02032023Headline:

Corée du Sud vs Corée du Nord : posture ou rupture ?

En fait, le leader nord-coréen s’est retrouvé coincé depuis le sommet de 2018 avec Donald Trump, estime Christoph Bluth. “John Bolton [ex-conseiller à la Sécurité nationale de Donald Trump, NDLR] a posé le principe que la Corée du Nord devait démanteler entièrement son programme nucléaire avant de pouvoir bénéficier d’un assouplissement des sanctions, ce que Pyongyang ne pouvait absolument pas accepter”, souligne-t-il.

Face à l’intransigeance des années Trump et à la priorité donnée par l’administration Biden à la Russie et à la Chine, la Corée du Nord a choisi “d’augmenter la pression sur la Corée du Sud, dans l’espoir que Séoul pousse son allié américain à assouplir sa position à l’égard de Pyongyang”, estime Christoph Bluth.

En attendant l’incident ?

Mais Kim Jong-un a fait une erreur de calcul dans sa partie de billard à trois bandes : “Yoon Seok-yeol ne réagit pas du tout comme prévu puisqu’il pousse au contraire Washington à s’impliquer davantage militairement dans la région”, analyse l’expert de l’université de Bradford.

Le président conservateur sud-coréen tente de profiter de la menace nord-coréenne afin d’obtenir davantage d’armements américains. “On assiste actuellement à la militarisation de la Corée du Sud”, conclut Christoph Bluth.

Pour autant, aucun des experts interrogés par France 24 n’estime que cette escalade des tensions pourrait faire de la péninsule coréenne le prochain théâtre d’un conflit ouvert. “La Corée du Nord ne peut pas se permettre d’aller trop loin, car elle dépend économiquement de la Chine qui ne laissera pas faire, et elle sait que les États-Unis ont les moyens de vaincre militairement Pyongyang”, résume Danilo delle Fave.

Pour lui, les deux pays n’en jouent pas moins un jeu dangereux. “Le risque est qu’un incident malencontreux fasse que la situation échappe à tout contrôle”, affirme-t-il. À ce sujet, l’irruption des drones dans ce conflit larvé ne fait qu’accroître le risque d’un accident aux conséquences potentiellement désastreuses.

Même si aucun accident ne survient, il n’en demeure pas moins que ce face-à-face d’une Corée du Nord toujours prompte à faire des essais balistiques et d’une Corée du Sud de plus en plus intransigeante diplomatiquement risque de “devenir la nouvelle norme sur la péninsule Coréenne”, craint Christoph Bluth.

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