02052023Headline:

Burkina Faso : la coordonnatrice de l’ONU “priée par les autorités” de quitter le pays

Barbara Manzi, coordonnatrice de l’ONU au Burkina Faso, est considérée comme “persona non grata” par les autorités burkinabè. Dans un communqiué du 23 décembre, Ouagadougou lui a demandé de quitter le pays dans les plus brefs délais.
“Madame Barbara Manzi, coordinatrice résidente du système des Nations Unies est déclarée “persona non grata” sur le territoire du Burkina Faso”. Dans un coommuniqué, le ministère des Affaires étrangères du Burkina Faso annonce que la coordonnatrice de l’ONU, Barbara Manzi, est “priée de quitter le Burkina Faso aujourd’hui même 23 décembre 2022”.

Cette expulsion intervient quelques jours après celle de deux Français qui travaillaient pour une société burkinabè. Ils étaient soupçonnés par les autorités locales d’être des espions.

Plusieurs reproches formulés par Ouagadougou
Selon une source diplomatique, l’expulsion de Barbara Manzi est justifiée par le fait qu’elle aurait récemment “demandé et obtenu le retrait du personnel non essentiel du système (des Nations unies) du Burkina”.

Une autre source diplomatique a de son côté indiqué qu’une “longue liste de récriminations” ont conduit “la diplomatie burkinabè à prendre ses responsabilités”. Il est aussi reproché à Barbara Manzi une “tentative d’influence négative” et de “s’immiscer dans les affaires politiques du Burkina”.

Sur la Radiodiffusion Télévision du Burkina (RTB), la ministre des Affaires étrangères, Olivia Rouamba, affirme le jour-même que Barbara Manzi “prédisait le chaos au Burkina Faso dans les prochains mois”. Elle aurait ” décidé unilatéralement l’évacuation des familles de diplomates à Ouagadougou” à cause du contexte sécuritaire qu’elle jugeait “préocuppant”. Or, “aucun indicateur montre que Ouagadougou est invivable, poursuit la ministre. C’est jeter le discrédit, ternir l’image du pays et décourager les potentiels investisseurs. C’est inconcevable et nous devons prendre nos responsabilités.”

Elle a toutefois souhaité faire la différence entre “la personne de Mme Manzi et l’ONU”, avec laquelle le Burkina “garde toujours une très bonne coopération.”
Un pays en proie aux troubles sécuritaires

Barbara Manzi occupait le poste depuis août 2021. Elle avait présenté ses lettres de créances à l’ancien président Roch Marc Christian Kaboré, renversé en janvier 2022 par un pustch militaire. Le Burkina Faso est dirigé depuis fin septembre par le capitaine Ibrahim Traoré, auteur d’un coup d’État militaire.

Son Premier ministre, Apollinaire Kyélem de Tembela, avait souhaité mi-novembre “diversifier les relations de partenariat jusqu’à trouver la bonne formule pour les intérêts du Burkina Faso”. La question d’un éventuel rapprochement avec la Russie se pose notamment depuis le coup d’État. Le Premier ministre avait également affirmé que “certains partenaires” n’avaient “pas toujours été loyaux”, sans citer de pays.

En juillet, le Mali, pays voisin du Burkina, également pris dans une grave crise sécuritaire, avait expulsé Olivier Salgado, le porte-parole de la Mission des Nations unies au Mali (Minusma), pour avoir publié, selon la junte au pouvoir, des “informations inacceptables” au lendemain de l’arrestation de 49 soldats ivoiriens à Bamako.

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