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Abidjan: Le FPI passe au peigne fin les régionales et les municipales.

Le FPI, tendance Aboudramane Sangaré, a certes appelé au boycott des élections municipales et régionales du 13 octobre 2018. N’empêche que cette opposition radicale au régime Ouattara a tenu à dresser le bilan de ce scrutin couplé.

L’absence de ses candidats aux élections locales du week-end dernier n’a pas empêché le Front populaire ivoirien (FPI) de sillonner différentes circonscriptions électorales pour se rendre compte du déroulement de ces élections, qui sont en fait, les dernières avant l’élection présidentielle de 2020. Aussi, Aboudramane Sangaré et ses camarades de parti ont tout d’abord relevé le désert électoral (10% de taux de participation) constaté le jour du scrutin. Ils ont par ailleurs évoqué les irrégularités qui ont entaché ce scrutin, sans oublier les violences qui ont émaillé ces élections dans certaines localités du pays.

Ville par ville, la direction du FPI a donc tenu à dresser un bilan, aussi bien matériel qu’humain, de ces élections afin d’en tirer toutes les conséquences quant à son appel à la réforme de la Commission électorale indépendante (CEI) pour des élections apaisées et crédibles dans une Côte d’Ivoire en quête de stabilité politique.

Déclaration du FPI à propos des élections régionales et municipales
Pour le suivi des élections municipales et régionales du 13 octobre 2018, la Direction du Front populaire ivoirien a mis en place une commission qui a commencé son travail à partir de 10h, le jour du scrutin. Les Secrétaires nationaux de Région et les Secrétaires généraux de Fédération mis à la tâche, ont fait parvenir, heure par heure, le point de la situation du terrain jusqu’à la fermeture des bureaux. Il ressort de la compilation générale que le taux de participation auxdites élections régionales et municipales oscille autour de 10%.

Par ailleurs, ces élections, comme les précédentes organisées sans le FPI, sont émaillées d’irrégularités susceptibles d’entacher la sincérité du scrutin (I) et d’incidents graves entre les partenaires d’hier (II). À titre d’illustrations :

I- Concernant les irrégularités

– Absence de sticker sur les bulletins de vote : Sur cette question, le président de la CEI, M. Youssouf Bakayoko, a produit un communiqué le jour même du scrutin apprenant aux électeurs et aux candidats que la simple signature d’un quidam au dos du bulletin valide son authenticité, ce qui n’est pas prévu par le code électoral ;

– Absence d’encre indélébile : Dans maints bureaux sur toute l’étendue du territoire national, les électeurs ont vu leurs doigts noircis au Bic-feutre en lieu et place de l’encre ;

– Tablettes électroniques défaillantes : Dans les bureaux de vote, les tablettes électroniques sensées enregistrer les empreintes des électeurs n’étaient pas fonctionnelles ;

– Des électeurs refoulés : Certains électeurs munis d’attestation d’identité ont été refoulés à la première moitié de la journée, avant que la CEI ne donne un ordre non écrit à ses agents d’autoriser les porteurs de ces attestations et des permis de conduire à voter. Il était 14h et les premiers rares électeurs refoulés étaient déjà rentrés chez eux ;

– Transhumance des électeurs : Dans plusieurs lieux de vote sur le territoire national, des électeurs ont été convoyés par véhicules entiers pour voter dans des villes, villages ou quartiers où ils ne résident pas. Cela a donné souvent lieu à des échauffourées dans certaines localités.

II- Concernant les incidents graves

Ces élections ont été presque partout marquées par des cas de violences extrêmes ayant entrainé mort d’homme, destructions de biens publics et privés (avant et pendant le scrutin) et de matériel électoral (pendant le scrutin). Ces faits ont été reconnus par la CEI et les différents protagonistes. En guise d’illustrations :

• Avant le vote

– À BEDIALA (département de Daloa, Centre-ouest) : Deux électeurs ont trouvé la mort en pleine campagne électorale, le premier sur place et le second à l’hôpital, après leurs agressions par des électeurs du camp adverse. De plus, l’on y a enregistré des habitations incendiées ;

– À GUIGLO (Ouest du pays) : Un partisan a été tué à l’arme blanche, le QG de son candidat vandalisé ;

– À KOUMASSI, commune au Sud d’Abidjan, le QG d’un candidat du PDCI a été attaqué et saccagé.

