02032023Headline:

Benjamin Netanyahu de retour à la tête du gouvernement le plus à droite de l’histoire d’Israël

Des centaines de personnes, dont plusieurs arborant le drapeau arc-en-ciel, manifestaient, jeudi, devant le Parlement contre le nouveau gouvernement.

Il s’agit d'”un rêve pour les partenaires de Netanyahu mais d’un cauchemar pour ses adversaires”, souligne Yohanan Plesner, directeur de l’Institut démocratique d’Israël (IDI).

La procureure générale, Gali Baharav-Miara, a récemment dit craindre des réformes réduisant le pouvoir des juges et d’une “politisation des forces de l’ordre” qui “porterait un coup sérieux aux principes les plus fondamentaux de l’État de droit”.

Et le chef d’état-major de l’armée Aviv Kochavi s’est dit inquiet de la création d’un second poste de ministre, celui de Bezalel Smotrich, au sein même de la Défense pour superviser la gestion civile de la Cisjordanie.

Pour de nombreux analystes, Benjamin Netanyahu a multiplié les concessions à ses partenaires dans l’espoir d’obtenir une immunité judiciaire ou l’annulation de son procès pour corruption.

“Ce gouvernement est l’addition de la faiblesse politique de Netanyahu, compte tenu de son âge et de son procès, et du fait qu’on a une nouvelle famille politique, liée à la droite révolutionnaire, que l’on n’avait jamais vue avec cette force en Israël”, explique à l’AFP Denis Charbit, professeur de sciences politiques à l’Open University d’Israël.

Bezalel Smotrich et Itamar Ben Gvir, qui souhaitent avant tout renforcer la colonisation en Cisjordanie, territoire palestinien où vivent déjà plus de 475 000 colons juifs, “ont une très forte soif de pouvoir et ils savent que ce qu’ils n’obtiennent pas d’ici trois mois, six mois, voire deux ans, n’aura pas lieu”, ajoute Denis Charbit.

Vers une escalade de tensions ?

Dans la foulée de la dernière guerre Hamas/Israël à Gaza en mai 2021 et des violences récentes en Cisjordanie, les plus graves depuis la fin de la Seconde intifada (2000 à 2005), la crainte d’une escalade militaire avec les Palestiniens est bien présente.

“Il y a de nombreuses lignes rouges : Al-Aqsa, l’annexion [de la Cisjordanie], le statut des prisonniers palestiniens (en Israël) … Si Ben Gvir, à titre de ministre se rend à Al-Aqsa, ce sera une grande ligne rouge de franchie et cela mènera à une explosion”, confie à l’AFP Basem Naim, haut responsable politique du Hamas.

Itamar Ben Gvir s’est déjà rendu ces derniers mois sur l’esplanade des Mosquées (mont du Temple pour les juifs), lieu saint au cœur des tensions israélo-palestiniennes à Jérusalem-Est.

En vertu d’un statu quo historique, les non-musulmans peuvent s’y rendre mais pas y prier, mais la visite d’un ministre israélien en fonction sur ce site serait perçu comme de la provocation parmi les Palestiniens. “Si le gouvernement agit de manière irresponsable, cela pourrait provoquer une crise sur le plan de la sécurité”, s’est inquiété le ministre sortant de la Défense, Benny Gantz

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