07262017Headline:

Affaire Audio”: Voici comment le Burkina veut régler le cas Soro

Soro Bassolé

Ecoutes téléphoniques”: Comment le Burkina veut régler le cas Soro

Les manœuvres entre les deux pays

De grandes manœuvres sont en cours, dans le silence, pour régler l’affaire des écoutes téléphoniques sur le coup d’État manqué de septembre 2014 au Burkina Faso, événement dans lequel le chef du Parlement ivoirien, Guillaume Soro, est cité.

Les bruits se sont tus et les passions apaisées sur l’affaire des ”écoutes téléphoniques” à propos du coup d’État manqué de septembre 2014 au Burkina-Faso. Événement dans lequel le président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire, Guillaume Soro, est cité. Le temps est, certes, en train de faire ses effets, mais d’un coté comme de l’autre, les autorités burkinabé et ivoirienne ne croisent pas les mains. Dans le silence, le dossier mettant en cause le chef du Parlement ivoirien, objet d’un mandat d’arrêt international émis par la justice militaire burkinabè, avance sereinement.

Au cours de leur rencontre, le 29 janvier 2016, en marge du dernier sommet de l’Union africaine à Addis-Abeba, les présidents Alassane Ouattara et Roch Marc Kaboré s’étaient promis d’user de la voie diplomatique pour régler cette affaire. Les deux chefs de l’État ont pris une longueur d’avance sur le dossier, qui était en train de pourrir les relations séculaires de bon voisinage entre leurs pays et leurs peuples. « (…). Nous avons le devoir de faire en sorte que cette relation (entre la Côte d’ivoire et le Burkina Faso, Ndlr) soit renforcée, que cet axe soit consolidé et que nous puissions faire en sorte que tout ce qui s’est passé çà et là, nous puissions considérer que ce sont des événements qui doivent relever du passé, et que nous devons travailler à faire en sorte que, véritablement, nous puissions rétablir la confiance au sommet et également entre nos peuples, et je crois que des dispositions seront prises de part et d’autre pour que cela soit ainsi », dixit le président Kaboré.

Des propos, qui ont sonné comme un programme pour régler la question Soro qui devenait un sujet gênant, jetant un froid sur l’axe Abidjan-Ouagadougou. Depuis cette rencontre au sommet Ouattara–Kaboré, en effet, les acteurs aussi bien judiciaires que diplomatiques sont à pied d’œuvre pour solder ce dossier. De grandes manœuvres ont lieu tant à Ouagadougou qu’à Abidjan.

Au pays des Hommes intègres, on s’apprête à envoyer une mission de haut niveau en Côte d’Ivoire pour rencontrer les autorités. Officiellement, il s’agit pour cette mission, qui devra être conduite par le ministre des Affaires étrangères, Alpha Barry, et composée de hauts magistrats et des diplomates, de venir soumettre le dossier, tel qu’il se présente, aux dirigeants ivoiriens. La délégation devrait profiter du même séjour pour émettre une commission rogatoire afin de connaître du dossier.

Mais avant l’arrivée de cette mission, le commissaire du gouvernement burkinabè, le colonel Norbert Koudougou, a déjà donné le ton. Au cours d’une conférence de presse au Burkina-Faso, ce haut magistrat militaire, qui dispose du dossier, a fait une importante révélation. « Jusqu’à preuve du contraire, nous n’avons pas encore pu authentifier les écoutes téléphoniques ». Information de taille qui apporte de l’eau au moulin dans le règlement de l’affaire, qui passait pour être des plus complexes.

En effet, la conséquence directe de cet aveu, c’est le doute qu’il élève sur la responsabilité des personnes citées sur la bande, notamment l’ancien ministre des Affaires étrangères, Djibrill Bassolé (emprisonné pour cette affaire) et le chef du parlement ivoirien dans un sursis. Mais, en même temps que le Procureur militaire fait ces révélations, au niveau de la société civile burkinabé, des initiatives sont en cours pour ramener au calme, les acteurs opposés à la diplomatie triomphante dans l’ombre.

En Côte d’Ivoire, le mis en cause, Guillaume Soro ne néglige pas l’affaire. Le chef du Parlement ivoirien, qui prend au sérieux ce dossier susceptible de travestir sa trajectoire, aurait préparé un dossier béton pour casser les accusations dont il fait l’objet. Guillaume Soro aurait fait expertiser la bande sonore à partir de laquelle il est incriminé. Le résultat de cette expertise aurait révélé 44 points de sutures sur ladite bande. Des preuves qu’il entend reverser à la commission rogatoire et qui devrait conduire à classer le dossier, et tourner la page du refroidissement apparent entre le Burkina et la Côte d’Ivoire.

Un retour à la normale, qui va être couronné, dans les prochaines semaines à venir, par une visite officielle du président Roch Kaboré et de son gouvernement à Abidjan dans le cadre de la réactivation de la Commission mixte Côte d’Ivoire–Burkina Faso.

F.D.BONY

l’inter

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