• Pendant le vote

– À LAKOTA : Les affrontements ont occasionné la mort d’Oumar Djiguiba, partisan d’un candidat, et les informations font état d’un bilan humain plus lourd. Par ailleurs, l’on y a enregistré la destruction de biens privés et du matériel électoral, nonobstant la présence massive des Forces de l’ordre dépassées par les évènements. L’annonce officielle des résultats reste porteuse de risques encore plus graves dans la ville.

– À FRESCO : L’on a noté l’immixtion des Forces de l’ordre dans le processus électoral ;

– À GUIGLO : Les Forces de l’ordre ont eu le même comportement observé à Fresco ;

– À DIVO : Un agent de la CEI s’opposant à l’enlèvement des urnes par un commando a été poignardé. Il serait dans un état critique ;

– À YOPOUGON : Le candidat PDCI Coulibaly ZIE DAOUDA a découvert des urnes bourrées avant l’ouverture du scrutin ;

– A ABOBO (Nord d’Abidjan) : Des affrontements à l’arme blanche ont été signalés au carrefour Samaké, dans l’attente des résultats officiels. La tension restait vive dans toute la commune, 24h après le scrutin dont le résultat tardait encore ;

– Au PLATEAU : Les agents de la CEI ont tenté d’opérer des inscriptions sur le listing électoral pendant le scrutin. L’attente des résultats était émaillée par une tension vive entre camps rivaux. L’on a même signalé des jets de gaz lacrymogènes 24h après le scrutin et le déploiement d’une forte présence des Forces de l’ordre.
– À KOUMASSI et PORT-BOUËT: Atmosphère surchauffée. L’on craignait des affrontements à l’annonce des résultats puisque les électeurs qui étaient présents dans les bureaux de vote étaient pour la plupart convoyés d’autres localités.
– À GONZAGUEVILLE : Les électeurs n’ont pas pu voter. Ils ont trouvé les bureaux de vote fermés, faute d’agents de la CEI.
– DANS LE SUD COMOE (GRAND BASSAM, BONOUA, ABOISSO, AYAME et ASSINIE) : L’on a noté une atmosphère surchauffée du fait de la transhumance, de la fraude et du manque de sticker sur les bulletins. À Bonoua, l’on a constaté la destruction du matériel électoral. L’annonce des résultats faisait peser des risques de débordement dans ces localités ;
– A MEAGUY (Région de la NAWA, dans le Sud-ouest) : l’on a constaté une forte participation d’étrangers au vote.
– À SAN-PEDRO : En dehors du quartier Terre Rouge, le scrutin a été marqué par un désert électoral. Par ailleurs, le préfet de région, l’ancien chef rebelle Ben Laden, est descendu sur le terrain, muni de pistolet, pour recueillir les résultats dans les bureaux de vote.
À GRABO et à TABOU, le scrutin a été également marqué par le désert électoral ;

– À ISSIA : Le scrutin a été marqué par le convoyage des électeurs recrutés à Odienné. L’on craignait des affrontements, dans l’attente des résultats officiels, 24 heures après le scrutin. L’on a signalé l’arrestation de fraudeurs ;

– À ZOUKOUGBEU : La proclamation du résultat avec l’intrusion du préfet dans le processus électoral a mis le feu aux poudres. Les partisans des deux camps en compétition s’affrontaient hier dans la rue.

– A VAVOUA : Koné Zakaria, officier supérieur en fonction dans l’armée, ancien Com’Zone (chef rebelle) de Vavoua, a exercé une forte intimidation sur le candidat Kalou Bonaventure pour l’obliger à se retirer de la course. Cette manœuvre du chef rebelle a été payante à Séguélon (Odienné, Nord-ouest) où l’adversaire de sa femme a été contraint de se retirer, a-t-il dit sur les réseaux sociaux, « pour protéger la vie de ma famille » ;

– AU GRAND NORD : Beaucoup de candidats ont été intimidés et menacés de retirer leurs candidatures si bien qu’il n’y a pas eu de compétition dans les Régions du Kabadougou, du Folon et de la Bagoué. Par contre, dans la Région du Poro où il y a eu une compétition, le scrutin a été marqué par les intimidations et par l’achat des consciences.

– À L’EST : L’affluence a été relativement forte. Elle se situe entre 35% et 45% à Abengourou, Bettié et Agnibilékro.

EN CONCLUSION

Le taux national de participation aux élections municipales et régionales du 13 octobre 2018 organisées par le régime Ouattara contre la volonté populaire oscille autour de 10%. L’organisation de ces scrutins, selon les faits rapportés ci-dessus, a été mauvaise. Elle est à la fois défaillante autant au niveau national qu’au niveau local.

 

afrique-sur7.fr

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