06212018Headline:

Algérie : Le blogueur Merzoug Touati condamné à dix ans de prison pour des raisons

Le blogueur algérien Merzoug Touati, poursuivi pour « intelligence avec une puissance étrangère », suite à la diffusion sur Internet d’un entretien avec un diplomate israélien, a été condamné jeudi à dix ans de prison ferme.

 

Le tribunal criminel de Béjaïa (à l’est d’Alger) a déclaré Merzoug Touati coupable d’avoir entretenu « avec les agents d’une puissance étrangère des intelligences de nature à nuire à la situation militaire ou diplomatique de l’Algérie ou à ses intérêts économiques essentiels », un crime passible de 20 ans de prison.

Le blogueur, âgé de 30 ans, a été condamné le jeudi 24 mai à dix ans de prison ferme. « Merzoug Touati est un blogueur qui n’a fait qu’exercer ses droits garantis par la Constitution. Il est libre de parler avec qui il veut et de dire ce qu’il veut », a déclaré Me Boubakeur Esseddik Hamaïli, l’un de ses avocats.

Le jeune diplômé universitaire au chômage avait été arrêté le 25 janvier 2017 suite à la parution d’une vidéo sur son blog Al Hogra, qui a été fermé par les autorités. Depuis, il est incarcéré à la prison d’El Khemis, à Béjaïa. Dans cette vidéo, il avait interrogé le porte-parole du ministère des Affaires étrangères israélien sur les relations entre l’État hébreu et les pays arabes.

Sur sa page Facebook – fermée elle aussi -, Merzoug Touati était également connu pour ses positions critiques à l’égard des élus locaux dont il dénonçait les pratiques de corruption et de mauvaise gouvernance.

Des chefs d’accusation écartés
Merzoug Touati, qui n’a obtenu que des emplois précaires depuis qu’il est diplômé de l’université, « n’a jamais occupé de poste à responsabilité lui donnant accès à des informations qu’il aurait pu communiquer » à une puissance étrangère, a souligné son avocat Me Boubakeur Esseddik Hamaïli. Ce dernier , qui avait plaidé l’acquittement, a indiqué qu’il allait s’entretenir dimanche 27 mai avec son client pour savoir si celui-ci décidait de faire appel.

La cour a en revanche écarté le chef d’accusation d’avoir « incité les citoyens ou habitants à s’armer contre l’autorité de l’État », passible de la peine de mort, et deux autres crime et délit d’atteinte à la sûreté de l’État dont était accusé le blogueur pour avoir posté un appel à manifester sur Facebook, selon un de ses avocats, Me Boubakeur Esseddik Hamaïli.

Dans ce procès, le Parquet avait requis la prison à perpétuité contre le blogueur.

 

 

imatin.net

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