02022023Headline:

Au Kenya, la sécheresse décime éléphants, buffles et zèbres dans les parcs nationaux

Selon le ministre du Tourisme, Peninah Malonza, 205 éléphants, 512 gnous, 381 zèbres et 12 girafes étaient morts de la sécheresse entre février et octobre.

À Amboseli, un des deux parcs emblématiques du pays avec celui de Masai Mara, les puits s’assèchent, les pâturages se transforment en poussière. «J’ai vu il y a quelque temps un éléphant qui était à bout de forces, je lui ai donné à boire mais il était déjà trop tard. Il s’est écroulé peu de temps après », raconte Josphat Wangigi Kagai, affirmant que les zèbres et les antilopes sont les plus touchés.

«Cette sécheresse est terrible (…) car tout est en train de disparaître en ce moment: zèbres, gnous, girafes, et éléphants. Je n’ai jamais vu un si grand nombre d’animaux sauvages morts, assure Kelembu Ole Nkuren, le berger massaï qui a passé les 35 ans de sa vie à Amboseli. Avant la sécheresse, vous pouviez voir des troupeaux d’éléphants errer dans cette partie du parc, ils sont introuvables aujourd’hui», poursuit-il.

Dans une zone reculée du parc, des corps en décomposition de zèbres, buffles et antilopes s’étirent sur un sol aride. Des nuées de mouches se forment. «Le point d’eau le plus proche est à une trentaine de kilomètres, c’était trop loin pour eux», explique Josphat Wangigi Kagai.

Du foin et des puits contre l’hécatombe

À Amboseli, les rangers apportent tous les deux jours du foin aux animaux. Tony KARUMBA / AFP
Selon Norah Njiraini, membre depuis 1985 du Amboseli Trust for Elephants, organisation qui étudie les pachydermes dans le parc, plus de 100 éléphants sont morts – sur un total de 2000 – depuis juin dans le parc d’Amboseli.

La période actuelle lui rappelle un autre épisode de sécheresse, en 2009, particulièrement meurtrier pour les éléphants. Faute d’anticipation, cet épisode avait été «pire qu’aujourd’hui» pour les animaux, selon elle.

«En 2009, nous avons perdu des femelles adultes (…), et cette année est différente car nous perdons les plus jeunes», s’inquiète-t-elle. Cette année, les services de protection de la nature et le personnel des parcs s’emploient à tenter de limiter les conséquences de cette sécheresse. À Amboseli, les rangers apportent tous les deux jours du foin aux animaux.

Dans le parc national de Tsavo Est, à environ 140 km au nord, le KWS a foré des puits pour faire remonter de l’eau à la surface et permettre aux animaux de s’abreuver. Cinquante-quatre éléphants y sont morts malgré tout entre février et octobre.

«Selon les prévisions météorologiques, les précipitations pour cette saison des pluies (d’octobre à décembre) ne devraient pas être suffisantes», souligne Kenneth Ochieng, le directeur du parc, malgré quelques averses récentes.

Malgré un horizon sec, il veut rester «optimiste» et croit que l’action menée portera ses fruits : «Les problèmes que nous avons sont causés par l’homme (le réchauffement climatique, NDLR) et la solution vient aussi de l’homme».

Comments

comments

What Next?

Recent Articles