04132024Headline:

Climat: l’UE adopte une taxe carbone aux frontières, une première

Pour entrer en Europe, les produits étrangers devront payer pour le carbone émis lors de leur production. C’est le principe de la taxe carbone approuvée au petit matin ce 13 décembre lors des négociations entre Parlement européen, Commission et États de l’UE. C’est une décision que certains qualifient de petite révolution, car l’idée pour l’UE en a été émise dès les années 1990 : elle devrait décourager les délocalisations et elle apportera directement ses revenus à l’UE.

La taxe carbone s’appellera officiellement « Mécanisme d’ajustement carbone aux frontières ». Ce mécanisme va mettre les industries européennes sur le même pied que leurs concurrents étrangers. Il y a en Europe des droits à polluer que les entreprises doivent acquitter pour vendre leurs produits, c’est le système de quotas d’émissions de l’UE. Désormais, pour importer en Europe un produit, il faudra payer pour la pollution émise lors de sa production en achetant un « certificat d’émission ».

Les produits directement versés au budget de l’UE
Par exemple, pour de l’acier produit en Chine, Pékin devra payer pour la pollution émise lors de l’extraction minière, puis par l’usine et par l’usine électrique qui alimente l’usine. Ce « coût carbone » sera imposé aux importations dans l’UE jugées les plus polluantes : fer et acier, ciment et engrais, électricité et hydrogène. Une liste de produits appelée à s’élargir. Les industriels européens n’auront plus la tentation de délocaliser, puisque la taxe carbone mettra tous les produits au niveau de prix européen.

Autre avancée conséquente des négociations, les produits de cette taxe ou plutôt de ce mécanisme d’ajustement, seront directement versés au budget de l’UE. Le calendrier d’entrée en vigueur de la taxe carbone, 2026 ou 2027, sera fixé dans de nouvelles négociations d’ici à la fin de la semaine.

What Next?

Recent Articles