10052022Headline:

Côte d’Ivoire: Alassane Ouattara gracie l’ancien président Laurent Gbagbo

Le président ivoirien Alassane Ouattara a annoncé samedi 6 août avoir accordé sa grâce à son prédécesseur et ancien rival Laurent Gbagbo, sous le coup d’une peine de 20 ans de prison dans son pays à la suite de la crise post-électorale de 2010-2011.

Alors qu’il était en prison à la CPI à La Haye, Laurent Gbagbo avait été condamné en son absence à 20 ans de prison en 2018 pour l’affaire dite « du braquage de la BCEAO ». Ce samedi soir donc Alassane Ouattara l’a gracié.

« Dans le souci de renforcer la cohésion sociale, j’ai signé un décret accordant la grâce présidentielle à M. Laurent Gbagbo, a déclaré le président ivoirien lors de son discours à la nation, ce samedi 6 août. J’ai également demandé qu’il soit procédé au dégel de ses comptes et au paiement de ses arriérés de rentes viagères. »

Laurent Gbagbo réclamait en effet depuis son acquittement par la CPI que l’État ivoirien lui verse les arriérés de rentes viagères dues aux anciens présidents, et qui avaient été gelés lors de sa détention à La Haye, ce qui devrait atteindre 3 millions d’euros si le barème lui est appliqué rétroactivement sur 10 ans. Ses comptes bancaires seront également dégelés.

Alassane Ouattara a en outre annoncé avoir signé un décret accordant « la libération conditionnelle » à deux anciennes figures de l’appareil militaire et sécuritaire du régime de Laurent Gbagbo. Il s’agit du contre-amiral Vagba Faussignaux, ex-patron de la Marine, condamné à 20 ans pour son implication dans la crise post-électorale de 2010-2011. Et du commandant Jean-Noël Abéhi, ancien chef de l’escadron blindé de la gendarmerie du camp d’Agban, à Abidjan, arrêté en 2013 et condamné pour complot.

Acte politique majeur
En choisissant de gracier Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara effectue un geste politique important. Car cette condamnation dans l’affaire dite « du casse de la BCEAO » était au cœur des discussions entre le camp Gbagbo et le pouvoir ivoirien depuis deux ans, avant même son acquittement définitif par la CPI en 2021. Laurent Gbagbo qui n’a jamais admis cette condamnation n’a d’ailleurs jamais été réellement inquiété pour cette affaire depuis son retour en Cote d’Ivoire en juin 2021. Mais la condamnation restait pendante.

Cette grâce intervient dans un contexte de réconciliation politique enclenchée fin 2020. Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara se sont rencontrés en tête à tête en juillet 2021. Une autre rencontre, à trois celle là, avec l’ancien président Henri Konan Bédié s’est tenue le 14 juillet dernier à Abidjan. Ce samedi Laurent Gbagbo a donc été gracié mais pas amnistié. Cela fait une différence sur le plan juridique. L’amnistie efface la condamnation et restaure l’intégralité des droits civils et politiques. Son parti le PPA-CI se refusait ce samedi soir à commenter la décision présidentielle.

Melv

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