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Attentat de Nice : après l’appel de deux condamnés, un second procès à venir

Chokri Chafroud et Mohamed Ghraieb, condamnés à dix-huit ans de réclusion criminelle au procès de l’attentat de Nice, ont fait appel du verdict, a annoncé le parquet national antiterroriste lundi, ouvrant la voie à un nouveau procès.

Les deux hommes condamnés à dix-huit années de réclusion criminelle au procès de l’attentat de Nice ont fait appel du verdict de la cour d’assises spéciale de Paris, a indiqué, lundi 26 décembre, à l’AFP, le parquet national antiterroriste (Pnat).

Au terme de plus de trois mois d’audience, Chokri Chafroud et Mohamed Ghraieb avaient été reconnus coupables, le 13 décembre, d’association de malfaiteurs terroriste pour leur implication dans l’attaque au camion-bélier, qui avait fait 86 morts et 450 blessés, le 14 juillet 2016, sur la Promenade des Anglais.

L’assaillant, Mohamed Lahouaiej Bouhlel, avait été tué par la police à l’issue de sa course meurtrière. Les six autres accusés, condamnés à des peines de deux à douze ans de prison, ont décidé de ne pas faire appel du verdict. “Seuls Chokri Chafroud et Mohamed Ghraieb ont interjeté appel de la décision rendue par la cour d’assises”, a indiqué le Pnat.

Au-delà des réquisitions du parquet
Aux termes d’un verdict globalement salué par les familles de victimes, leurs six coaccusés avaient été condamnés pour des infractions de droit commun à des peines allant de deux à douze ans de prison.

Suivant l’analyse du Pnat, la cour avait ainsi renoncé à retenir la qualification terroriste à l’encontre de Ramzi Arefa, un Niçois de 28 ans condamné à douze ans de réclusion pour avoir remis une arme à Lahouaiej Bouhlel mais qui ignorait, selon l’accusation, sa “radicalisation”.

En condamnant ces deux hommes à dix-huit années de réclusion, la cour était en revanche allée au-delà des réquisitions du parquet antiterroriste, qui avait réclamé quinze années de prison à leur encontre. “La gravité des faits commis par Mohamed Ghraieb et Chokri Chafroud est tout à fait exceptionnelle”, avait estimé la cour d’assises spéciale de Paris.

Dans ses motivations, elle avait relevé “une convergence idéologique” entre Mohamed Ghraieb, un Franco-Tunisien de 47 ans, et l’auteur de l’attentat et avait notamment pointé la somme de 2 000 euros qu’il lui avait remise la veille de l’attentat pour lui racheter une voiture.

Selon la cour, Mohamed Ghraieb “savait qu’en remettant cette somme en numéraire à une personne radicalisée, qui tenait également un discours de haine, soutenait les auteurs d’attentats et qui s’était donné les moyens logistiques d’un passage à l’acte violent, il contribuait à la préparation d’un acte terroriste”.

La cour avait par ailleurs fait de Chokri Chafroud, un ressortissant tunisien de 43 ans, “un véritable inspirateur de l’attentat non pas dans les mobiles religieux ou idéologiques de son action mais dans le choix de son mode opératoire”.

Elle s’était notamment fondée sur les messages échangés sur Facebook avec Mohamed Lahouaiej Bouhlel, où Chokri Chafroud suggérait à son ami d’utiliser “un camion comme arme de destruction”.

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