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Affaire Lida Kouassi: Les dessous d’une manigance sordide

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La parodie de poursuite judiciaire unilatérale, alimentée par la haine et le harcèlement contre les pro-Gbagbo, continue plus de trois ans après l’accession au pouvoir par la force d’Alassane Dramane Ouattara. Avec son lot de tortures, d’humiliations, de frustrations, d’arrestations et de détentions arbitraires… Et surtout avec ses violations des droits humains.

Lida Kouassi Moïse, ancien ministre d’Etat, vice-président du FPI est de nouveau détenu politique à la Maca, depuis le vendredi 24 octobre 2014. Selon ses proches, il a été ré-inculpé pour « atteinte à la sûreté de l’Etat » et complicité pour d’autres chefs d’accusation. Ce nouvel épisode de la série politico-judiciaire qui met en action le pouvoir Ouattara et Lida kouassi Moïse n’a qu’un seul objectif, c’est la politique, estiment des proches de l’ancien ministre de Laurent Gbagbo. Et pour comprendre l’épisode de cette fin de mois d’octobre, il faut remonter à une affaire de vente de terrain par Lida.

La peur du régime Ouattara

En principe, vendre un de ses biens pour se dépanner de ses multiples problèmes de survie, surtout qu’on a tous ses avoirs gelés et sous séquestre, est un fait normal. Mais quand cela se passe sous un régime abonné aux coups d’Etat et issu lui-même d’un coup de force, le fait prend des allures de panique. C’est cette situation qui justifie selon ses proches, « le harcèlement d’Hamed Bakayoko contre Lida Kouassi ». Les choses sont allées très vite, comme le raconte un proche de l’ancien ministre d’Etat. Elles remontent à la semaine du lundi 20 octobre 2014. En ce moment-là, l’affaire de la vente de terrain de Lida Kouassi semble aboutir enfin. Ceux qui traitent le business pour le compte de l’ancien ministre de la Défense ont rendez-vous avec le notaire de la partie qui veut acheter le terrain. Pour toucher un premier chèque de 60 millions de fcfa.

Coup de théâtre, coïncidence et surprise! L’avocat général Noël Kodjané, beau-frère de Lida et négociateur dans l’affaire de vente du terrain, est convoqué par un coup de fil anonyme. Le correspondant dit appeler de la part de Lida Kouassi et fixe un rendez-vous à l’homme de droit. L’avocat général ne se doute de rien et arrive comme prévu au lieu de rendez-vous en espérant rencontrer son beau-frère. Mais il tombe sur des ravisseurs qui l’enlèvent, le jeudi 23 octobre 2014. La nouvelle de l’enlèvement du juge Kodjané se répand très vite à Abidjan.

Comme tout le monde, l’ancien ministre d’Etat, Lida Kouassi Moise, est naturellement Informé de l’enlèvement de son beau-frère, et sa détention à la Direction de la surveillance du territoire (Dst). Le lendemain matin suivant, c’est-à-dire le vendredi 24 octobre, il s’apprête à se rendre à la Dst pour s’informer sur les raisons de ce kidnapping. Mais les choses se précipitent. Le directeur adjoint de la Dst et un agent se présentent à la résidence de Lida Kouassi.

Selon les proches de l’ancien ministre d’Etat, en donnant les nouvelles, le numéro 2 de la Dst l’invite à le suivre. « Parce que le ministre d’Etat, Hamed Bakayoko qui part en week-end quelque part, s’inquiète de la situation et souhaite que des questions soient posées au ministre Lida », dit-il, nous a-t-on rapporté. C’est ainsi que l’ancien ministre d’Etat de Gbagbo se retrouve, de nouveau, à la Dst. Ce matin-là, il échange normalement avec les patrons de la Dst et selon un proche, « on le laisse partir à la maison pour reprendre les discussions dans l’après-midi. Mais l’après-midi, il sera mis sous mandat de dépôt ».

Une mascarade grotesque déjà vue

Dans l’après-midi, une surprise attendait l’ancien ministre de Laurent Gbagbo. Selon un témoin, les interrogatoires sont devenus musclés. Les officiers insistaient pour faire admettre à Lida Kouassi qu’il a participé à des attaques. « Précisément, il lui était reproché d’avoir remis l’adresse de l’avocat général à un jeune homme à l’époque où il était exilé à Lomé. L’avocat aurait ensuite remis l’argent à ce prétendu milicien pro-Gbagbo pour les attaques contre le commissariat de 16e arrondissement de Youpougon, à Dabou et à Grabo », indique un proche de Lida. Le même vendredi de l’interrogatoire, un jeune homme qui était effectivement au Togo en même temps que l’ancien ministre d’Etat a été sorti du néant par les agents de la Dst pour confirmer que Lida lui a effectivement remis le contact téléphonique du juge Kodjané.

Ce type de scénario, c’est du déjà vu sous la dictature Ouattara. Le jeune homme prétendu « milicien pro-Gbagbo » accuse Lida Kouassi qui ne se reconnait pas dans ces accusations. Parce qu’en plus, les dates avancées confondent l’accusateur. L’ancien ministre d’Etat tombe des nues et ne se reconnait pas dans de telles accusations visiblement montées de toute pièce. « Oui, mais nous t’inculpons quand même et nous te mettons sous mandat de dépôt pour ta dangerosité », soutiennent les agents. C’est ainsi que Lida kouassi s’est retrouvé à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca), après 4 jours de détention à la Dst. Pendant que le Pouvoir s’apprête à ouvrir son procès devant les assises.

Koulibaly Doucy

Source: Notre Voie

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