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Abidjan: Le parti Concorde épouse les idéologies de la coalition au pouvoir RHDP.

Le parti Concorde, fondé par l’ex-ministre ivoirien des Affaires étrangères Alcide Djédjé, qui veut “adhérer” au Rassemblement des houphouetistes pour la démocratie et la paix (RHDP), ne pouvait pas “s’allier à une opposition désorganisée”, a affirmé le secrétaire général Ferdinand Kouassi dit Watchard Kedjebo, expliquant que la coalition au pouvoir “colle avec” leurs objectifs, dans une interview à ALERTE INFO.
Pourquoi avez-vous fusionné votre parti, le Congrès national pour le peuple de Côte d’Ivoire à Concorde ?

Concorde, Congrès pour la consolidation de la République et le développement, rassemble tout : La paix, la cohésion et la fraternité. Il y a même de l’amour. Nous tirons les leçons de ce passé douloureux. Nous souhaitons pour notre part que ce genre d’événements tristes ne se reproduisent plus en Côte d’Ivoire.

Lorsque M. Alcide Djédjé, avec qui nous avons travaillé aux côtés du président Laurent Gbagbo, a eu l’idée de créer une formation politique, j’ai vu beaucoup de similitudes entre l’idéologie, le contexte de justification et mon parti politique, qui avait dans sa vision la promotion de la paix, cohésion sociale, la promotion de l’amour. Je n’ai donc pas hésité à accepter de m’unir avec Alcide Djédjé pour que nous puissions mettre sur pied Concorde dont je suis le secrétaire général.

Vous êtes pourtant tous deux ex-membres du FPI ?

Je n’ai jamais été membre du FPI, c’est là une mauvaise compréhension. J’avais toujours été, pendant plus de 35 ans, militant du PDCI-RDA. Mais j’ai des principes qui sont sacrés. Je suis un défenseur de la démocratie, je refuse qu’on contourne les principes prescrits par la démocratie. J’ai condamné le coup d’Etat en 1999 contre Bédié, c’était mon chef. En 2002, alors que j’étais responsable à un haut niveau de la jeunesse du PDCI, je n’ai pas hésité à rejoindre le camp de la République.

J’ai battu le pavé aux côtés des autres patriotes parce qu’il n’y a pas d’incompatibilité en étant militant du PDCI et patriote. Le patriotisme n’est pas à durée indéterminée. J’étais patriote tout simplement, je n’ai jamais milité au FPI. Beaucoup se trompent. Il n’y a pas de traîtrise entre le FPI et moi parce qu’on a jamais appartenu à la même famille, à la même sphère politique.

Vous dites que vous êtes issu du PDCI et attaché aux valeurs de paix que le président Henri Konan Bédié est en train de promouvoir au sein d’une plateforme. Pourquoi vous décidez de vous allier au RHDP plutôt que de rejoindre cette plateforme ?

Je n’étais pas dissident du PDCI, mais en désaccord avec la direction du PDCI quand la Côte d’Ivoire a été attaquée. La gestion de la crise en 2002 par la direction de mon parti ne m’a pas fait plaisir. J’ai décidé en 2002 de rejoindre sans état d’âme la République pour la défendre contre les envahisseurs, depuis lors, je ne peux plus devenir un militant actif. J’ai mené le combat pour la République et je pense que c’est l’une des merveilleuses pages de ma vie.

Concorde parle de tolérance, de paix, d’amour de consensus, nous pensons qu’il faut arriver au consensus. C’est illusionniste pour d’autres mais on y arrive. Nous pensons qu’il faut faire ce sacrifice. Quand tu as été un acteur de premier rang qui a fait la guerre, qui est allé en exil, qui a souffert de cet exil, pire que la MACA. Quand tu reviens six années après au pays, je pense que si tu es un homme normal, si toutes tes facultés sont en place, tu peux tirer les leçons. Nous pensons que la plateforme qui sied à notre vision et qui colle avec cet objectif que nous nous fixons de rassembler, d’apaiser l’environnement politique, c’est le RHDP.

Face à ce spectacle que nous donne l’opposition, nous ne pouvons pas nous allier à une opposition désorganisée qui a du mal à s’entendre sur l’essentiel, où l’intolérance est le quotidien des acteurs. Nous pensons que le meilleur choix qu’il fallait faire dans notre cas, c’était d’adhérer au RHDP. Nous avons exprimé le désir, nous attendons que les formalités avec le directoire du RHDP unifié. Nous restons nous-mêmes. On ne peut pas vivre en autarcie, être à part, vous serez broyés. Il faut être dans un grand groupe.

