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Abidjan: Lobognon impute sa défaite à la CEI.

Battu aux élections municipales à Fresco (sud ivoirien) où il était candidat à (sa) succession en tant que maire, l’ancien ministre ivoirien des Sports, Alain Lobognon, député issu du Rassemblement des républicains (RDR, parti présidentiel) et proche de Guillaume Soro, a estimé que sa défaite s’inscrit dans un plan anti-Soro qui vise à écarter les “principaux lieutenants’’ du président de l’Assemblée nationale, dans une interview à Afrique sur7.

Comment expliquez-vous votre défaite à Fresco, à l’élection municipale ?

Samedi, les dernières minutes avant la fermeture des bureaux de vote, m’ont permis de comprendre que nous avons participé à une grosse mascarade électorale au cours de laquelle la CEI a confirmé tous les soupçons qui pesaient sur elle c’est-à-dire son affiliation à l’administration et au RHDP. Nous avons eu à constater qu’il n’y a pas eu de vote, mais plutôt des achats massif de vote avec la complicité de la CEI qui avait avant l’ouverture des bureaux de votes remis au RHDP des souches entières de bulletins. Il lui suffisait donc de cocher et de proposer à certains électeurs contre rémunération.

Est que vous avez les preuves de ce que vous avancez ?

On a les preuves, des milliers de preuves, mais ça je le dis d’abord dans un premier temps parce que j’estime que si on ne dénonce pas maintenant, cette CEI risque de nous être imposée en 2020. C’est ce qui a fait que quelques minutes avant la fermeture des bureaux de vote, j’avais déjà demandé à mes collaborateurs de ne pas s’opposer à quoi que ce soit.

Mais vous avez été le premier candidat à reconnaître votre défaite…

Justement, ce qu’il s’est passé est très simple. J’estime et j’ai toujours estimé qu’un vote doit permettre à l’électeur de sanctionner un candidat et j’estime qu’en Côte d’Ivoire nous nous sommes battu pour que les élections soient démocratiques et transparentes, qu’une l’élection ne soit pas l’occasion de perdre des vies, mais plutôt l’occasion de donner des voix et de préserver sa vie.

A Fresco, j’avais déjà eu écho du dispositif qu’ils avaient mis en place avant l’élection pour nous intimider, pendant les élections pour continuer les intimidations et au moment de la fermeture des bureaux de vote les intimidations et menaces se sont faites encore plus grandes.

J’ai estimé qu’il ne fallait pas exposer ceux qui avaient véritablement exprimé leurs votes en ma faveur librement. J’ai estimé qu’il ne fallait pas occasionner des victimes à Fresco pour une simple élection locale ou tout le monde sait que les jeux étaient déjà pipés dès le départ avec la CEI qui n’est pas indépendante, qui n’est pas crédible et qui mérite d’être reformée conformément à la constitution mais surtout reformée dans le sens du combat démocratique que nous avons mené jusque-là.

Ça veut dire que vous regrettez cette reconnaissance assez vite de votre défaite ?

Aucun regret justement parce que j’aurais pu m’accrocher aux textes pour dire je vais faire un recours, mais je ne veux pas reconnaitre justement cette CEI illégale, qui est en train de tuer la démocratie en Côte d’ivoire. Je ne voulais pas donner l’occasion à la CEI pour dire qu’elle existe, qu’elle est crédible.

J’ai voulu justement en reconnaissant cette défaite montrer à la face du monde qu’on peut gagner une élection bien la gagner, qu’on peut perdre une élection bien la perdre, mais ici, je n’ai pas perdu parce que c’était une élection crédible, j’ai perdu parce que c’était une élection illégale, une mascarade d’élection organisée par une CEI inféodée au régime Etat, au parti Etat naissant appelé RHDP.

Mais vous avez quand même félicité votre adversaire, sur quelle base avez-vous fait cela ?

