02032023Headline:

Afin de faire face à la crise, le gouvernement égyptien organise la vente d’obligations à 25%

Pour parer à une crise économique sans précédent, le gouvernement égyptien a organisé, à travers deux banques étatiques, la vente d’obligations à 25% d’intérêt. Les banques ont exceptionnellement ouvert leurs portes malgré les congés du Noël copte.

À crise sans précédent, mesures sans précédent. 25% d’intérêt, un record. L’objectif est de pousser les épargnants à vendre leurs dollars pour acheter des obligations en livres égyptiennes. Une manière d’arrêter la hausse vertigineuse de la devise américaine, monnaie de référence de la Banque centrale égyptienne.

En dix mois, la livre a baissé de plus de 70% face au dollar. Étranglée par le service d’une dette étrangère incontrôlée et d’un budget largement déficitaire, l’Égypte a dû se soumettre au diktat du Fonds monétaire international en vue d’obtenir un prêt de secours. Et pour son oxygène, le « docteur » FMI a prescrit, comme d’habitude, de dévaluer la devise locale.

Pénuries en séries
Conséquences de ce manque de dollars : des pénuries de toute sorte. Presque plus d’importation de camions et de véhicules de chantier à un moment où le gouvernement s’est lancé dans des constructions pharaoniques : capitale administrative avec gratte-ciel, villes nouvelles, routes, ponts, trains et même monorail. Pas d’automobiles non plus pour les particuliers. L’industrie commence à manquer de machine-outil et de pièces de rechange, et l’élevage de bétail et de poulet de nourriture pour les animaux. Les revenus en dollar des exportations de gaz, de fruits et légumes, du tourisme et du canal de Suez sont consacrés, en très grande de partie, à l’importation de produits de première nécessité comme le blé et l’huile.

Résultat : l’inflation a explosé. On a dépassé les 20% d’inflation au mois de décembre et cela ne fera qu’augmenter en janvier, selon les experts. Une catastrophe pour plus d’un quart de la population égyptienne qui vit sous le seuil de pauvreté, c’est-à-dire moins de deux euros par jour et par personne. Les classes moyennes sont elles aussi affectées. Manger coûte deux fois plus cher qu’il y a un an. Au pays des pharaons, le mécontentement augmente au rythme de la hausse du dollar face à la livre égyptienne.

 

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