09202018Headline:

Clap de fin pour Henri Konan Bédié à la tête du Parti démocratique de Côte d’Ivoire-Rassemblement démocratique africain (Pdci-Rda) ?

De hauts responsables du parti septuagénaire sont au laboratoire pour mettre au point le mécanisme de renversement de l’ancien chef d’État, en rupture de ban avec le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp unifié) que préside El Hadj Alassane Ouattara. Daniel Kablan Duncan, Vice-président de la République et vice-président du parti, pourrait être le grand bénéficiaire de la transition politique après l’éviction de Bédié. Selon nos sources, au plan pratique, les choses pourraient se passer sous un verni de légalité. Dans cette dynamique, le rouleau compresseur de la neutralisation politique de Henri Konan Bédié à la tête du Pdci-Rda, en vue « de faire place à une nouvelle génération », pourrait être mis en mouvement, à partir d’aujourd’hui vendredi 14 septembre 21018.

Selon nos sources, la justice rendra aujourd’hui une décision en défaveur du Bureau politique du Pdci-Rda, dans la plainte déposée par N’Guessan Koffi Jérôme, ancien membre du Bureau politique, contre son parti. « Le Bureau politique du Pdci-Rda du 17 juin a fait du faux. Le communiqué final ne reflète pas la réalité de cette réunion. Nous avons saisi la justice qui va suspendre toutes les décisions qui ont été annoncées. Toutes les décisions de ce Bureau politique seront annulées. Ça, c’est la première étape. La deuxième, le Pdci-Rda ira en congrès en octobre 2018 et non après 2020, pour renouveler toutes ses instances. L’actuel président du parti (Ndlr Henri Konan Bédié) sera mis à la retraite. Il sera remplacé. Avec les nouveaux dirigeants, le Pdci-Rda va intégrer le Rhdp. Le processus est irréversible. Nous irons jusqu’au bout », nous a confié, hier jeudi, en milieu de journée, un haut responsable du Rhdp unifié issu du courant « Sur les traces d’houphouët-Boigny ».

Mais, la partie est loin d’être gagnée à l’avance. Car, un membre du Secrétariat exécutif du Pdci, que nous avons joint par téléphone, n’exclut pas « la convocation immédiate d’un Bureau politique du Pdci-Rda, une fois la décision de justice tombée ».

Le Bureau politique du Pdci-Rda s’est tenu le 17 juin 2018, à la maison du parti à Cocody, sur la convocation et sous la présidence effective de Henri Konan Bédié, président du parti. Au cours de cette rencontre élargie aux membres du comité des sages, il s’est essentiellement agi d’examiner l’accord politique du Rhdp, relatif à la création d’un parti unifié dénommé Rhdp. Au terme de cette réunion, le Pdci-Rda a arrêté six importantes décisions. Il a apporté un soutien au président du parti et endossé la signature de l’accord politique du Rhdp, relatif à la création d’un parti unifié.

Un congrès de destitution programmé. Le Bureau politique a également pris « acte des documents tels que validés par le comité de haut niveau, et décide de soumettre ces documents à l’examen du prochain congrès ordinaire du Pdci-Rda ». En outre, il « donne cependant mandat au président du parti pour poursuivre les négociations dans le cadre du Rhdp et ce, à toutes les étapes du processus de mise en œuvre du parti unifié Rhdp ». Le Bureau politique a rappellé que l’année 2018, en ce qui concerne le Pdci-Rda, est une année de congrès, notamment le 13e congrès ordinaire. Le Bureau politique, face aux enjeux futurs et soucieux de la préservation de l’union des militants autour du président du parti, a décidé du report du 13e congrès ordinaire du Pdci-Rda, après l’élection présidentielle de 2020; de la prolongation du mandat du président du parti; de la prolongation des mandats des autres organes et des structures spécialisées du parti.

Ce sont ces décisions qui pourraient être frappées de nullité aujourd’hui, par une décision de suspension que la justice rendra, selon notre source. Mercredi 12 septembre 2018, les deux parties opposées ont été longuement entendues par le juge en charge du dossier. Le verdict pourrait être connu aujourd’hui, sauf cataclysme.

Jérôme N’Guessan Koffi, administrateur civil, qui a participé au Bureau politique du 17 juin 2018, avait introduit auprès du Secrétariat exécutif du Pdci-Rda, fin juin, « un exploit d’assignation aux fins d’annulation de ladite séance ». Dans sa requête, il réclame l’annulation pure et simple des décisions ayant sanctionné cette réunion du Bureau politique, au motif que « le communiqué rendu public par le Pdci est un faux », que « certains participants à cette réunion n’avaient pas la qualité de membre de cette instance », et qu’au surplus, sur « 70 personnes ayant demandé la parole, 20 ont eu droit au micro, sur lesquelles, 14 se sont prononcées en faveur du Rhdp unifié. Les débats n’ont pas été, ni libres ni démocratiques ».

L’affaire avait été reportée au 31 octobre de 2018, vu que le juge de référé n’étant pas habilité à statuer sur la cause, le Pdci a reçu du plaignant, « une autre assignation avec, cette fois-ci, pour objet la suspension de toutes les décisions prises lors du Bureau politique du 17 juin 2018 ».

L’enjeu est de taille et le Pdci joue gros. De fait, en réaction de cette saisine des tribunaux par Jérôme N’Guessan Koffi, le Conseil de discipline du parti, saisi de l’affaire, l’a exclu le jeudi 5 juillet 2018. Pour les membres de cette instance du parti, Jérôme N’Guessan Koffi « s’est rendu coupable de violations graves de la discipline du Pdci », ajoutant que « le prochain congrès ordinaire » du parti « statuera sur la suite à donner à cette cause », indique une décision du conseil de discipline qui s’est tenu au siège du parti à Cocody.

Il n’empêche, la procédure lancée, qui a suivi son cours, connaîtra son épilogue aujourd’hui. S’il est dit aujourd’hui que les décisions du Bureau politique du 17 juin 2018 sont nulles et de nul effet, donc annulées, s’ouvrira immédiatement, la convocation, par les « frondeurs », d’un congrès. En toile de fond, l’éviction de Bédié, 84 ans, de la tête du parti.

Signalons que le Pdci connaît une véritable rébellion en son sein. Et, Bédié a choisi la manière « Angoulvant » pour l’endiguer. Le 22 juillet 2018, Maurice Kakou Guikahué a annoncé que 18 hauts cadres dont Adjoumani Kouassi Kobenan, Coffi Michel Benoît, Silué Kagnon, Bernard Ehui Koutouan, Félix Miézan Anoblé, Louis Kouakou Habonouan, Danho Paulin…, se sont exclus d’eux-mêmes du parti. « Ces personnes ne peuvent plus se prévaloir de la qualité de militants du Pdci-Rda dont ils se sont exclus d’eux-mêmes, en choisissant de devenir militants du parti unifié Rhdp. En conséquence, ces personnes ne peuvent ni parler ni agir au nom du Pdci-Rda ni arborer les insignes du Pdci-Rda… « Ils ne sont plus membres statutaires du Pdci-Rda, ils ne peuvent plus agir au nom de ce parti », avait-il indiqué, faisant valoir que « depuis la date du 17 juin 20218, une vague d’indiscipline, de désinformation, d’intoxication et de diabolisation, souffle sur le Pdci-Rda, et des décisions du président du parti sont assimilées par quelques-uns, à des exclusions ».

Armand B. DEPEYLA

AIP

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