Je l’ai félicité en tant que concurrent direct à cette élection. Quand nous avons vu les résultats qui tombaient des localités où jusque-là le scrutin s’était déroulé sans grands problèmes, nous avons dit que ce n’était pas la peine de s’accrocher puisque c’est là-bas que la mascarade a eu lieu. Donc j’ai compris tout de suite que c’est lui qui va gagner. C’est la liste qui a gagné quand bien même la CEI n’a pas pris les dispositions à ce niveau-là pour savoir contre qui nous étions. Il y a avait une seule personne qui était notre adjoint au maire, il n’y avait personne d’autre qui était connu comme appartenant à cette liste. Quand vous allez à une élection, les différentes listes sont affichées, Fresco est la seule localité où la liste n’était pas affichée parce que le parti, le RHDP a estimé qu’il fallait masquer le jeu pour me faire tomber. Comme c’est lui qui était la tête de liste, j’ai préféré l’identifier comme celui qui sera le nouveau maire de Fresco sans cesser de l’être puisqu’il est toujours premier adjoint au maire de la ville de Fresco.

Est-ce que ce qu’il s’est passé à Fresco a été de même dans les autres localités où il y avait des candidats proches de Guillaume Soro ?

Affirmatif, ce qu’il s’est passé à Fresco, s’est passé à Sassandra, au niveau de la région du Gboklè, Worodougou, à Abobo, dans le nord, ça s’est passé dans plusieurs localités ou des candidats étaient étiquetés proche de Guillaume Soro

Qu’est- ce qu’il s’est passé concrètement à Abobo avec Koné Tehfour ?

Ce qu’il s’est passé à Abobo est exactement ce qu’il s’est passé à Fresco. Pour le vote en Côte d’Ivoire, le bulletin unique doit être stické, mais malheureusement, pour la première fois depuis l’instauration du bulletin unique stické il n’y avait pas de sticker sur les bulletins de vote ce qui a donné l’occasion de payer les populations dans l’extrême pauvreté pour aller voter pour un candidat qui n’avait pas les faveurs des suffrages. Donc les populations qui reçoivent du gouvernement pour certaines un kit de 35.000 F CFA par mois qui se voit proposer pour d’autres des sommes de 50.000 à 100.000 FCFA en une journée pour aller voter, je pense qu’elles n’ont pas pu résister. Je pense que l’argent public que le gouvernement a distribué à des candidats qui lui sont favorables, aurait pu permettre à la commission électorale d’acheter des stickers, mais la commission électorale dit que le gouvernement dit qu’il n’y a pas d’argent. Donc ce qu’il s’est passé à Fresco c’est ce qu’il s’est passé à Abobo et ailleurs ou des candidats avaient les faveurs des pronostics.

Avez-vous eu l’impression que les candidats pro-Soro étaient particulièrement visés ?

C’était une action anti-Soro, une élection anti-Soro qui visait ces principaux lieutenants, il y a eu des endroits où ils n’ont pas pu se laisser faire avoir parce que dans ces endroits-là, les électeurs ont compris qu’il ne fallait pas vendre leurs honneurs et leurs dignités pour des billets de banque

Quelles leçons vous tirez-vous en tant que proche collaborateur de Guillaume Soro ?

Moi en tant que proche du président de l’Assemblée nationale, je continue de croire que 2020 est à notre portée. Premièrement, nous devons y aller sereinement sans se laisser distraire par les résultats des scrutins du samedi dernier, ce qui passe nécessairement par la dissolution de la CEI, par la mise en place d’un nouveau code électoral et surtout d’une commission électorale véritablement indépendante qui ne recevra aucun ordre du parti Etat naissant appelé RHDP.

Personnellement, que comptez-vous faire maintenant ?

Je suis toujours député de Fresco, je suis toujours conseiller municipal, donc je suis toujours à la disposition de ma ville à Fresco. Je ne pense pas qu’une élection frauduleuse puisse mettre à mal ma citoyenneté, ma crédibilité pour obtenir les conditions minimales pour les élections de 2020.

 

afrique-sur7.fr

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