10222018Headline:

Abidjan: Henri Konan Bédié face à une fronde au PDCI ?

Henri Konan Bédié est-il encore le leader incontesté du PDCI-RDA ? La réponse à cette interrogation est d’autant plus mitigée que la fronde se fait de plus en plus persistante au sein du vieux parti.

Le Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI) est véritablement à la croisée des chemins. L’adhésion au Parti unifié a fait se casser le parti dirigé par Henri Konan Bédié entre pro et anti-RHDP. Le ministre Kobenan Kouassi Adjoumani, le chef de file des frondeurs a d’ailleurs créé “Sur les traces d’Houphouët-Boigny”, un courant au sein du parti septuagénaire favorable à la nouvelle entité politique dirigée par le Président Alassane Ouattara.

Cependant, le président du PDCI-RDA a fait de la candidature d’un militant actif de son parti, la condition sine qua non de son maintien dans la majorité présidentielle. Il vient d’ailleurs de se retirer de tout processus de mise en place du Parti unifié.

Au-delà de son divorce d’avec Alassane Ouattara, c’est surtout au sein de sa formation politique que le “Sphinx de Daoukro” est mis à mal par plusieurs barons du parti.

L’ancien Premier ministre de Bédié et de Ouattara, Daniel Kablan Duncan, du reste vice-président du PDCI chargé des vice-présidents, vient de tourner dos à HKB en déclarant qu’il est “RHDP des pieds à la tête”.

Wenceslas Lenissongui, naguère directeur de cabinet de Bédié, vient d’afficher sa préférence pour la majorité présidentielle en apportant son soutien à un ministre candidat du RHDP unifié. Plusieurs autres personnalités du PDCI ont foulé au pied l’autorité de Bédié en avouant leur préférence pour le camp présidentiel.

Qui l’eût cru. En dépit des sanctions qui pleuvent ces derniers temps sur les frondeurs du parti créé par Felix Houphouët-Boigny, les actes de défiance ne cessent de se multiplier.

C’est dans cette période de grande incertitude pour le natif de Pépressou, que la Reine des Baoulé, Nanan Akoua Boni II a rendu une visite de courtoisie, ce 4 octobre, en compagnie de tous les chefs de canton, au Président de la République. Cette visite qui est loin d’être fortuite, vient ainsi assommer le fils aîné du royaume baoulé.

Bédié a-t-il donc perdu sa couronne et son influence sur la population du centre ivoirien ? Une analyse pointilleuse de l’actualité politique ivoirienne laisse présager d’un tel cas de figure. Cependant, évitons de tirer des conclusions hâtives, car la déclaration d’un chef baoulé présent à la cérémonie organisée à Bouaké pour célébrer l’ancien député Louis Habonouan dit Empirus est symptomatique de l’attachement du peuple baoulé à l’hériter d’Houphouët-Boigny.

« Moi je vous le dis et notez-le bien, nous le peuple Baoulé n’allons jamais, et au grand jamais trahir notre frère Bédié qui au-delà d’être à la tête du PDCI RDA, est d’abord et avant tout, un Baoulé, et ça, c’est sacré chez nous. Bédié c’est notre fétiche. Il a convoqué une réunion avec nous ses parents Baoulés, chez lui à Daoukro, à son domicile. On voulait qu’il nous parle en Dioula ou Bété, ou encore Koulango ? Mais soyons sérieux. Et retenez bien, là encore, il ne s’agissait pas de question politique », a-t-il déclaré.

 

afrique-sur7.fr

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