C’est encore plus. Malheureusement la crise a connu son point d’achèvement au grand bénéfice du camp Ouattara qui s’en délecte. Nous avons perdu assez et nous en perdrons davantage tant que nous ne réussissons pas le défi de l’union de tous autour d’un même objectif.

P’MAG- Les élections présidentielles qui se sont déroulées sans heurts avec un taux de participation acceptable s’accordant aux dires de la Commission électorale indépendante (CEI) reflètent-elles véritablement le paysage politique ?

A.N. : Non, il ne faut pas se tromper. Les Ivoiriens avaient peur des élections. Ils ne se sont pas sentis concernés par ces élections qui viennent de passer. La psychose régnait au sein de cette population. Vous avez bien pu voir certaines personnes faire des provisions à l’orée de ces échéances, comme si la météo avait annoncé un tsunami sur la Côte d’Ivoire ! Or il ne s’agissait que d’élections et pourtant les Ivoiriens sont restés terrés chez eux par la peur parce que terrifier des méthodes et des règles même de l’organisation de ces échéances. Le mot d’ordre de boycott de ces élections lancé par la CNC était aussi au rendez-vous et a été suivi par la population qui est tout simplement restée chez elle. Lorsqu’on revient d’une crise comme celle de 2010 et qu’en 2015 on reçoit des menaces tout azimut à propos de ces échéances de 2015, que voulez-vous que les Ivoiriens fassent ? La terreur était à son comble. Alors ceux qui le voulaient y sont allés juste pour accompagner M. Ouattara vers son deuxième mandat. Sinon, rien de démocratique ne s’est passé si ce n’est la manipulation des Ivoiriens en vue de garder le pouvoir. Le réel taux de participation en illustre les faits.

P’MAG- D’hier à aujourd’hui, des changements notables ont été opérés pour le bonheur des populations ivoiriennes à qui le président de la République a promis l’émergence de notre pays à l’orée 2020 et qui est « en bonne voie » selon les bailleurs de fonds et décideurs internationaux. Partagez-vous cet avis ?

A.N.: Je vous remercie d’avoir mis le groupe de mot « en bonne voie » entre guillemet. Monsieur Ouattara seul, a la magie des chiffres. Lui seul a le don des statistiques fabuleuses. Sinon, en 5 ans de gouvernance nous constatons ensemble que le sachet de la ménagère est plus que vide, que les Ivoiriens se font arrêter arbitrairement sans raisons valables, les droits de l’homme ignorés, le chômage des jeunes ne cesse de grimper, le système éducatif à genoux, le prix de l’hévéa et de bien d’autres cultures d’exportations sont plus qu’à la baisse. Quel bilan voulez-vous que l’on puisse dresser si ce n’est un bilan négatif en souffrance d’une haine libéral d’un système de gouvernance basé sur une discrimination trop ethnique devenu aujourd’hui régional ? Monsieur Ouattara doit être le président de tous les Ivoiriens et non d’une minorité. Les Ivoiriens sont malheureux. L’émergence d’un pays ne concerne pas une ethnie, ni une communauté, encore moins un parti politique.

‘’L’émergence dont parle M. Ouattara en longueur de discours doit être l’affaire de tous les Ivoiriens. Il faut qu’il se souvienne que la Côte d’Ivoire part du Nord au Sud, de l’Est à l’Ouest et elle passe par le centre… Aucune réelle émergence ne se fera à l’orée 2020 sans une véritable réconciliation qui passe nécessairement par la libération de tous les prisonniers politique et le retour sécurisé de tous les exilés et réfugiés.

P’MAG- Le retour des exilés et la libération des prisonniers politiques sont les deux seules préoccupations majeures de l’opposition à satisfaire pour aller à la paix et obtenir une réconciliation vraie. Y en a-t-il d’autres ?

A.N. : Nous réclamons un Etat de droit. Toutes ces raisons avancées sont les réalités qui conditionnent l’Etat de droit où tous les citoyens ont les mêmes chances. Ne voyez pas ces revendications comme l’affaire d’une certaine frange de la population, mais elles profiteraient aussi bien aux pros Ouattara qu’aux pros Gbagbo. La paix et la réconciliation sont notre quête. Alors il faut tout mettre en œuvre pour réaliser toutes les revendications de l’opposition. Il faut s’écouter, dialoguer et tenir les promesses faites. Il ne suffit pas de venir égrainer un chapelet d’exigence. Le gouvernement sait l’essentiel, le plus simple possible pour aboutir à la paix totale. Ces deux préoccupations majeurs que vous venez d’énumérer, si elles sont satisfaites, constitueront le départ d’une vraie réconciliation.

P’MAG- Pour les prochaines élections locales seriez-vous candidat pour votre parti ?

A.N. : La décision viendra de mon parti. Pour le moment cette question n’est pas à l’ordre du jour. La question essentielle d’aujourd’hui c’est le procès du président Laurent Gbagbo qui s’ouvre le 28 janvier prochain.

P’MAG- La politique de l’emploi pour la jeunesse tel que pratiquée a-t-elle votre assentiment ?

