05252024Headline:

Birmanie: le Conseil de sécurité de l’ONU demande la libération d’Aung San Suu Kyi

Il aura fallu presque deux ans après le coup d’État militaire en février 2021 pour que le Conseil de sécurité vote une résolution sur la situation en Birmanie et demande la libération d’Aung San Suu Kyi. Le dossier birman est porté par le Royaume-Uni à l’ONU, mais les menaces chinoises et russes de veto n’avaient empêché de faire voter une résolution du Conseil, texte qui a le plus de poids aux Nations unies.

Jusqu’ici, les quinze membres du Conseil de sécurité de l’ONU se contentaient de déclarations formelles qui fragilisaient leur message. Ils montrent finalement une unité ferme vis-à-vis de la junte birmane avec cette résolution.

Le Conseil de sécurité n’a pas tergiversé cette fois : il réclame la fin des violences, le respect des droits humains, la libération de tous les prisonniers politiques, dont l’ancienne dirigeante Aung San Suu Kyi et le président Win Myint.

La Chine et la Russie n’ont fait que s’abstenir, permettant ainsi la validation du texte. L’Inde, autre pays voisin de la Birmanie, s’est abstenue également. C’est le fruit d’un travail de longue haleine et de patience de la part des diplomates de Grande-Bretagne. Mais la résolution a surtout été réclamée par les pays asiatiques membres de l’Asean, l’Association des nations de l’Asie du Sud-est, à en croire l’ambassadrice britannique Barbara Woodward.

« Ce qui a changé ? La situation en Birmanie est devenue de pire en pire. Les meurtres arbitraires, les bombardements aériens, les abus des droits de l’homme. Il devient de plus en plus clair pour le reste du monde que cela a un effet déstabilisateur sur la région. Et c’est pourquoi on voit une réponse de plus en plus forte de la part de l’Asean. Et les conclusions du sommet de l’Asean, qui a demandé au Conseil de sécurité de l’ONU d’agir, ont eu un impact décisif », a-t-elle déclaré.

Le Conseil a ainsi réaffirmé son soutien à l’Asean et à son plan de consensus en 5 points. Il demande aussi au Secrétaire général de l’ONU ou à son envoyée de réaliser un rapport d’ici au 15 mars 2023. C’est enfin la première résolution sur la Birmanie adoptée par le Conseil depuis 1948.

Par ailleurs, le Cambodge a annoncé qu’une réunion « informelle » se tiendra à Bangkok jeudi pour tenter de résoudre la crise en présence de l’émissaire régional de l’Asean et du ministre des Affaires étrangères de la junte birmane.

 

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