04212018Headline:

Afrique du sud, Politique: Jacob Zuma bientôt devant la justice

 

En Afrique du Sud, le procureur général Shaun Abrahams a annoncé vendredi engager des poursuites pour corruption contre Jacob Zuma. L’ancien président du pays est soupçonné d’avoir touché des pots-de-vin pour un contrat d’armement signé en 1999.

L’ancien président sud-africain Jacob Zuma va être poursuivi pour fraude et corruption dans une affaire qui remonte aux années 90, a annoncé vendredi 16 mars le parquet général.

Il est soupçonné d’avoir touché des pots-de-vin pour un contrat d’armement de 4,2 milliards d’euros signé en 1999 par l’Afrique du Sud avec plusieurs entreprises étrangères, dont la société française Thalès.

Dans le volet Thalès de ce dossier complexe, Jacob Zuma, qui était alors vice-président du pays, aurait perçu des commissions de la part de deux filiales sud-africaines du groupe français, versées sur un compte par son conseiller financier de l’époque, Schabir Shaik, qui a été condamné à quinze ans de prison en 2005.

“Les Sud-Africains attendaient cela depuis très longtemps”

“Après examen de l’affaire, il y a des chances raisonnables de poursuivre avec succès M. Zuma”, a déclaré le procureur général Shaun Abrahams au cours d’un point presse à Pretoria.

CAROLINE DUMAY, CORRESPONDANTE EN AFRIQUE DU SUD : “LES SUD-AFRICAINS ATTENDAIENT CELA DEPUIS TRÈS LONGTEMPS”

“Les Sud-Africains attendaient cela depuis très longtemps”, assure sur place la correspondante de France 24, Caroline Dumay.

Cette décision judiciaire intervient un mois après la démission de Jacob Zuma, le 14 février, à l’issue d’une longue opposition avec le nouveau chef du Congrès national africain (ANC) au pouvoir, Cyril Ramaphosa. Ce dernier, qui a fait de la lutte contre la corruption une de ses priorités, lui a succédé à la tête du pays.

“Une victoire” pour l’opposition

“C’est une victoire pour tous ceux qui ont combattu pendant des années pour que Jacob Zuma rende des comptes”, s’est félicité le chef du principal parti d’opposition, l’Alliance démocratique (DA), Mmusi Maimane.

Mis en cause depuis des années dans de multiples scandales de corruption, l’ancien président a jusque-là toujours réussi à passer au travers des mailles des multiples filets judiciaires.

À une exception près. En 2016, il a été contraint de rembourser une partie des travaux de “sécurité” financés par l’argent du contribuable dans sa résidence privée de Nkandla, soit environ 500 000 euros sur les 20 millions engagés au total.

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