02032023Headline:

Ahoua Don Mello communie avec tout le monde en cette nouvelle année

Peut être une image de 1 personne, position assise et intérieurMes chers compatriotes,
Camarades Africains.
Je voudrais, au début de cette nouvelle année, souhaiter mes vœux de réussite et de bonheur à tous les Ivoiriens et, au-delà, à tous les Africains avec qui nous partageons une fin d’année 2022 qui a été riche en évènements dans les rapports entre l’Afrique et ses partenaires extérieurs.
Au nombre de ces évènements, deux ont particulièrement attiré mon attention:

1. l’aide Américaine de 55 milliards USD à l’Afrique sur 3 ans
2. le rachat à 6.5 milliards d’Euros par MSC des actifs de Bolloré en Afrique :

• L’AIDE AMERICAINE
La première remarque est sur le montant : 55 milliards USD en 3 ans pour 55 pays, contre 100 milliards USD en 9 mois pour un seul pays : l’Ukraine.
Ce grand écart de l’offre américaine au continent africain qui fait face au terrorisme depuis des années, dû à l’intervention de l’OTAN en Libye, met en évidence le peu d’intérêt que suscite la mort de milliers d’innocents africains face à un ennemi aux mille visages bénéficiant de soutiens occultes.
Ce grand écart se constate également dans l’accueil chaleureux que reçoivent les émigrés ukrainiens fuyant l’insécurité sans comparaison aucune avec celui des émigrés africains fuyant leur continent pour la même raison.
Malgré ce grand écart, il convient pour les africains de négocier de meilleures conditions d’acceptation de cette offre qui intervient dans un contexte de guerre économique et militaire par procuration contre la Chine et la Russie, et on imagine bien l’épée de Damoclès qui pèsera sur ceux qui accepteront l’offre tout en continuant de coopérer étroitement avec ces deux pays. En conséquence, c’est à l’Afrique d’imposer sa neutralité en refusant toute condition d’alignement politique et un contenu local par le biais de partenaires locaux qui devront être les principaux bénéficiaires de cette offre américaine.
C’est cette logique du contenu local qui engendrera un partenariat gagnant-gagnant et permettra à l’Afrique de tirer profit de toutes les aides qui se multiplieront suite à la crise Ukrainienne afin de se passer un jour de l’aide extérieure.

• LE RACHAT DES ACTIFS DE BOLLORE PAR MSC
Il convient de rappeler que Bolloré opère sur le continent africain à travers des contrats de concession dont la finalité est le retour aux autorités concédantes, c’est-à-dire aux Etats Africains, des biens acquis dans le cadre de ces concessions. Ces contrats font obligation de former l’expertise Africaine nécessaire pour la prise en main de la gouvernance technique et financière lorsque l’Etat reprendra ses biens.
Or, tout se passe comme si les Etats Africains avaient mis en location leurs biens pour une durée déterminée et que sans avertir le propriétaire, le locataire, en l’occurrence Bolloré, se mettait à vendre les biens qu’il loue à l’approche de la fin du contrat de location.
A part le Cameroun qui a récupéré son terminal à conteneurs à la fin du contrat et qui voit son chiffre d’affaire augmenter d’une manière significative après la prise en main par l’expertise nationale, tous les autres Etats observent sans mot dire cette opération rocambolesque d’une valeur de 6.5 milliards d’Euros dont on ignore le contenu alors que les Etats Africains ont un droit de préemption.
Quel est le prix de ce silence ?
Autant de questions qui s’accumulent au moment de concrétiser l’achat du terminal ivoirien, en ce mois de Décembre 2022, veille des fêtes de fin d’année où la vigilance n’est plus vraiment au rendez-vous. Hasard du calendrier ou tactique de vente du bien d’autrui à son insu ?
A titre d’illustration, le contrat de concession du chemin de fer Abidjan-Niger a été signé en 1994 par la Côte d’Ivoire avec Bolloré pour une durée de 15 ans et prolongé à 30 ans sans justification ; le terminal à conteneurs du Port d’Abidjan (TC1) a été signé avec Bolloré en 2004 pour une durée de 30 ans, celui de Douala en 2015 pour une durée de 15 ans (ce dernier vient de retourner à l’Etat) et celui de la Guinée en 2011 pour 25 ans.
La reprise par les Etats de leurs biens concédés était le seul moyen de créer une société panafricaine commune d’acquisition, de maintenance et de production de pièces détachées de navire, train et avion-cargo pour la maîtrise de la chaîne logistique. C’était l’unique occasion pour aller résolument vers l’interconnexion des infrastructures de transport et de désenclaver et interconnecter le continent avec le reste du monde en toute souveraineté. N’oublions pas que c’est par la mer, le ciel et le chemin de fer que la domination du continent a eu lieu et se perpétue encore aujourd’hui. C’est donc par la domination de notre mer, de notre ciel et de notre chemin de fer que nous nous libérerons.
Car ce nouveau « mariage forcé » sans appel d’offre, à durée inconnue, compromet dangereusement la souveraineté du continent sur ses ports, cargos et chemins de fer à une période de guerre économique où les sanctions constituent des armes privilégiées. Heureusement que les peuples africains se réveillent pour le combat pour la souveraineté et que ce scandale n’aura certainement qu’une courte durée de vie.
Ce mécanisme de renouvellement perpétuel des contrats de concessions concerne tous les secteurs stratégiques de l’Etat : ports, aéroports, télécommunication, électricité, gaz, eau, matières premières, monnaie etc. avec pour conséquence la perte perpétuelle de toute souveraineté.
Ainsi il y a croissance sans impact sur le niveau de vie des électeurs qui seront chargés de rembourser la dette.
A titre d’exemple, l’interdiction de desservir le port d’Abidjan en 2011 a laissé l’Etat ivoirien impuissant à diversifier ses partenaires et cela a eu pour conséquence une grave pénurie de médicaments et d’autres produits essentiels ayant entraîné la mort de plusieurs malades dans les hôpitaux. Il en est de même de la fermeture des banques.
L’objectif de ces sanctions était de liquider un Etat souverain en construction au prix d’un massacre sans précédent dans l’histoire récente de la Côte d’Ivoire post indépendante.
Qu’en sera-t-il demain des relations commerciales avec la Russie et la Chine sans souveraineté sur nos navires, ports, cargos et chemins de fer ?
C’est pourquoi plus que l’aide sans contenu local qui gonfle la dette et compromet l’avenir, plus que des partenaires étrangers qui s’enrichissent sans contrepartie locale, l’Afrique a besoin de souveraineté pour briser le cercle vicieux des derniers liens coloniaux, de complexes d’infériorité et de préjugés qui en découlent.
Au moment où s’ouvre 2023, notre continent doit faire confiance à ses propres hommes et femmes d’affaires et ses propres experts et expertes pour transformer ses énormes richesses au profit de ses filles et fils à travers le libre choix de ses partenaires dans une logique d’un partenariat gagnant-gagnant.
L’espoir est permis et le meilleur est à venir.
Meilleurs vœux.

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