08182017Headline:

Avant la reprise du procès de Gbagbo, Suspendu pour des questions budgétaires ce que dit le porte-parole de la CPI

Côte d’Ivoire: Avant la reprise du procès de Gbagbo et Blé Goudé, échanges avec le porte-parole de la CPI

Suspendu pour des questions budgétaires, le procès conjoint de  Laurent Gbagbo et Charles blé Goudé reprendra le lundi 06 février prochain.

A quelques jours de la reprise, le porte-parole de la Cour Pénale Internationale (CPI) Fadi El Abdallah a décidé de répondre à quelques préoccupations, notamment la récente nomination des ex rebelles au plus hautes responsabilités militaires du pays, la question budgétaire , et le déroulement du procès.

Ci-dessous l’intégralité de l’interview…

KOACI. : Des ex rebelles qui selon des rapports seraient impliqués dans les crimes commis dans la crise post-electorale 2011 et dont la CPI a toujours évoqué qu’elle allait émettre des mandats d’arrêts à leur encontre, viennent d’être promus à la haute hiérarchie militaire en Côte d’Ivoire par le chef de l’Etat Alassane Ouattara. Quels commentaires fait la  CPI de ces nominations ? Et quelle est la suite pour les enquêtes de la  CPI sur la Côte d’Ivoire?

Fadi El Abdallah : A ce jour, la Cour a émis trois mandats d’arrêt dans le cadre de la situation en Côte d’Ivoire. Il s’agit des mandats à l’encontre de Laurent Gbagbo, Charles  Blé Goudé et de Simone Gbagbo. Concernant Simone Gbagbo, les autorités ivoiriennes ont contesté la recevabilité de l’affaire mais la Cour a confirmé en mai 2015 sa recevabilité. Le mandat d’arrêt demeure donc valide et exécutoire. Le Bureau du Procureur de la CPI poursuit ses enquêtes de façon impartiale sur tous les crimes commis en particulier lors des violences post-électorales entre novembre 2010 et avril/mai 2011, quels que soient les auteurs potentiels et leurs affiliations. La politique adoptée par le Procureur est de se concentrer sur les principaux responsables des crimes les plus graves. Dès que le Bureau aura récolté suffisamment d’éléments de preuve pour demander l’émission de nouveaux mandats d’arrêt, il le fera. On notera que la  CPI ne se substitue pas aux systèmes nationaux de justice pénale ; elle en est le complément. Les États gardent la responsabilité première pour juger les auteurs des crimes les plus graves. Il est important de rappeler que, alors même que la justice doit être rendue de manière transparente, les activités d’enquêtes en cours doivent quant à elles rester confidentielles : le Bureau du Procureur ne se prononcera donc pas sur les spéculations des uns ou des autres, ni sur les résultats possibles des enquêtes, ni sur des éventuels mandats d’arrêt.

KOACI. : Vous avez suspendu le procès de  Laurent Gbagbo et Charles  Blé Goudé pour faute de question budgétaire et devait reprendre le 06 février prochain ? Quelle est aujourd’hui la situation financière de la  CPI à quelques jours de la reprise ?

Fadi : Concernant le calendrier des audiences, il s’agit de la question de l’utilisation simultanée des différentes salles d’audiences de la Cour, puisqu’il y a en cours plusieurs procès actuellement alors que seulement deux salles sont disponibles. L’organisation du calendrier des audiences est décidée par les Chambres en fonction des différentes circonstances et conditions logistiques, y compris la disponibilité des salles d’audience et le bon déroulement des différentes procédures en cours. Il est à noter de toute façon qu’une période d’interruption aurait été nécessaire puisqu’il y avait les vacances judiciaires et le besoin des différentes parties pour se préparer pour les prochaines audiences.

KOACI Les partisans de  Laurent Gbagbo annonce une manifestation à la  CPI le jour de la reprise. Nous apprenons que vous interdisez qu’ils manifestent aux alentours du tribunal peut-on en savoir les raisons ?

Fadi : Finalement, il relève du pouvoir des autorités des Pays-Bas, et non de la CPI, de donner les autorisations pour les manifestations.

KOACI. : Ne pensez-vous pas aussi que vous faites la part belle à l’accusation avec un trop nombre de témoins, ce qui fait croire à l’opinion ivoirienne que nous sommes partis pour un procès qui prendra assez de temps que prévu.

Fadi : Il faut noter également que le nombre des témoins, de l’Accusation ou de la Défense, est présenté par les parties aux Juges qui décident finalement en fonction des besoins de chaque affaire, du nombre des charges et des questions qu’elles soulèvent. Les juges sont les garants des droits de la Défense, y compris le temps nécessaire pour les préparations de la Défense et que le procès ne souffre d’aucun retard non justifié.

KOACI. : Vous refusez toujours la liberté provisoire à l’ex chef d’Etat ivoirien. Pouvez-vous nous dire si les raisons que vous évoquiez avant pour prendre cette décision tiennent toujours?

Fadi: La question de la liberté provisoire a déjà été tranchée par les juges. Il reviendra à la Défense de soulever la question à nouveau si besoin, et les juges en décideront le cas échéant.

Interview réalisée depuis Abidjan par Donatien Kautcha

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