09202019Headline:

Côte d’ivoire -Amani N’guessan crache ses vérités aux ”frondeurs” et à Ouattara-VIDEO

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Michel Amani N’guessan, ex-ministre de la Défense sous Laurent Gbagbo.

Crise au Front Populaire Ivoirien (FPI) et le silence de Laurent Gbagbo, le procès des pro-Gbagbo, l’article 35 et l’éligibilité de Ouattara, la gestion de Ouattara, la présidentielle de 2015, sont entre questions auxquelles a répondu Michel Amani N’guessan, ex-ministre du FPI, proche d’Affi N’guessan, le vendredi 20 mars 2015.

Le FPI est divisé en deux blocs. M. Michel Amani N’guessan fait partir de ceux qu’on appelle des pro-Affi. Pourquoi avez-vous fait ce choix?

Amani N’guessan Michel : Je crois que le Fpi est effectivement divisé aujourd’hui en deux blocs. On veut identifier les blocs à des personnes. On parle donc des pro-Affi et abusivement d’ailleurs, des pro-Gbagbo, puisque Gbagbo n’est pas là. Nous sommes tous des fidèles de Gbagbo. Il ne saurait avoir des pro-Gbagbo et de anti-Gbagbo. Ce sont ceux qui veulent nous exclure de la troupe de Gbagbo qui parlent de anti-Gbagbo, sinon il y a une réalité politique qui est présente aujourd’hui au Front Populaire Ivoirien. A la suite de la crise post-électorale, le Président Gbagbo a été déporté à la Haye, il s’agit tout simplement de savoir qui va donc diriger le Front Populaire après lui. C’est donc une lutte pour le contrôle du parti. Et dans cette lutte, d’autres ont choisi la voix de l’illégalité et nous, nous avons choisi la voix de la légalité. Au Front Populaire Ivoirien, pour diriger le parti, on procède par élection au congrès. Nous attendons d’aller au congrès pour voir les adversaires du président Affi N’guessan. S’il est battu, il se retire tranquillement de la tête du parti ; s’il gagne, il continue. Mais certains camarades n’ont pas voulu attendre ce moment-là, et ils utilisent des méthodes anti-démocratiques qu’on pourrait qualifier de coup d’État, contre M. Affi. C’est ce que nous autres, nous ne supportons pas, parce que nous vivons dans un pays où il y a un pouvoir qui est établi sur la base d’un putsch, d’un coup d’État, ce que nous condamnons ! On ne peut donc pas, dans notre propre parti, répéter cela ; imiter cela, ce n’est pas l’exemple. Voyez-vous, ceux qui veulent prendre le pouvoir par la force ont même baptisé leur siège qu’ils sont allés prendre, ”Bouaké”. De triste mémoire, Bouaké nous rappelle la capitale de la rébellion et ils ne se comportent pas différemment de cette rébellion. Tous les actes qu’ils posent, c’est exactement ce que la rébellion a fait en Côte d’Ivoire. C’est pourquoi, nous nous trouvons du côté de la légalité, du côté de M. Affi N’guessan.

 

Vous avez parlé du congrès qui devait avoir lieu, mais qui n’a pu se tenir. Quand est-ce qu’il sera finalement organisé?

Amani N’guessan Michel : D’abord, il faudrait qu’on se pose la question de savoir pourquoi le congrès n’a pas eu lieu.

Linfodrome : Expliquez-nous donc ce qui s’est passé !

Amani N’guessan Michel : Un congrès devrait se tenir du 11 au 14 décembre 2014. Quant on va à un congrès, soit il est électif ou il ne l’est pas. Notre congrès devrait être électif et dans ces conditions, on fait un appel à candidature. Tous ceux qui sont aujourd’hui en liberté en Côte d’Ivoire ont le droit de se présenter à la présidence du parti. M. Affi N’guessan s’est présenté pour se succéder à lui-même. En face de lui, il n’y a pas de candidat en liberté. Nous avons vu des groupes de camarades militants qui ont suscité la candidature de M. Gbagbo Laurent. Mais, même quand il y a une candidature qui est suscitée, il faut l’accord de principe du candidat suscité. Nous n’avons pas vu les preuves de cet accord. On nous a présenté des preuves falsifiées. On ne peut pas se jouer de nous à ce niveau de responsabilité. On ne peut pas accepter qu’on se joue de nous, nous avons refusé donc qu’on se joue de nous.

Linfodrome : M. le Ministre, ce que les gens ne comprennent pas, c’est le silence du candidat suscité, Laurent Gbagbo. Comment expliquer qu’il soit silencieux sur cette crise qui secoue son parti ?

Amani N’guessan Michel : Moi-même j’en suis à me poser la question de savoir pourquoi, mais la réponse appartient à M. Gbagbo Laurent. Lui seul peut répondre à cette question, pourquoi il ne tranche pas. Je ne saurai répondre à cette question.

