12092022Headline:

Affaire Brittney Griner : Biden «espère» que Poutine «sera disposé à parler plus sérieusement d’un échange de prisonniers»

Joe Biden a dit mercredi espérer que le président russe Vladimir Poutine soit davantage disposé à discuter d’un échange de prisonniers avec les États-Unis pour faire sortir la championne de basket Brittney Griner de sa prison en Russie.Selon les avocats de cette dernière, la sportive de 32 ans, condamnée à neuf ans de prison, est en cours de transfert vers une colonie pénitentiaire non identifiée, un voyage incommunicado qui peut s’éterniser.Brittney Griner a été condamnée en août pour «trafic de drogues». Ses soutiens dénoncent une décision infondée et politique, en plein conflit en Ukraine, en vue d’un possible échange de prisonniers entre Moscou et Washington.

«Mon espoir c’est que maintenant que l’élection est finie, M. Poutine pourra discuter avec nous et sera disposé à parler plus sérieusement d’un échange de prisonniers», a dit le président américain lors d’une conférence de presse, au lendemain des élections de mi-mandat aux États-Unis.«Mon intention est de la ramener à la maison», a ajouté Joe Biden, se disant «optimiste» sur le fait qu’il y ait une «volonté de négocier plus spécifiquement avec nous».

Colonie pénitentiaireDans un communiqué, les avocats de Brittney Griner ont indiqué qu’elle avait quitté le 4 novembre son centre de détention provisoire près de Moscou et qu’elle était désormais «en route pour une colonie pénitentiaire». En Russie, ce type de transfert, souvent vers des sites isolés, peut prendre plusieurs jours, parfois même des semaines.

Généralement, les prisonniers voyagent dans des trains spéciaux à travers l’immense territoire russe, avec des arrêts dans différentes prisons, sans possibilité de communiquer.

Les proches des détenus ne sont le plus souvent pas informés du lieu de détention qu’une fois arrivés à leur destination finale. C’est aussi le cas des avocats de Mme Griner qui n’ont «pas d’information sur l’endroit où elle se trouve exactement».

Joe Biden réclame que Moscou «améliore le traitement et les conditions qu’elle sera peut-être forcée de subir» dans cette colonie, avait réagi plus tôt la porte-parole de la Maison Blanche, Karine Jean-Pierre.

Brittney Griner avait été arrêtée en février dans un aéroport de Moscou en possession d’une vapoteuse contenant du liquide à base de cannabis.

Elle avait reconnu les faits mais affirmé avoir apporté la substance par inadvertance, alors qu’elle l’utilise légalement aux États-Unis en tant qu’antidouleur. Le tribunal russe n’a lui fait preuve d’aucune clémence, condamnant en août la sportive à neuf ans de prison pour «trafic de drogues».

La star du basket féminin allait en Russie pour y jouer pendant l’intersaison américaine, une pratique courante pour les basketteuses de la Ligue féminine nord-américaine de basket (WNBA) qui gagnent souvent mieux leur vie à l’étranger qu’aux États-Unis.

Lors du procès, son équipe de la ville russe d’Ekaterinbourg avait plaidé pour la joueuse. Sans succès. Et le 25 octobre, son appel a été rejeté, ouvrant la voie à son transfert vers une colonie pénitentiaire.

Echange de prisonniers ?

Le cas de cette femme a pris une ampleur géopolitique dans le contexte de la crise entre Moscou et Washington liée à l’offensive en Ukraine. D’autres citoyens américains sont incarcérés en Russie et les États-Unis veulent également obtenir leur libération.

Washington a indiqué à plusieurs reprises avoir soumis à la Russie une «offre significative» pour la libération de la sportive et d’un autre Américain détenu, l’ancien militaire Paul Whelan.

La famille de M. Whelan dénonce régulièrement ses conditions de détention dans une colonie de la région russe de Mordovie. Elle affirme qu’il est délibérément privé de sommeil et ne peut pas recevoir les soins médicaux dont il a besoin.

Des cas de tortures et de viols massifs dans les colonies pénitentiaires russes, héritées du système concentrationnaire soviétique, sont régulièrement signalés.

«Si le Kremlin décide de ne pas torturer (Griner) et lui donne des conditions VIP, alors elle aura le droit d’avoir un régime alimentaire à part, de faire du sport, de garder la forme», a indiqué à l’AFP Vladimir Ossetchkine, responsable de l’ONG Gulagu.net, spécialisée dans la défense des droits des détenus en Russie.

«Mais si l’administration pénitentiaire reçoit l’ordre de la mettre sous pression, sa vie et sa santé seront en danger», a-t-il poursuivi.

Selon des sources diplomatiques russes, un possible échange de prisonniers pourrait concerner Brittney Griner et un trafiquant d’armes russe détenu aux États-Unis, Viktor Bout, qui purge une peine de 25 ans de prison aux États-Unis. Russes et Américains se sont entendus par le passé sur plusieurs échanges de prisonniers.

Avec AFP

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