08182018Headline:

Ceci/Affaire: Gervais Coulibaly a expliqué les autres étapes de la révision de la liste électorale (Rle).

Gervais Coulibaly a expliqué les autres étapes de la Revision de la liste électorale (Rle).
Le deuxième Vice-président de la Commission électorale indépendante (Cei) chargé de la Révision de la liste électorale (Rle), Gervais Coulibaly, dévoile les étapes qui restent avant la distribution des cartes d’électeur. Il répond aussi au député-maire de Fresco, issu du Rassemblement des républicains (Rdr), le pro-Soro, Alain Lobognon.

Après l’annonce de la publication de la liste électorale provisoire, quelle est la prochaine étape ?

Gervais Coulibaly : Après avoir publié la liste électorale provisoire, nous allons passer maintenant au contentieux. Les populations sont invitées à aller regarder leur inscription sur la liste électorale. Et, cette fois-ci, faut-il le préciser, il s’agit de tous les électeurs : ceux qui figuraient avant sur la liste électorale ou ceux qui viennent d’y arriver. Tout le monde doit sortir, aller à son lieu de vote pour vérifier son inscription. Ensuite, nous allons ouvrir la période du contentieux.

Quand sera affichée la liste électorale provisoire ?

La liste est affichée actuellement de façon progressive, parce que nous ne pouvons pas être partout sur le territoire national au même moment. Chacun peut donc aller sur son lieu de vote, à partir de la semaine prochaine.

Cela va durer combien de temps ?

La liste reste affichée jusqu’à la fin du processus électoral. Quand nous l’affichons, nous ne la retirons plus sauf si elle déchirée par des vandales. En ce moment, nous invitons les populations à aller sur notre site où elles pourront vérifier leurs inscriptions. Elles ont donc deux possibilités pour vérifier leur inscription : soit aller sur le site internet de la Cei (www.cei-ci.org) pour voir leur inscription, soit se rendre dans les lieux de vote.

Quand commence la phase du contentieux ?

Quand nous affichons, nous commençons les réclamations sur la liste électorale -c’est cela le contentieux- à partir du 25 juillet jusqu’au 31 juillet 2018. Nous allons recevoir toutes les réclamations qui peuvent être faites. Il s’agit d’aller voir sur la liste électorale, et faire une réclamation qui peut vous concerner vous-même ou quelqu’un d’autre que vous trouvez sur la liste électorale. Vous regardez sur la liste électorale votre inscription, mais vous regardez aussi celle des autres. Si vous y trouvez quelqu’un qui ne remplit pas les conditions, vous pouvez faire une réclamation en apportant les preuves de ce que vous reprochez à la personne, à la Commission électorale locale dont dépend le lieu de vote. Et, on va vous remettre une fiche de réclamation, vous la remplissez, vous photocopiez la preuve que vous joignez à votre réclamation, et vous la déposez.

Quid des personnes qui veulent faire des réclamations qui concernent elles-mêmes?

En ce qui vous concerne vous-même, si vous vous rendez compte qu’on a fait une erreur sur votre date de naissance par exemple, vous faites la réclamation.

Mais si l’erreur est déjà sur votre pièce d’identité, ce n’est pas la peine d’en faire. On ne pourra pas la corriger puisqu’il faut donner une preuve qu’il y a une erreur, soit sur votre date de naissance, votre nom ou le nom de vos parents, leur date de naissance, ou le lieu de vote même que vous avez choisi. Si vous avez les preuves que c’est ce que vous avez fait, et que malheureusement il y a une erreur matérielle, vous faites la réclamation en apportant la preuve qu’il y a une erreur, et que cette erreur est imputable à la Cei.

Qu’encourent ceux qui vont faire les fausses dénonciations ?

Le code pénal est clair là-dessus : vous subissez la rigueur de la loi. Si quelqu’un va faire une fausse déclaration, elle sera poursuivie, soit par la personne contre qui, elle l’a faite, soit par nous-même (la Cei, Ndlr).

Que va-t-il se passer après les réclamations ?

Nous afficherons ces réclamations pour permettre aux personnes qui ont été mises en cause, de venir s’en rendre compte et de faire des observations sur cette réclamation. Nous ouvrons donc la période d’observations des réclamations, à partir du 2 août 2018. Nous affichons les réclamations les 1er et 2 août, et à partir du 2 août, nous recevons les observations. Si quelqu’un vient dire qu’untel n’est par exemple pas majeur, et qu’il figure sur la liste, le concerné vient faire une observation. C’est-à-dire qu’il vient avec ses pièces, remplit une fiche en apportant la preuve contraire de ce qui a été dit contre. A l’issue de cela, du 7 août au 13 août 2018, nos commissions locales électorales vont siéger pour statuer sur les réclamations et les observations, et voir qu’est-ce qu’il faut faire, et prendre des décisions. A l’issue de ces délibérations, elles vont afficher leurs décisions, le 14 août.

Dès lors, qu’allez-vous faire ?

Quand les commissions locales affichent les décisions, nous à la Cei, nous les récupérons et les intégrons dans la liste électorale provisoire. Je signale qu’au moment où nous faisons les réclamations, vous pouvez venir pour demander la radiation de quelqu’un. C’est ce que nous souhaitons. Nous exhortons les électeurs à venir demander qu’on radie leurs parents décédés, pour alléger la liste électorale. Si vous ne venez pas réclamer la radiation, la personne continuera à figurer, et nous serons les mêmes à nous plaindre que la liste est pleine des noms des personnes décédées. La période de réclamation sert aussi à cela.

Et après cette période ?

