12142018Headline:

Agénor Youan Bi, s’est ouvert à bâtons rompus dans laquelle il décortique l’actualité sociopolitiqe nationale, mais aussi au sein de son parti le FPI.

Le tout nouveau secretaire national du Front populaire ivoirien (FPI) chargé des mouvements politique alliés, Agénor Youan Bi s’est ouvert à Linfodrome lors d’une interview à bâtons rompus, dans laquelle l’ex-compagnon de lutte de Charles Blé Goudé décortique l’actualité sociopolitiqe nationale mais aussi au sein de son parti, le FPI.

”Il y a le FPI de Ouattara dirigé par Affi et le FPI originel dirigé par Gbagbo”

«J’ai fait le pas parce que le Cojep, c’était un mouvement de soutien au président Laurent Gbagbo. J’assure pleinement mes responsabilités au secretariat général du FPI». C’est sur ces phrases que Youan Bi Agénor a demarré son propos lors de la rencontre avec Linfodrome. Et lorsque vous lui demandez de quelle branche du FPI parle-t-il, le tout nouveau secretaire national se braque. «Il n’y a pas de branche dissidente au FPI puisque le congrès de Mama de 2015 a exclu Monsieur Pascal Affi N’Guessan. Alors le seul FPI reconnu est celui dirigé par le président Laurent Gbagbo et dont l’intérimaire est Aboudrahamne Sangaré», lâche-t-il. Ajoutant que «les Ivoiriens savent aujourd’hui où se trouve la vérité et le terrain. Il y a le FPI de Ouattara dirigé par Affi et le FPI originel que les Ivoiriens ont connu qui est dirigé par le président Gbagbo». D’ailleurs à ceux qui parlent de réconciliation avec le camp Affi, Agénor Youan Bi dit ceci: «Dans toutes les luttes, il y a toujours eu des traites. Certains de nos camarades ont pris la posture de traitrise. Ils ont choisi leur ligne. Ils sont dans leur ligne. Nous, notre ligne, c’est la souveraineté de la Côte d’Ivoire; c’est l’indépendance totale».

”Gbagbo a fait acte de candidature pour diriger le FPI”

Sur la question de savoir comment des militants d’un parti politique peuvent-ils, lors d’un congrès, désigner président du parti une personne qui se trouve être en détention à La Haye, le jeune leader répond. «Gbagbo est à La Haye pour des raisons politiques. Nous savons que le judiciaire n’a pas pu apporter les preuves de sa culpabilité. Pour nous, Gbagbo doit demeurer au cœur du débat en Côte d’Ivoire. Gbagbo a fait acte de candidature pour diriger le FPI. Ce sont les militants du FPI qui l’ont voté à plus de 90% au congrès de Moossou». D’ailleurs, poursuit-il, Laurent Gbagbo reste le candidat du FPI pour présidentielle de 2020. «Nous avons un candidat, c’est le président Laurent Gbagbo. Nous, nous tenons toujours à notre président Laurent Gbagbo. Nous ne pouvons pas l’abandonner. Il se trouve à La Haye pour une cause commune. Il est notre candidat en 2020», informe-t-il. Et cela est d’autant plus vrai pour Agénor Youan Bi qu’en témoignent les nombreux déplacement de personnalités à La Haye. «Les déplacements des fils de la Côte d’Ivoire qui ne sont pas de la même obédience politique que Laurent Gbagbo, prouvent que la Côte d’Ivoire manque à Laurent Gbagbo et Laurent Gbagbo manque à la Côte d’Ivoire (…) Au regard de ce qui se passe à La Haye, la CPI devrait pouvoir se libérer en libérant le président Laurent Gbagbo. Nous avons la conviction que le président Laurent Gbagbo et le ministre Charles Blé Goudé seront libérés. La CPI n’a pas le choix que de le faire», dit-il.

”Il faut pouvoir libérer tous les Ivoiriens”

