10212020Headline:

Banny: s’est lâché à Divo Je refuse que le Pdci soit exclu aux élections de 2015

 

bany ado

L’ex-président de la Commission dialogue, vérité et réconciliation (Cdvr), Charles Konan Banny, est passé à l’offensive.

Le samedi 20 décembre 2014, il était à Divo, sa ville natale, pour annoncer, à ses parents, son intention de briguer le poste de président de la République de Côte d’Ivoire aux élections présidentielles de 2015. Il a été incisif. Il a critiqué la décision du président du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (Pdci), Henri Konan Bédié, d’aller à un congrès extraordinaire en vue d’obtenir de ses militants, le soutien à la candidature unique du chef de l’État, Alassane Ouattara, en 2015. « J’ai demandé à ce parti que je voulais compétir pour les élections présidentielles. J’ai agi comme un militant doit agir. J’attends et je souhaite que mon parti prenne en considération ma candidature. Je ne vois rien en ma candidature qui peut amener mon parti à la rejeter. Je ne peux pas accepter que le Pdci ne soit pas présent aux élections présidentielles de 2015 », a déclaré Charles Konan Banny, en présence de la chefferie traditionnelle de Divo.

Les jeunes et les femmes, qui ont effectué nombreux le déplacement au centre culturel de Bada, ont décidé de soutenir son ambition. « Je suis venu vous dire que je suis engagé, en tant qu’Ivoirien et en tant que membre du parti de Félix Houphouët-Boigny. Le Pdci originel où tout le monde était rassemblé. Je suis du Pdci qui fait l’effort de rassembler tous les Ivoiriens. Il a une façon de gérer les hommes. Elle est faite de dialogue et d’écoute. Si chacun se réfugie dans sa tour et n’écoute pas, voici le danger ! », a indiqué M. Banny, faisant allusion à la gestion du Pdci par Henri Konan Bédié.

Il a revendiqué son appartenance au vieux parti, soulignant une « légitimité historique, un engagement militant » au Pdci. « Oui, c’est vrai. Je ne fais pas de l’agitation mais j’ai toujours été présent », a-t- il dit. Il a préconisé « le respect des autres » et soutenu que « la tentation d’asservissement, créer l’insécurité autour des hommes n’a jamais été source de cohésion. Il faut que nous nous ressaisissions. Le pays est encore fragile, nous devons préserver les acquis ». Pour lui, « ce qui se passe (au Pdci et pour la réconciliation entre les Ivoiriens) ressemble à un chef d’œuvre en péril. Il est de notre devoir d’aller à la restauration de ce chef d’œuvre. Ce sont les anciens qui doivent montrer le chemin. Comment peuvent-ils regarder, sans mot dire et laisser ce chef d’œuvre aller en péril. Je voudrais les interpeller, ici et maintenant, affectueusement, mais fermement. Je leur demande de se mettre debout ». Et de justifier son choix d’être candidat aux élections de 2015 : « Vous me connaissez, je ne suis pas un violent, je suis responsable. Je ne suis pas un aventurier. Si je vous interpelle, c’est que l’heure est grave. L’instabilité en Côte d’Ivoire passe par l’instabilité dans les partis politiques, dans le Pdci comme dans le Fpi (Front populaire ivoirien). Cinquante ans après les indépendances, nous ne pouvons pas entrer dans l’histoire à reculons. Nous ne devons pas avoir peur de la démocratie faite de liberté, de débats, du respect de l’opinion des uns et des autres. C’est cela qui fait les grands pays. A l’inverse, les menaces, les violences verbales ou physiques, la guerre n’a jamais été un facteur de progrès », a martelé M. Banny.

Appel à la coalition

Charles Konan Banny a appelé, avec des mots à peine voilés, les autres candidats déclarés issus de son parti, à savoir le député de Port-Bouët, Kouadio Konan Bertin dit Kkb, Kablan Brou et Essy Amara, à l’union. « Je m’adresse à Essy Amara. Tu sais bien que nous ne sommes pas adversaires. Kablan Brou, tu sais que nous ne sommes pas des adversaires. Mon jeune fils, dont je loue le courage, nous ne sommes pas adversaires. Que personne ne croit cela. Nous trouverons le moyen de nous retrouver parce que nous sommes attachés aux valeurs de félix Houphouët-Boigny. L’essentiel nous réunira », a déclaré l’ex-Premier ministre, soutenant qu’il n’a rien à voir avec les crises successives qui ont secoué le pays. « Le Pdci, ce sont des valeurs, une histoire. Tout doit pouvoir se résoudre. Que les Ivoiriens se remettent ensemble, soient là ensemble. C’est pourquoi, j’ai accepté la mission. Elle ne sera pas terminée tant que tous les Ivoiriens ne se remettront pas ensemble », a indiqué M. Banny.

Parlant des arrestations et des détenus politiques, Charles Konan Banny a souhaité que les Ivoiriens lui fassent confiance pour que comme Houphouët-Boigny, il puisse faire la réconciliation. Il a rappelé la condamnation à mort de son frère aîné Jean Konan Banny et l’aveu du premier président de la Côte d’Ivoire d’avoir été trompé. « Félix Houphouët-Boigny, à lui seul, a fait la réconciliation. Voilà le chemin qu’il a montré. Il y a des moments où vous n’avez pas toute la décision. Je veux marcher avec vous pour avoir la décision, pour que tous les Ivoiriens se retrouvent », a-t-il déclaré, soutenant qu’il est convaincu que ses parents et les militants du Pdci de Divo l’accompagneront dans ce « combat ».

Au nom de la jeunesse de Divo, Aubin Aguéhi, a exprimé son soutien à Charles Konan Banny. « Indiquez le chemin à suivre », a-t-il dit. Pour sa part Elisabeth Béhi, au nom des femmes, a affirmé : « Au moment où les élections de 2015 s’annoncent, nous, vaillantes femmes de Divo, (…) tes mamans, t’ont porté, te portent et te porteront à bout de bras sur cette voie que tu as choisie. Ne recule point. Nous sommes avec toi de jour comme de nuit. Nous sommes et nous serons avec toi sous la pluie comme sous le soleil. Quand l’adversaire se dressera devant toi, souviens-toi que nous sommes là, que tu as notre bénédiction. Rassure-toi que nos ancêtres te soutiennent toujours et sans relâche ».

Hervé KPODION

Soir Info

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