02052023Headline:

Au Burkina Faso, des supplétifs de l’armée accusés du massacre de 28 civils

Samedi, “suite à une attaque terroriste qu’aurait subie le quartier général des VDP de Nouna (…) des Dozos (chasseurs traditionnels) armés, identifiés par les victimes comme étant des VDP, ont conduit en guise de représailles des actions meurtrières”.

Selon le secrétaire général du CISC, Daouda Diallo, cette situation “mérite une attention particulière”, car “les groupes armés terroristes surfent sur ces types de dérives au sein des populations pour pouvoir assurer leur recrutement”.

Des cas d’exécutions extrajudiciaires sont de plus en plus signalés par les populations de plusieurs régions du Burkina, affirme le CISC.

Le 22 décembre, des VDP ont enlevé et exécuté des hommes à Marmisga (nord) tandis que le 18 décembre, d’autres VDP présumés ont enlevé et exécuté un père de famille et son fils à Kongoussi, dans la région du Centre-Nord.

Le 15 décembre, ce sont cinq personnes qui avaient été enlevées et tuées par des personnes identifiées comme étant des Dozos à Lorépeni, région du Sud-Ouest, selon le CISC.

Ces exactions rappellent celles commises il y a quatre ans, le 1er janvier 2019 à Yirgou, dans la région du Centre-Nord : l’assassinat d’un chef de l’ethnie mossi et de ses proches avait conduit à des représailles de membres d’un groupe d’autodéfense contre la communauté peule, faisant 49 morts selon un bilan officiel, plus de 200, selon des ONG.

En août dernier, le précédent pouvoir militaire avait vivement condamné et mis en garde contre des appels “à l’épuration ethnique” visant la minorité peule du pays : certains de ses membres ayant rejoint des groupes jihadistes, l’amalgame entre eux et les “terroristes” est régulièrement établi, ce qui attise les tensions entre communautés.

Les VDP reçoivent pour l’instant une formation civique et militaire de 14 jours avant d’être armés et dotés de moyens de communication. Ils paient un lourd tribut dans les attaques des jihadistes qui contrôlent 40 % du territoire burkinabè.

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