12122018Headline:

Chute de Laurent Gbagbo, la France pointée du doigt à la CPI.

A une semaine d’une audience décisive dans le procès Gbagbo, Raphaël Granvaud et David Mauger viennent de jeter le pavé dans la mare en portant de graves accusations contre la France à travers une interview accordée à RFI. Pour ces membres de l’association Survie, les autorités françaises avaient la volonté délibérée d’en avec l’ancien président ivoirien.

Le 1er octobre 2018, se tiendra une audience capitale à La Haye. Les juges de la Cour pénale internationale (CPI) ayant autorisé les avocats de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé à plaider l’acquittement pour leurs clients.

Ironie du sort ou chant du Cygne ? C’est à une semaine de cette audience que Raphaël Granvaud et de David Mauger ont décidé de publier l’ouvrage “Un pompier pyromane” dans lequel ils accusent gravement la France d’avoir orchestré un complot ourdi pour déposer Laurent Gbagbo.

« Selon la version officielle, la France est intervenue avec l’opération Licorne pour des buts humanitaires et de manière complètement impartiale. Or ce qu’on démontre dans le livre, c’est que la France n’était pas du tout un arbitre neutre, mais au contraire un acteur de la crise et un acteur très engagé avec une volonté très ferme d’en finir avec le régime Gbagbo et des accointances qu’on a pu documenter à partir de plusieurs indices de complicité avérée avec la rébellion », a accusé d’entrée Raphaël Granvaud, l’un des coauteur de ce livre publié aux éditions Agone.

Cette aversion de la France chiraquienne contre le régime Gbagbo n’était pas qu’économique, mais il y avait des « intérêts stratégiques à l’échelle de toute la région ». Il s’agissait donc de « se débarrasser d’un homme politique qui apparaissait comme trop indépendant à l’égard des intérêts économiques et stratégiques français, et militaires notamment ».

Par ailleurs « Gbagbo refuse un rapport d’allégeance que d’autres dirigeants africains acceptent bien volontiers. Et ça non plus, Chirac ne l’accepte pas. L’enjeu est régional. La France ne tient pas à perdre ce pays qui occupe une position particulière dans le dispositif que l’on appelle la Françafrique ». Il apparaissait donc, en pareille occurrence, comme un dirigeant gênant dont il fallait se débarrasser vaille que vaille.

En témoigne donc la casse des aéronefs ivoiriens lors de “l’opération Dignité” lancée contre les rebelles ivoiriens, en novembre 2004.

Lors de la crise postélectorale, Laurent Gbagbo avait également proposé le recomptage des voix. Proposition qui était soutenu par Jacob Zuma, le président sud-africain d’alors. Mais après sa visite en France, le chef de la Nation arc-en-ciel avait carrément retourné sa veste.

La suite, on la connait. Le palais présidentiel qu’occupait Laurent Gbagbo, sa famille et plusieurs de ses proches, dont Désiré Tagro, a été littéralement bombardé par l’armée française. Et l’ancien président ivoirien a été arrêté le 11 avril 2011, déporté à Korhogo, dans le Nord-ivoirien. Il sera par la suite transféré à la CPI où son jugement conjoint avec celui de Charles Blé Goudé, le ministre de la Jeunesse de son dernier gouvernement, est pendant.

Cette révélation de ces deux Français aurait-elle son pesant d’or dans ce procès ?

Bien malin qui pourrait faire le bon pronostic.

 

afrique-sur7.fr

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