Linfodrome : Aujourd’hui, on a un FPI divisé en deux blocs, avec deux présidents. Pensez-vous qu’il est possible de ressouder ce parti pour le présenter comme Gbagbo l’a laissé quand il partait à la Haye ?

Amani N’guessan Michel : Je voudrais préciser qu’on ne peut pas parler d’un FPI avec deux présidents. Dans un État de droit, le droit vous confère le titre ou pas. Le droit ne confère jamais le titre à deux personnes. Donc pour le moment, la légalité est du côté de M. Affi N’guessan. C’est par abus de langage, sinon demain je peux me proclamer président de la République de Côte d’Ivoire à côté de M. Alassane Ouattara, qui me prendrait au sérieux dans un État de droit ? Tout n’est gesticulation à côté de M. Affi N’guessan, ça ne va pas plus loin. Ils doivent chercher à être entourés d’un verni de légalité, ils ne l’auront jamais. Parce que chez nous, il y a des textes comme dans un État il y a une Constitution. Il faut respecter simplement la Constitution ou les textes que l’organisation associative se donne. Les autres sont à côté des textes, ils ne peuvent donc pas se prévaloir des responsabilités qu’ils assument par usurpation et ils devront répondre devant la loi.

 

Linfodrome : Certains de vos militants ne comprennent pas que le président de leur parti assigne certains de ses camarades en justice. Ils ne comprennent pas comment le président peut le faire ?

Amani N’guessan Michel : S’ils ne le comprennent pas, c’est qu’ils n’ont pas d’expérience de vie simplement. En vérité, ils comprennent. Vous même qui m’interrogez aujourd’hui, vous allez souvent au tribunal, vous voyez très bien qu’il y a des couples qui se retrouvent au tribunal. Est-ce que vous vous posez la question de savoir pourquoi des gens qui se sont aimés au point de se marier et de faire même des enfants, faire un projet de vie ensemble, se retrouvent en justice. C’est la même chose. Un couple c’est même plus serré, plus intime que la vie dans un parti. Nous sommes venus d’horizons différents, rassemblés autour d’un projet de société commun. S’il y a des problèmes que les textes ne peuvent pas nous permettre de régler, il est tout à fait normal que dans un État de droit, on ait recours à l’institution au service de tous les citoyens qu’est la justice nationale. C’est ce que nous avons fait.

Linfodrome : Alors, comment ressouder le parti ?

Amani N’guessan Michel : Lorsque les hommes ont tout essayé et qu’ils ont vu leurs limites, ils ont rejoint la vérité, soit en cherchant à devenir chrétien. C’est alors qu’ils découvrent que Dieu existe. Mais la légalité existera pour ceux là lorsqu’ils découvriront qu’en empruntant la voie de l’illégalité, il y a des risques graves.

Linfodrome : Vous répétez ce que vous aviez dit lors de notre dernier entretien, il y a deux ans, que le pouvoir actuel s’est installé par la force. Quelle est, aujourd’hui, votre analyse de la gestion du pouvoir par le régime Ouattara ?

Amani N’guessan Michel : Je voudrais commencer par le commencement, c’est-à-dire comment ce régime s’est installé. Le Président Gbagbo s’est battu, a fait la prison, a souffert, a connu la persécution, pour instaurer dans ce pays la démocratie qui est une valeur essentielle que nous autres avons accepté et adopté comme étant une valeur essentielle pour sauver notre vie. C’est pourquoi, nous avons suivi M. Gbagbo qui incarnait cette valeur. M. Ouattara est venu et s’est installé contre la démocratie par la force, par les armes. On avait souhaité par la suite qu’il allait suivre des voies pour restaurer la démocratie en Côte d’Ivoire. Or, à notre grand désenchantement, M. Ouattara mène une politique des vainqueurs. Il est entrain de créer une armée de substitution, une armée des vainqueurs, une justice, nous venons de le voir aux assises, des vainqueurs. Il y a eu deux camps qui se sont battus et il se trouve que seul un camp est jugé à la fin de cette guerre. Cela s’appelle simplement la justice des vainqueurs. On considère que tous ceux qui ont été vaincus ont fauté, sont des criminels, il faut les poursuivre. Parmi les vainqueurs, alors qu’il y a des criminels, ces criminels sont promus à des postes extrêmement importants, Préfet de région, dans la haute administration. C’est ce qu’on appelle la politique des vainqueurs. Et bien, tant que nous allons rester dans la politique des vainqueurs, adieu la réconciliation.

Linfodrome : Lors de notre entretien il y a deux ans, vous indiquiez que Laurent Gbagbo n’accepterait pas d’entrer dans le gouvernement d’un tel régime. Aujourd’hui, le FPI d’Affi N’guessan collabore avec ce régime est à la CEI, ce que d’ailleurs vos militants vous reprochent. Comment l’expliquez-vous?