Est-ce que ce n’est pas pour un intérêt personnel que vous adhérez au RHDP ?

On ne fait pas la politique pour regarder les beaux yeux des autres, on fait la politique pour les intérêts, pour améliorer sa condition sociale, pour aider son pays. C’est idiot de dire, je fais la politique parce que je suis un littéraire, la politique ce n’est pas de la littérature. Vous êtes un homme politique, qu’est-ce que vous apportez ? On fait de la politique pour faire prospérer les idées parce qu’on veut avancer, améliorer les conditions de vie.

Vous êtes en train de nous dire que vous êtes allé au RHDP pour aller à la soupe ?

On ne va pas au RHDP pour aller à la soupe. Quand je menais le combat de Laurent Gbagbo, vous pensez que c’était pour la soupe ? Il n’y a personne qui ne va à la soupe parce que c’est un besoin biologique, c’est normal. Dire qu’on va au RHDP pour la soupe, c’est trop simpliste. Nous allons au RHDP, nous sommes fiers d’aller au RHDP pour contribuer à la paix, au climat social, à la cohésion sociale, apporter une dose d’amour, d’humanisme. C’est cette différence que nous voulons apporter.

L’objectif d’un parti, c’est aussi la conquête du pouvoir en 2020…..

On n’est pas venu en politique pour regarder les autres, ne nous sous-estimez pas. Nous serons présents à toutes les échéances en 2020.

Mme Yvette Koudou dit avoir subi des menaces après la conférence de presse, vous confirmez cette information ?

Le président Gbagbo et M. Alcide Djédjé, c’est une histoire. Les gens font beaucoup de confusions. Depuis la crise postélectorale, cette femme, son mari et leurs enfants ont le soutien du président Alcide Djédjé qui n’hésite à aucun moment, de leur apporter assistance. Il fait tout ce qui est nécessaire.

Après la conférence de presse qui a été un succès, il faut que les ennemis agissent. Dame Koudou a été convoquée dans une résidence vers le Golf, elle a été presque séquestrée, on lui demandé d’apporter un démenti, on l’a transporté dans deux organes de presse bleue pour qu’elle dise qu’elle a été trompée. Mais en réalité Mme Koudou Yvette, n’a jamais dit ça. C’est une pratique honteuse pour ces personnes. C’est digne d’un film de fiction, c’est méchant, mais il leur faudra beaucoup plus pour altérer notre moral. Nous sommes durs, nous avancerons. On l’a insulté, mais c’est une dame déterminée.

Est-ce qu’elle a dévoilé l’identité de ceux qui l’aurait menacé ?

Elle sait où on l’a emmenée, c’est à la résidence du président Laurent Gbagbo qu’on l’a emmenée, c’est dommage. Concorde condamne cette attitude qui n’est pas digne. Nous invitons les acteurs politiques à beaucoup plus d’élégance. Apportons-nous la contradiction, mais séquestrer moralement une dame et lui faire dire des choses qu’elle n’a pas dites, c’est une grosse honte. Nous demandons à nos militants d’être sereins, c’est une fébrilité qu’on démontre. C’est un non-événement. On a voulu nous distraire, nous faire perdre du temps.

Concorde, c’est une grosse machine politique, nous ne sommes pas des gens neufs. On va se peser dans l’environnement politique. En politique, il ne faut jamais minimiser son adversaire, jamais être méprisant. C’est un grand danger de vouloir mépriser l’autre. Il faut autrement la politique parce qu’il y a trop de tension. Concorde veut concourir à apaiser, à promouvoir la paix. Nous n’allons pas donner de suite à cette affaire.

Que reste-t-il de la coalition des ex-exilés que vous avez mis en place il y a quelques mois ?

Je suis un ex-exilé, ce statut ne changera pas. Nous continuons de prôner la paix, le retour des exilés. Nous nous battons tous les jours pour que nos frères et sœurs puissent revenir, mais chacun a son tempérament. Ils n’ont plus d’arguments parce qu’ils ont annulé tous les mandats d’arrêt. Au moment où nous rentrions au pays, c’était difficile, il y avait les mandats d’arrêt, mais on a pris le risque pour expérimenter les dires du président.

Je voudrais lancer un appel à nos amis à rentrer au pays et demander au président de la République de bien vouloir examiner la situation des militaires incarcérés. Il faut que les militaires recouvrent la liberté au nom de la paix.

 

afrique-sur7.fr

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