10252021Headline:

Afghanistan : les talibans exécutent un homme et le pendent au bout d’une grue à la vue de tous selon le parisien

Ce samedi, les talibans ont repris leurs exécutions sommaires en public, à l’image de ce qu’ils faisaient déjà il y a plus de 20 ans, afin de dissuader les éventuelles rebellions. Les nouveaux dirigeants de l’Afghanistan ont ainsi exécuté à Herat, grande ville à l’ouest du pays, un homme accusé d’enlèvement. Ils ont ensuite suspendu son corps à une grue sur la place principale de la ville. Des images extrêmement choquantes que Le Parisien a pu consulter sur les réseaux sociaux. On y voit un homme mort accroché à une grue, comme un pendu. Une démonstration de force également utilisée en Iran, tout proche.

La scène a également été documentée par des témoins locaux à l’agence américaine AP. Wazir Ahmad Seddiqi, qui dirige une pharmacie locale, a déclaré à l’agence que ce sont au total quatre corps qui avaient été amenés sur la place et que trois autres avaient ensuite été transportés dans d’autres quartiers de la ville pour être exposés au public.

elon ce témoin les talibans ont déclaré que les hommes avaient participé à un enlèvement et ont été tués par la police locale. Un chef de police nommé par les talibans dans la ville a ensuite affirmé que les ravisseurs avaient enlevé un père et son fils, ajoutant que les deux hommes avaient été sauvés après une fusillade qui avait fait quatre victimes : les quatre ravisseurs présumés, selon AP

Les talibans ont rapidement pris le contrôle de l’Afghanistan à la mi-août et ont depuis entrepris de gagner une légitimité internationale, malgré les craintes que le groupe islamiste radical ne renoue avec sa brutalité passée. Craintes justifiées, qui viennent de se concrétiser.

Sous le précédent régime, les talibans abattaient les meurtriers et coupaient les mains et les pieds des voleurs de grand chemin présumés, selon les lois de la Charia. Toutefois le mollah Nooruddin Turabi, l’un des fondateurs du mouvement, a déclaré en début de semaine que le groupe avait décidé que les exécutions et les amputations seraient à nouveau à l’ordre du jour comme punitions pour les crimes de droit commun.

« Personne ne nous dira ce que doivent être nos lois », a déclaré Turabi à l’AP. « Nous suivrons l’islam et nous ferons nos lois sur le Coran ». Interrogé sur les commentaires de Turabi vendredi, le porte-parole du département d’État américain, Ned Price, a déclaré que les États-Unis les condamnaient « dans les termes les plus forts ». « Les actes dont les talibans parlent ici constitueraient des violations flagrantes et évidentes des droits de l’homme, et nous nous tenons fermement aux côtés de la communauté internationale pour que les auteurs de ces – de tous ces abus – soient tenus responsables », a déclaré le représentant aux journalistes. On voit mal comment, les États-Unis vont sanctionner les auteurs de ces actes, alors qu’ils ont quitté le pays avec perte et fracas le 31 août dernier.

Un mécanisme de surveillance des violations des droits humains en Afghanistan ?
Plutôt adeptes de la Real Politik, l’administration Biden a dans le même temps ce vendredi accordé deux exemptions aux sanctions économiques imposées aux talibans afin de faciliter l’octroi d’aide humanitaire dans le pays. La première exemption autorise le gouvernement américain, les ONG, et certaines organisations et entités internationales, « à fournir de l’assistance humanitaire à l’Afghanistan ou d’autres activités contribuant aux besoins de base » dans le pays, détaille un communiqué du ministère de l’Économie américain. La seconde exemption autorise certaines transactions liées à l’exportation de produits agricoles (aliments, semences, engrais), de médicaments et d’équipements médicaux, est-il ajouté.

Le ministère « reste déterminé à garantir que les sanctions américaines ne limitent pas la capacité des civils situés en Afghanistan à recevoir un soutien humanitaire de la part du gouvernement des États-Unis ou de la communauté internationale, tout en continuant à refuser aux talibans et à d’autres entités et individus sous sanctions l’accès à certains actifs ».

Le Parisien

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