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Abidjan décès de Sangaré: Tout s’est passé si rapidement que les témoins expliquent difficilement la disparition du septuagénaire, « fidèle compagnon de Gbagbo » Tout sur ces funérailles.

La tragique nouvelle est tombée comme un couperet, le samedi 3 novembre 2018. Contre toute attente, le 1er Vice-président du « Parti de Gbagbo », affectueusement appelé « Le gardien du temple » par les militants, a passé l’arme à gauche.

Tout s’est passé si rapidement que les témoins expliquent difficilement la disparition du septuagénaire, « fidèle compagnon de Laurent Gbagbo ». Abou Drahamane Sangaré, selon nos sources, souffrait d’un cancer de la prostate. L’homme, 72 ans, s’était déjà fait opérer, il y a deux ans. Il suivait donc un traitement jusqu’à ce qu’il rechute. Ainsi, pris d’un violent malaise, le vendredi 2 novembre 2018, à sa résidence où il se reposait, il a été conduit d’urgence dans une polyclinique à Marcory. A en croire d’autres sources, l’homme politique, opposant farouche d’Alassane Ouattara, avait été hospitalisé dans une autre polyclinique pendant deux semaines.

Et c’est dans ses derniers instants, qu’il a été conduit à cette polyclinique à Marcory où il est décédé. D’autres encore soutiennent qu’il a sombré dans un coma, avant de partir. D’ailleurs, cette polyclinique, précise-t-on, aurait refusé de recevoir le malade dans un premier temps, à cause de son état de santé sévèrement dégradé. Finalement, c’est sous la pression, que cet hôpital privé, d’un niveau important, aurait accepté d’interner le grabataire. Abou Drahamane Sangaré n’a donc pas survécu à cette dernière bourrasque qui l’a terrassé.

À la polyclinique à Marcory, ont accouru Simone Éhivet Gbagbo, la 2e Vice-présidente du camp Sangaré (ou le parti de Gbagbo), Ettien Amoikon, Koua Justin, Dahi Nestor, Georges Armand Ouégnin, le président de la plateforme Ensemble pour la démocratie et la souveraineté (Eds), et d’autres militants de la gauche ivoirienne. Après le constat du décès, tous ont accompagné la dépouille à l’Ivoirienne de sépulture (Ivosep) à Treichville.

À la résidence de Sangaré

Après Marcory, nous nous sommes rendu à la résidence du président par intérim du « parti de Gbagbo », à Cocody-Riviera 3, non loin du commissariat du 18e arrondissement de police. Ici, l’ambiance est pesante. Cette résidence aux murs colorés, n’offre plus son visage gai des jours ordinaires.

Les visiteurs, les membres de la famille biologique et politique de l’illustre disparu, se confondent. Certains discutent devant la résidence, quand d’autres préfèrent s’installer dans la cour, à la véranda.

Des militants, encore sous le choc, se racontent le drame. À les entendre, le leader charismatique de la frange du Front populaire ivoirien (Fpi) opposé à Pascal Affi N’Guessan, avait subi une opération chirurgicale qui s’était bien déroulée. Mais en début de journée, ce samedi, M. Sangaré a rendu l’âme.

Certains militants, en détresse, n’écartent pas la thèse d’un assassinat… L’émotion est à son comble. Son petit frère, Issiaka Sangaré, également haut cadre du Fpi pro-Affi, les bras croisés, semble perdu. Il ne comprend pas ce qu’il se passe. Des femmes, assises à l’ombre dans un coin de la cour, pleurent. Des cris stridents déchirent le calme plat qui règne dans cette cité résidentielle. « Sangaré, « igarignon oh i garignon! Kiva! » », s’est écriée une militante, originaire du pays Gouro, qui entre dans la résidence.

Il faut noter qu’au même moment, une délégation du Fpi participait à Bouaflé, aux obsèques de Firmin Kouakou, un dignitaire du parti, décédé il y a quelques semaines. Une autre militante, arrivée quelques instants avant, se traine par terre, criant et pleurant.

« Sangaré n’est pas mort, celui qu’il a tué là, c’est Gbagbo », commente une autre dame, les yeux rougis par la douleur. « Abou « ifo! » Abou a fait ci, Abou a fait ça ! C’est fini! Prenez votre Côte d’Ivoire pour la mettre sur votre dos si vous voulez. « A bana! » », pleure une dame d’un âge avancé, visiblement une parente du défunt.

La présence de policiers du 18e arrondissement sur les lieux, n’est pas du goût des militants et des membres de la famille biologique de Sangaré. Dans un langage dur, une lieutenant et ses hommes sont sommés de quitter les lieux. « Quand il était vivant, on ne vous voyait pas ici pour le surveiller. Ce n’est pas maintenant qu’il est mort que vous allez venir ici. Si vous voulez entrer, retirer votre tenue de police d’abord », exigent des militants en colère. Même des journalistes n’étaient pas les bienvenus. En tout cas, ceux qui ne sont pas proches du Fpi.

« Gbagbo doit tenir. Il a dit : « si Sangaré tient, je tiens ». Sangaré est parti, c’est dur mais il faut qu’il tienne », déclare une dame bien connue des militants, pour avoir été en prison.

À la résidence des Gbagbo, à la Riviera golf, quand nous nous y rendons vers 14 h, l’ambiance n’est pas très différente. Seulement que dans la foulée, une réunion extraordinaire du Secrétariat général du camp Sangaré est convoquée de toute urgence. Avant le début de la réunion, tous les Vice-présidents présents sont priés de retrouver Simone Gbagbo, 2e Vice-présidente de ce parti, à l’intérieur de la maison. L’atmosphère est lourde, des militants devisent par petits groupes. Les Vice-présidents ressortent une dizaine de minutes plus tard. Suivie par Simone Gbagbo.

Hervé KPODION

linfodrome.com

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