Au sujet des 800 prisonniers politiques de la crise postélectorale, libérés récemment grâce à une ordonnance d’amnistie signé par le chef de l’Etat, Alassane Ouattara, Agénor Youan Bi salue la mesure mais demande au Président Ouattara d’aller encore plus loin. «On ne peut pas vouloir la réconciliation en libérant certains et en laissant d’autres en prison. Les gradés militaires qui se retrouvent encore en prison, ne se sont pas retrouvés sur les champs de bataille comme cela. Ils ont défendu la République. Si on veut apprécier à sa juste valeur cette mesure d’amnistie, il faut pouvoir libérer tous les Ivoiriens. Mais nous pensons que la libération des prisonniers, n’est pas le seul gage de la réconciliation. On doit aller au-delà. Il reste encore 30 militaires et civils incarcérés jusqu’à ce jour. Il faut élargir cette mesure d’amnistie à ces militaires là pour qu’ils retrouvent leurs familles. Première chose. La seconde chose que nous réclamons vivement, c’est que les comptes ont été certes dégelés mais lorsque vous consultez votre compte, vous vous rendez compte que l’argent gardé n’est plus sur les comptes. A qui on s’adresse dans ce cas? Les plantations confisquées, les maisons encore occupées. Il ne s’agit pas seulement de libérer les prisonniers, il faut libérer totalement les plantations, les maisons occupées, etc.», lance-t-il. A ceux qui se satisfont du fait que Simone Gbagbo ait remercié le président de la République pour la libération des prisonniers politiques, l’ex-bras droit de Charles Blé Goudé fait savoir que le FPI n’a jamais été dans une posture de bélligérance. «Nous n’avons jamais été dans la belligérance. Nous n’avons jamais pris les armes. Nous avons toujours réclamé la discussion. Nous pensons qu’il est nécessaire au moment où nous sommes de nous asseoir et discuter», déclare-t-il.

Le cas des exilés

Mais pourquoi les exilés ne reviennent-ils pas au pays alorsqu’ils sont également pris en compte dans l’ordonnance d’amnistie signé par le président de la République? A cette question, le secretaire national du FPI a une réponse nette. «Si les exilés ne sont pas encore rentrés, c’est parce qu’ils ne sont pas encore totalement rassurés. Si tous les prisonniers sont dehors. Si les plantations et maisons sont libérées. Si les comptes dégelés sont effectifs, nous-mêmes, irons chercher nos parents pour les faire revenir. Nous n’avons pas intérêt à voir nos parents souffrir encore en exil. Que le Président soit beaucoup plus courageux pour aller au-delà pour qu’on ne parle plus de crise postélectorale. Il y aussi le cas des victimes de guerre. Il faut prendre en compte toutes les victimes de tous les camps et éviter de cibler les victimes», insiste-t-il.

”Il faut une CEI consensuelle”

Revenant sur la question de la Commission électorale indépendante (CEI), Agénor Youan Bi crie son indignation et dénonce l’illégatilité de cette structure, mais au délà il pose le probléme du découpage électoral. «On ne peut pas dire qu’on va discuter de le reforme de la CEI et les heures qui suivent, cette CEI demande aux candidats de venir déposer leurs dossiers. C’est une défiance. Nous récusons aussi le decoupage électoral et la liste électorale que nous recusons. Nous voulons une liste électorale consensuelle. Nous voulons un découpage consensuel. Quand nous le disons, cela ne veut pas dire que nous n’avons pas les hommes et les femmes pour gagner les élections. Non. Nous avons bel et bien les hommes et les femmes pour gagner les électiosn. Seulement, l’arbitre doit être impartial. Nous doutons de la CEI actuelle. Et nos doutes demeurent. On ne peut pas, après le discours du président de la République, permette à Youssouf Bakayoko de faire ce qu’il a fait. Ce n’est pas possible. Nous nous attendons légitimement à un report des élections de sorte que nous puissions nous asseoir pour discuter de la CEI car des élections, reviendra la paix en Côte d’Ivoire. Nous n’avons pas un problème personnel avec Youssouf Bakayoko. Seulement, il nous pose un problème moral. Son mandat est forclos. Il faut une CEI consensuelle. Il y a des Ivoiriens intègres qui sont encore là et qui sont capables de diriger la CEI», soutient-il. D’ailleurs pour se faire entendre sur l’ensemble de leurs revendications, le secretaire national du FPI exhorte tous les militants du parti à un rassemblement ce 15 Septembre 2018 à Anono. «La victoire et la liberté ne s’obtiennent pas comme cela. Le 15 septembre à Anono, nous organiseront un grand rassemblement pour faire le point de cette lutte. La Côte d’Ivoire a besoin de nous», dit-il.

”Le RHDP, c’est comme des gens qui ont braqué une boutique”

Sur la question d’une probable alliance entre le PDCI et le FPI, Agénor Youan Bi relativise car, pour lui, une alliance ne se fait pas à la hâte. «Une alliance ne se fait pas comme ça. Une alliance, ça se discute. Nous pensons que les jours à venir vont nous situer sur la question», déclare-t-il. Puis de railler l’alliance RHDP duquel vient de se rétirer le PDCI: «Le RHDP, c’est comme des gens qui ont braqué une boutique et qui ne s’entendent pas sur le partage du butin. C’est une alliance qui ne devrait pas durer», moque-t-il.

David YALA

 

linfodrome.com

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