09212020Headline:

Après l’annonce de sa canditure, Blé Goudé écrit à KKB

ble et kkb

APRÈS L’ANNONCE DE SA CANDIDATURE A L’ELECTION PRÉSIDENTIELLE DE 2015, BLÉ GOUDÉ ECRIT A KKB
Cher Ami, cher frère,
Après la visite fraternelle que tu as bien voulu me rendre au centre pénitentiaire de Schewengen, où je suis actuellement en détention préventive, j’ai appris la nouvelle de ta candidature aux prochaines élections présidentielles qui sont censées avoir lieu dans notre pays en 2015.
Cher frère, cher ami,
Cet acte qui t’ouvre définitivement les rideaux de l’antichambre politique est plus que symbolique car riche en enseignements.
D’une part, cette candidature exprime ton refus d’emprunter les sentiers battus pour, comme le fleuve, faire ton propre lit, confirmant que le maître peut certes aider à préparer le chemin de l’élève mais il ne peut faire le chemin à la place de l’élève. L’élève doit savoir choisir le bon moment pour s’assumer.
D’autre part, ta candidature est le signe annonciateur d’un divorce d’avec ce destin de génération perdue et sacrifiée que l’on tente à tort d’assigner à la nôtre.
Pour ce combat que tu mènes depuis près de trois (03) ans pour sortir notre peuple de la case ethnico-politique et régionale dans laquelle l’on tente de l’enfermer, pour ces actes difficiles et courageux que tu ne cesses de poser, démontrant ainsi que la Côte-d’Ivoire est un tout qui a besoin de tous, tu forces mon admiration.
Du fond ma cellule, je m’en voudrais de faire l’économie de ces lignes pour t’exprimer mes vives félicitations face à cette autre décision courageuse que tu viens de prendre.
Même si la politique ne se mesure pas uniquement à l’aune du courage, nul ne saurait ignorer et ne pas reconnaître à sa juste valeur les pas qualitatifs que tu poses dans le microcosme politique ivoirien, en particulier ces dernières années. Comment ne pas souligner par ailleurs que la pandémie du reniement et du nomadisme politique qui gangrène la classe politique ivoirienne n’a pu te contaminer ?
Mais, ces atouts ne doivent pas faire perdre de vue l’essentiel.
Cher ami et frère, ne l’oublie jamais, une élection présidentielle est la rencontre entre un peuple et une personnalité ; c’est surtout un projet, un contrat de confiance qu’on soumet à l’appréciation du peuple souverain sans lequel l’entreprise peut-être stérile. Fais donc en sorte de mériter la confiance de nos concitoyens qui ont soif de rassemblement, de paix et de réconciliation vraie. Ce n’est qu’à ce prix et seulement à ce prix que tu mériteras, en temps opportun, la confiance, le soutien et la bénédiction des ivoiriens, toutes tendances politiques confondues. Jeunes, vieux, femmes et hommes sauront s’en souvenir.
Sache, pour terminer, cher ami que le chemin que tu as décidé de faire sera long, empreint d’embûches et d’obstacles de tout genre. Mais s’il te plait, quand tu auras soif, marque le pas pour étancher ta soif. Jamais tu ne dois te laisser freiner par cette maladie qu’est le doute, cause de tout échec.
Que Dieu te garde.
Fait à La Haye, le 15 Décembre 2014

Ton ami Blé

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