03262017Headline:

Affaire Soro et Bassolé: Voici ceux qui vont décider de leur sort…

soro bassole

Affaire écoute téléphonique: Voici ceux qui vont décider du sort de Soro et Bassolé

Les deux scénarios évoqués
Les précisions d’un ministre ivoirien

S’il est un vœu que Guillaume Soro nourrit le plus en ce moment, c’est bien celui de sortir blanchi de l’affaire des écoutes téléphoniques dont on l’accuse. Le président de l’Assemblée nationale ivoirienne, empêtré dans ce ” téléphone gate ” entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso, manoeuvre par tous les moyens pour se sortir d’affaire. Y parviendra t-il? Difficile de dire.

Toutefois, de l’avis de tous les observateurs, il pourrait exister deux axes pour mettre fin à la polémique et autre supputation dans cette affaire. Deux possibilités, en effet, pour décider du sort de Soro et Bassolé, existent. La première est ivoirienne. L’Etat de Côte d’Ivoire, s’il le veut, peut rentrer en contact avec son voisin du nord pour régler cette affaire au plus vite, et clarifier ainsi la situation ambiguë dans laquelle se trouve la deuxième personnalité qui l’incarne. Selon des indiscrétions, des ”go-between” seraient déjà en action entre Ouaga et Abidjan, pour donner toutes ses chances à un règlement plus soft, de sorte à préserver les relations séculaires entre les deux Etats. Ce volet diplomatique aurait également le chic de régler cette grave affaire dans les salons feutrés, histoire de préserver l’honorabilité et la dignité des deux hommes d’Etat mis en cause. Un autre volet du règlement, certainement plus rustique, serait que Soro bénéficie d’un soutien ouvert des autorités ivoiriennes. Par exemple, une déclaration de solidarité de parlementaires ivoiriens à leur patron ou d’autres institutions pourrait donner un signal fort dans cette bataille autour des écoutes téléphoniques. Mieux, et c’est l’avis d’un ministre de la République de Côte d’Ivoire, bien au fait du dossier et qui a requis l’anonymat, la récente sortie du ministre délégué à la Sécurité au Burkina Faso, Alain Jean-Claude Zagré, devrait susciter une réaction de la part du ministère de l’Intérieur et de la sécurité de Côte d’Ivoire. «Pour des questions de parallélisme des formes, le ministère burkinabé de la sécurité a réagi récemment. Il appartient au ministère ivoirien de l’Intérieur et de la Sécurité de gérer cette question. C’est une situation sensible sur laquelle je n’aimerais pas me prononcer», a expliqué ce membre du gouvernement ivoirien, joint au téléphone.

La seconde possibilité, pour mettre fin au débat, se trouve entre les mains des autorités du Faso. Elles sont d’ailleurs les mieux placées pour situer tout le monde sur les tenants et les aboutissants de cette affaire. Elles ont diligenté une enquête dont le rapport de 33 pages a été officiellement remis au Premier ministre Isaac Zida. Ce rapport contient, sans aucun doute, des éléments qui permettent d’apprécier une implication ou non de Guillaume Soro dans le putsch manqué de la mi-septembre contre les locataires du palais de Kosyam. De plus, le ministre burkinabé délégué à la Sécurité, au cours d’une conférence de presse, a dit détenir une bande sonore concernant les écoutes téléphoniques. De son avis, cette bande est en train d’être authentifiée. En clair, des éléments existent pour donner la preuve ou non que le président du Parlement ivoirien et l’ex-ministre des Affaires étrangères du Faso ont eu cette conversation téléphonique qui les implique dans le coup d’Etat manqué du général Gilbert Diendéré. Tout le mystère qui enveloppe ce ” téléphone gate ” pourrait ainsi être levé, afin de situer l’opinion sur ce qui s’est réellement passé. Le sort de Soro et Bassolé serait alors connu.

Des voix inaudibles

En attendant, l’affaire fait des vagues qui ne manquent pas de secouer fortement l’axe Abidjan-Ouaga en cette fin d’année 2015. Retentissante tant par la qualité des personnes impliquées, que par la gravité des sujets abordés, la supposée conversation téléphonique entre le président de l’Assemblée nationale ivoirienne, et l’ex-ministre des Affaires étrangères du Burkina Faso, n’en finit pas de faire couler beaucoup d’encre et de salive. C’est que dans cette affaire, l’implication formelle des deux personnalités dans le coup d’Etat manqué contre la transition burkinabé, n’est pas encore établie avec certitude. Des doutes subsistent et des suppositions ont cours, en dehors du fait qu’il a bel et bien existé un échange téléphonique entre Soro et Bassolé. Quel en est le contenu réel? Tout le mystère réside ici. Les deux personnalités nient fortement avoir tenu les propos ” très graves ”qui leur ont été prêtés. A l’heure de l’authentification de la bande enregistrée, chacun des protagonistes s’accroche à tout ce qu’il peut pour sortir indemne de ce bourbier. Pour Soro Guillaume, les soutiens ne manquent pas. Chacun y va de son analyse de la situation pour tenter de sauver le président de l’Assemblée nationale ivoirienne. La dernière en date reste celle d’un parlementaire de la République démocratique du Congo (Rdc). Dans une interview accordée au confrère ” Nord-Sud Quotidien ”, lundi dernier, le député congolais Ngobila Gentiny fait une analyse de la situation, avant de conclure que «le montage est évident». Il souligne que «les Congolais n’y croient pas» et annonce une action forte de soutien de parlementaires africains à leur collègue en difficulté. Au delà de cette solidarité de corps, Guillaume Soro peut compter sur le soutien de mouvements comme le Réseau des amis de Côte d’Ivoire (Raci), les ” Grins ” ( espaces d’échanges entre les jeunes) et de certains leaders d’opinions. Mais ces voix sont-elles vraiment audibles dans cette affaire Soro-Bassolé ? Au-delà de la symbolique, ces soutiens peuvent-ils raisonnablement ” sauver ” Soro dans une affaire qui concerne en haut lieu les Etats de Côte d’Ivoire et du Burkina Faso? Simple question.

Hamadou ZIAO

L’inter

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