Après cette période, on ne peut plus radier. Donc, nous allons prendre en compte toutes les décisions qui ont été prises parce que si vous ne nous donnez pas une preuve, et que vous venez simplement nous dire que telle personne est décédée, il faut la radier, quand nous siégeons, nous ne prenons pas en compte votre réclamation. Nous préférons ne pas radier cette personne si nous n’avons pas de preuves. Donc, les décisions qui seront prises seront intégrées dans la liste électorale provisoire. Avant, nous allons radier les personnes qu’il faut, corriger les erreurs, avant de sortir la liste électorale définitive. La liste électorale définitive sera produite, du 30 août au 12 septembre 2018, ce qui va marquer la fin de la procédure de Révision de la liste électorale (Rle).

Quand est-ce que la distribution des cartes d’électeur aura lieu?

Elle commence à ce moment-là (à partir du 12 septembre 2018) jusqu’à 15 jours du futur scrutin (les municipales et régionales dont la date a été fixée, hier mercredi, au 13 octobre 2018).

Faut-il combien de temps entre la distribution des cartes d’électeur et les élections prochaines?

C’est un minimum. Si on nous fixe la date des élections, il faut 15 jours avant que vous ayez arrêté. Mais vous pouvez distribuer les cartes à fin septembre, et faire les élections en décembre. Ce n’est pas cela qui importe. C’est un minimum qu’il faut avoir.

Que répondez-vous au député-maire de Fresco, Alain Lobognon, qui a fait un post, lundi dernier, sur sa page facebook, dans lequel, il a demandé où sont passés les 150 645 qui manquent aux 428 233 nouveaux électeurs que vous avez annoncés dans un premier temps, le 26 juin 2018?

Je voudrais remercier le député-maire de Fresco. Et, je sais qu’il n’a pas dit cela parce qu’il ne sait pas ce qu’ils sont devenus. Il l’a dit par souci pédagogique parce que c’est quelqu’un qui a travaillé en 2010 à la conception de la liste électorale qui fait l’objet de modifications maintenant. Donc, il le sait. C’est par souci pédagogique, je connais bien la personne. Il pose cette question pour que nous expliquions aux gens. Je l’en remercie pour cela.

Qu’est-ce qui explique cet écart ?

Nous avons dit clairement qu’à l’issue de l’enrôlement, donc de la collecte des informations, nous avons un ensemble d’informations qui nous viennent. C’est une masse brute. Nous avons donné le chiffre de la masse brute. Nous avons dit qu’un nombre de personnes sont passées à nos guichets. Parmi celles-là, il y avait tel nombre de personnes qui se sont présentées en disant qu’elles figuraient sur la liste électorale, et tel autre nombre venait pour la première fois. Ce sont des chiffres bruts. Maintenant, une fois que cela est dit, nous les prenons et nous allons dans notre site, pour aller élaguer tout ce qui est bien et tout ce qui n’est pas bien. On travaille ces chiffres bruts, en enlevant les doublons. Parce qu’il y a des gens qui se sont fait enrôler plusieurs fois. Il y a aussi des personnes qui sont de la catégorie 1, et qui viennent se faire enrôler comme si elles venaient pour la première fois, alors qu’elles figuraient déjà sur la liste électorale. C’était une masse brute qui existait, que nous allons affiner. C’est lorsqu’on l’a affiné, qu’on sort des chiffres qui sont encore provisoires, parce qu’il y a des étapes. Donc les premiers chiffres que j’ai donnés au sortir de l’enrôlement, j’ai dit que ce sont des personnes qui se sont présentées à nos guichets, et qui ont dit qu’elles étaient de la première ou de la deuxième catégorie. Maintenant, nous les avons prises, nous avons travaillé et après le travail, nous avons dédoublonné, éliminé ceux qui étaient mal enrôlés, et nous avons sorti des chiffres.

Quel autre élément peut expliquer cette différence ?

Il y a des populations dont les localités viennent d’être érigées en commune. Ces populations peuvent dire aux agents recenseurs, que comme leur localité a été érigée en commune, elles sont venues se faire enrôler. Les jeunes peuvent les prendre sous la pression, alors que c’étaient des gens qui étaient déjà sur la liste électorale. Il faut noter qu’une tablette de l’agent n’est pas connectée à toutes les autres tablettes. En clair, quelqu’un peut venir et se faire enrôler pour une seconde fois, alors qu’il était déjà sur la liste électorale.

La différence de 150 645 n’est pas trop ?

150 645, ce n’est pas trop ! On a 10 580 Centres d’enrôlement.

Pour arriver à 150 000, il faut combien ? 15 personnes par Centre d’enrôlement, on se retrouve à 150 000 personnes. Je sais que Lobognon le sait. Ce n’est pas pour lui-même qu’il a posé la question. C’est pour les autres.

Y aura-t-il d’autres révisions de la liste électorale avant les élections de 2020?

Chaque année, il y aura une révision, conformément à la loi. En 2015 et en 2016, nous avons fait des révisions. C’est en 2017 qu’il n’y a pas eu de révision, à cause des remous qu’il y a eu dans le pays. Et comme il n’y a pas eu de révision en 2017, on nous dit que nous ne respectons pas la loi. Sur les quatre années, nous l’avons fait trois fois. Oui, c’est vrai qu’on ne se souvient que des trains qui n’arrivent pas à l’heure. Les trains qui arrivent à l’heure, on ne s’en souvient jamais. Mais je demande aux Ivoiriens de se souvenir aussi des trains qui arrivent à l’heure.

 

afrique sur-7.fr

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