02052023Headline:

“Cibler pour tuer” : réprimer la révolution en Iran au fusil à pompe

Les forces de l’ordre iraniennes répriment depuis plusieurs semaines le mouvement de contestation à coup de fusil à pompe. Au moins 20 manifestants sont morts de leurs blessures par fusil à pompe, rapporte Amnesty International. La rédaction des Observateurs a obtenu le témoignage rare d’un agent du Bassidj, qui révèle comment les forces de l’ordre sont entraînées au maintien de l’ordre.

En Iran, toutes les unités de maintien de l’ordre ont recours au fusil à pompe : les brigades anti-émeute, la police en uniforme ainsi que le Bassidj. La police emploie le fusil a pompe dans le maintien de l’ordre : lorsqu’elle est tirée à distance et contient une munition spéciale de type chevrotine, ces armes sont considérées comme “non-létales”.

Mais telle n’est pas leur utilisation en Iran.

Mostafa (pseudonyme) fait partie du Bassidj. Il a accepté de témoigner anonymement.

Nous avons eu quelques heures d’entraînement à ces armes “non létales”.

Nous avons appris quelles armes utiliser dans quelle situation, mais je pense que c’est inutile. Les manifestations sur le terrain n’ont rien à voir avec les entraînements. Durant nos sessions d’entraînement, nous avons l’ordre de tirer au sol si la cible est trop proche. Mais personne ne fait cela…

J’essaie au possible de ne pas atteindre des manifestants. Je tire au sol ou dans d’autres directions pour effrayer et disperser les gens. Mais tout le monde n’est pas comme moi. D’autres agents de mon unité tirent sur les manifestants. Ils les ciblent à la poitrine ou à la tête pour tuer.

La rédaction a sollicité ses Observateurs iraniens d’envoyer des images de ces munitions utilisées contre les manifestants. Nous avons reçu une centaine d’images provenant d’une trentaine de manifestations. On y voit des douilles de fusil à pompe, des canettes de gaz et des balles de chevrotine.

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