09202020Headline:

Côte d’Ivoire: Affi N’Guessan a-t-il réellement trahi Gbagbo ?

« Affi N’Guessan est un traître » une analyse sur le slogan que certains détracteurs du président du FPI pour le déstabiliser. Qu’en est-il en réalité ?

À tous ceux qui liront cet « acte 1 » de ma série psychologico-politique sur la politique ivoirienne je conseillerais de lire un excellent ouvrage de Vincent Mottez intitulé “les Boucs Émissaires de l’Histoire ». Vous y découvriez comment de célèbres personnages ont été injustement accusés de trahison, d’assassinats, de collaboration et d’autres noms d’oiseaux alors qu’ils étaient… innocents.

On y apprend notamment qu’en réalité :

– Néron n’était pas coupable du grand incendie de Rome,
– Lucrèce Borgia n’empoisonnait pas ses amants ?
– Catherine de Médicis n’était pas la responsable de la Saint-Barthélemy,
– Lee Harvey Oswald n’a pas assassiné John Fitzgerald Kennedy…

Tous ces personnages ont un point commun : avoir été des boucs émissaires, de leur vivant ou après leur mort. « Affi Nguessan est un traître » en est la parfaite illustration. Analysons.

Ils sont nombreux à clamer urbi et orbi que Affi a trahi. Il n’a pas trahi n’importe qui, mais Gbagbo. Mais dès que vous cherchez à aller un peu plus loin pour comprendre quel est son acte de trahison alors ils deviennent évanescents, incapables de vous expliquer de façon convaincante l’acte de trahison. Ils n’y arrivent pas car eux-mêmes n’en ont pas toujours une pleine conscience.

La raison est toute simple : Ouattara a été tellement « violent » dans sa conquête du pouvoir en 2010 que nombreux d’entre-eux sont encore, jusqu’à ce jour, traumatisés. Ils n’arrivent toujours pas à faire le deuil de la perte du pouvoir. Or, il leur faut une explication logique pour se donner bonne conscience.

Or, quand on ne trouve pas une explication rationnelle ou qu’on arrive pas accepter son impuissance devant un adversaire il faut un trouver un bouc émissaire pour justifier cela.

En effet, d’un point de vue de la psychanalyse, les gens ont toujours besoin de faire porter à autrui leurs échecs ou leur impuissance vis-à-vis d’une situation. C’est notamment le cas en France où si le pays ne va pas bien c’est à cause des étrangers, affirment les extrémistes de Marine le Pen. Même dans notre pays, certains sont persuadés que si les ivoiriens ne trouvent pas du travail c’est parce qu’ils y a trop d’étrangers sur notre sol.

Plus près de nous, c’est aussi ce qu’on constate dans certains de nos villages où lorsque les populations se retrouvent face à une situation inexpliquée ou qui leur échappe elles font tout pour trouver une personne à accuser et qu’elles considèrent comme étant à l’origine de leurs malheurs. Généralement, c’est une vielle femme inoffensive qui sera désignée, sans aucune preuve tangible, comme la sorcière responsable de leurs souffrances. Et cela suffit à réjouir et à donner bonne conscience à la masse populaire.

Dès lors, sans même chercher à comprendre ils peuvent en arriver à la pendre ou à l’assassiner, convaincus que c’est vraiment elle la fautive. Et si vous leur demandez pourquoi ils l’ont tué ils vous répondront le plus simplement du monde, sans aucun élément matériel probant, que c’est elle la sorcière qui « mange » en sorcellerie les cadres du village. Nous sommes dans ce même contexte au FPI.

Certains pro Gbagbo n’arrivent pas à comprendre pourquoi il a brutalement perdu le pouvoir. Ils ont donc besoin d’un bouc émissaire pour justifier cela et expliquer leur propre impuissance face au pouvoir RHDP. Et leur bouc émissaire tout trouvé pour se donner bonne conscience c’est Affi. Voilà. Toute autre explication pour expliquer ce contexte ne serait que vil prétexte.

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