A.N.: Non ! Il n’y a pas réellement en Côte d’Ivoire une politique d’emploi de la jeunesse efficiente. ‘’La corruption est le maitre mot dans le domaine de la quête de l’emploi chez les jeunes. L’on recrute par connaissance, par affinité… Les valeurs ont perdu leur place sur le marché de l’emploi. C’est dommage. L’instabilité politique que connait la Côte d’Ivoire depuis la fin des années 1990, et qui a atteint son paroxysme avec la crise postélectorale de 2010, continue de laisser des séquelles, au nombre desquelles le chômage des jeunes. Celui-ci a atteint des proportions déconcertantes dans un contexte de pauvreté généralisée. Les licenciements massifs, les délocalisations et fermeture d’entreprises, les pillages et destructions des moyens de production de milliers de petits opérateurs économiques, conduisent à faire le constat de la perte de nombreux emplois, dont plus de 120 000 directement liés à la crise postélectorale selon la Chambre de Commerce et d’Industrie de Côte d’Ivoire. A ce titre, l’Agence d’Etudes et de Promotion de l’Emploi (AGEPE) révèle aussi que les jeunes de moins de 35 ans, qui constituent plus de 64% de la population, sont frappés d’un taux de chômage estimé à environ 25 %. C’est-à-dire le ¼ des forces vives du pays, ce qui est très grave. Les causes de ce chômage sont connues, ce sont entre autres la détérioration du climat sociopolitique, l’accroissement démographique, l’incapacité du marché de l’emploi à absorber les vagues successives de diplômés qui sortent chaque année du système éducatif, l’inadéquation de la formation aux nouvelles exigences du marché de l’emploi et le manque de réelle volonté politique à sortir nos jeunes du chômage chronique.

P’MAG- Quel est votre opinion du gouvernement Duncan III ?

A.N. : Je n’ai pas de commentaire particulier sur ce gouvernement car il n’y a pas de véritable différence entre celui-ci et le précédent. ‘’On reprend les même, on les déplace pour tromper la vigilance du peuple. On y fait rentrer certains copains qu’on avait laissés de cote et comme si cela ne suffisait pas, et dans le souci de satisfaire tous les copains, on double ou même triple les ministres sur le même portefeuille… Voilà l’opinion que j’ai de ce gouvernement Duncan III. Maintenant ce que je leur demande, c’est qu’ils entreprennent les démarches nécessaires en vue de réconcilier les Ivoiriens. C’est tout ce que le peuple de Côte d’Ivoire peut attendre de lui.

P’MAG- Il semblerait que Koulibaly, KBB, Banny et Béchio aient été virés de la CNC confirmez-vous cela ?

A.N. : Je ne dirai pas comme vous qu’ils aient été virés. Je dirai tout simplement qu’ils ont su partir d’eux-mêmes comme toujours. La CNC a échoué en partie par l’égoïsme, la méchanceté, le nombrilisme et la trahison exprimée de ces personnalités dont vous faites allusion. Nos devanciers n’ont pas été capables de mener la barque CNC à la victoire. Pourtant tout le monde prétendait mener cette lutte pour la libération de Laurent Gbagbo. La preuve, certains d’entre eux ont fait des défilés politiques à la Haye. En réalité ils étaient là pour du mannequinat politique, certains étaient en mission pour le compte de monsieur Ouattara, d’autres encore avaient l’envie et la volonté de prendre le pouvoir avec l’aide de tous mais dans un jeu trouble. ‘’Ils se sont tous noyés avec leurs ambitions. Je ne parlerai pas d’autres griots en manques de popularité. Il y avait des deals, des marchés etc… Finalement nous nous sommes rendu compte que nous étions certes nombreux mais nos devanciers à qui nous avions confié le gouvernail par respect, admiration et confiance n’ont pas été à la hauteur de la tâche à eux confiée. La logique aurait voulu que ces derniers expliquent au moins les raisons de leur échec au peuple de Côte d’Ivoire. Car ce peuple avait fondé en la CNC et en eux un espoir, mais comme par le passé, ils n’ont jamais été capables d’assumer leurs erreurs. Ils se sont tout simplement évanouis dans la nature. Sinon, personne n’a été viré de la CNC. Aujourd’hui, la Coalition Nationale pour le Changement a un nouveau président en la personne de M. Jean Enoc Bah. Nous avons pris notre courage à deux mains et nous avons fait le bilan et dégagé les perspectives de la CNC. Nous avons aussi demandé pardon au peuple de Côte d’Ivoire, chose que ces anciens refusent de faire. Mais ne vous inquiétez pas, ils réapparaitront de nouveau le moment venu. Pour l’instant, nous sommes dans la maison et nous la gardon. Nous sommes conscients que notre génération a encore un rôle primordial à jouer dans l’opposition ivoirienne et dans la lutte que nous menons.

P’MAG- Quels sont vos vœux pour l’année 2016 ?

A.N. : Pour cette nouvelle année 2016, mes vœux vont d’abord à la première dame Mme Simone Gbagbo afin que Dieu lui donne la santé et le courage et que cette année soit l’année de sa libération. Mes vœux vont aussi à l’endroit de tous les Ivoiriens, que 2016 soit une année de paix et de réconciliation entre tous les Ivoiriens. Que Dieu bénisse la Côte d’Ivoire.
par Ibrahim Doumbia

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