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Bassam/Attaques terroristes /Ce que dit le Pr. Francis Akindès: ” On fait semblant de surveiller- Le dispositif a faibli”

grogne des frci et nego

Attaques terroristes de Grand-Bassam/ Pr. Francis Akindès: « On fait semblant de surveiller »

« Le dispositif a faibli

Est-ce que la Côte d’Ivoire s’attendait à cela ?

On s’y attendait, après ce qui s’est passé au Mali, et ensuite au Burkina Faso, on se rendait bien compte que le phénomène s’approchait de la Côte d’Ivoire.

Et si la Côte d’Ivoire s’y attendait quelque peu, est-ce qu’elle était préparée à cela ?

Est-ce qu’on les avait vraiment suffisamment préparés à affronter des situations comme celle-là ? Nous n’avons pas le dispositif que les pays occidentaux ont. Même malgré leurs dispositifs, les Occidentaux n’arrivent pas à anticiper, à gérer ce type de situation, à plus forte raison nous.

Est-ce que le pays a été surpris ?

Plus on s’éloigne d’Abidjan, moins on fait attention. Il me semble que le ministère de l’Intérieur, la Défense, s’organisaient pour riposter à d’éventuelles attaques, mais j’ai l’impression qu’ils n’avaient pas imaginé que ça arriverait par une porte par laquelle on s’attend le moins. À Abidjan, les hôtels ont pris des dispositions. Mais justement, ceux qui préparent ce genre d’attaques, prennent le temps de l’observation. Ils recherchent des failles du système, ils ont dû se rendre compte que les hôtels qui ne sont pas loin d’Abidjan, notamment sur la plage de Bassam, ne prennent pas de dispositions. Les dispositions sont plutôt prises à la capitale, dans les grandes surfaces, dans les centres commerciaux, les lieux de rassemblement à Abidjan. Et ils ont frappé là où ça pouvait faire mal. Ils sont sûrs de faire parler d’eux. Je viens d’apprendre que cela a été revendiqué par Aqmi (Al Qaïda au Maghreb islamique) et ils ont frappé là où ça paraît faible. En tout cas, pour être bien vu, ça été bien vu de leur part.

Mais est-ce que les autorités ne peuvent pas penser à ces endroits qui sont aussi très fréquentés, et mais qui ne sont pas dans la capitale ou dans les principales grandes villes ?

On n’a pas dans notre pays, cette culture de prévention des attaques. C’est vrai qu’on a connu un conflit armé, mais on perd très rapidement les réflexes de sécurité en dehors des grands moments où des crises sont annoncées. Il y a quelques semaines, tout le monde était sur le qui-vive, et j’ai vu progressivement comment, même dans les grandes surfaces, le dispositif a faibli. On fait semblant de surveiller. C’est progressivement que nous allons acquérir cette culture de sécurité, et ces réflexes qui consistent à bien surveiller les espaces.

D’après vous, est-ce que ceux qui ont opéré seraient venus de l’extérieur ou ce sont des gens qu’on a dû contacter sur place ?

On ne sait pas encore. Le gouvernement parle de neutralisation des djihadistes. On n’a pas encore d’information sur leur identité réelle. S’ils viennent de l’extérieur, ça pose le problème de nos frontières, et si ça vient de l’intérieur, ça pose également la question des connections entre ce mouvement qui est dans un pays voisin, et puis les dynamiques que ce mouvement a pu exploiter pour opérer comme il a opéré.

Retranscrit par Hervé KPODION

 linfodrome.com,

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