Amani N’guessan Michel : Qu’est ce que vous appelez collaboration ? Il y a des institutions dans le pays et les institutions là n’appartiennent pas à M. Alassane Dramane Ouattara. Ce sont des institutions républicaines, nous avons notre part à prendre dans ces institutions. Il ne faut pas s’exclure du pays, nous sommes des Ivoiriens et en tant que tels, il n’est pas question de collaborer avec Alassane Dramane Ouattara, non ! Il est question de poser des actes pour contrarier, pour jouer notre rôle d’opposants. Comment peut-on jouer notre rôle d’opposants si nous ne prenons pas notre place dans le jeu politique. Faut-il rester à la maison et comment pourrions-nous alors contester, comment pourrions nous nous opposer ? Imaginez-vous un seul instant que la CEI décide de faire des listings avec des naturalisés à tout vent, où voulez-vous qu’on conteste ou qu’on s’oppose, si ce n’est à l’intérieur de la CEI.

Linfodrome :On parle de collaboration parce qu’on ne comprend pas le mutisme du FPI sur certaines actions du gouvernement, des événement qui se produisent en Côte d’Ivoire. C’est comme si le FPI d’Affi N’guessan caressait le pouvoir dans le sens des poils ?

Amani N’guessan Michel : Quand vous êtes malades, vous ne venez pas interviewer les gens quand vous êtes couchés sur un lit d’hôpital, non ! Cela ne veut pas dire que vous renoncez à votre rôle de journaliste. Tout à l’heure, vous avez commencé par ça, qu’il y a une crise au FPI. Effectivement, je reconnais qu’il y a une crise profonde au FPI. Nous avons des chats à fouetter dans la famille, mais permettez nous de régler nos problèmes et nous sommes suffisamment avancés malgré l’existence de cette crise. Vous ne voyez pas les déclarations que nous faisons pour condamner telle ou telle chose. La dernière déclaration en date, c’est sur l’éducation nationale par rapport aux grèves qui ont eu lieu. Nous ne comprenons pas le mutisme du gouvernement sur cette grève. Nous condamnons donc ce mutisme. Il faut que le gouvernement fasse quelque chose pour régler le problème des enseignants pour que l’école rouvre, que nos enfants partent à l’école. C’est une réaction et nous en avons plusieurs comme ça. J’en ai moi même pondu une sur la sécurité. Certains voudraient plutôt utiliser d’autres méthodes dans la réaction, c’est de cela qu’il faut parler. Aujourd’hui, quelle méthode utiliser pour dire qu’on est dans l’opposition ? Certains proposent la violence. Nous, nous proposons le dialogue politique et la négociation. Tous les problèmes qui se sont posés dans le pays, nous en discutons avec le gouvernement autour d’une table. Depuis qu’il y a eu la crise post-électorale, les sujets qui nous opposent sont nombreux. Nos camarades sont en prison en Côte d’Ivoire et à La Haye, le président Laurent Gbagbo. Nos camarades sont nombreux en exil, réfugiés au Libéria. Nos camarades ont leurs comptes gelés, aujourd’hui certains sont aux assises. C’est de tout cela que nous parlons avec le gouvernement. Et le dialogue produit quand même quelques effets, peut-être pas autant que nous souhaitons. Il faut poursuivre que les effets soient assez visibles, mais nous ne désespérons pas. Nous ne suivrons pas les autres parce qu’ils opposent la voie de la violence, nous n’irons pas dans ce sens.

Linfodrome : Nous sommes en mars, en octobre 2015 devrait se tenir l’élection présidentielle. Les conditions sont-elles réunies pour la bonne tenue du scrutin ?

Amani N’guessan Michel : Mais les conditions ne sont pas réunies, pas du tout alors ! C’est pour cela qu’il faut discuter avec le pouvoir. Comment voulez-vous qu’on réunisse les conditions si nous ne nous asseyons pas avec le pouvoir pour mettre le doigt sur les points d’ombre. Je prends par exemple la sécurité. Depuis l’avènement de la rébellion en Côte d’Ivoire, il y a eu deux armées et à la suite de la crise post-électorale, la guerre, dit-on, a pris fin. Ce que la Côte d’Ivoire doit faire, c’est la fusion des deux armées. Comment la fait-on ? De notre point de vue et en observant de ce qui se passe, nous croyons qu’il y a substitution d’une armée nouvelle au service de M. Ouattara. Il n’y a pas cette fusion méthodique qui puisse permettre la naissance d’une armée intégrée, nationale et républicaine. Tout se fait de telle sorte qu’il y ait une armée privée au service de M. Ouattara. C’est une condition extrêmement grave !

Linfodrome : Dans ces conditions, le FPI ira t-il aux élections présidentielles ?

Amani N’guessan Michel : C’est une décision qui ne m’appartient pas à moi seul. Quand on est en démocratie, on décide en groupe. C’est pourquoi nous avons prévu le congrès, nous allons apprécier la situation. D’ici là, nous nous donnons le temps de discuter avec le pouvoir. Voyez-vous le financement du parti, le pouvoir a promis de financer, enfin, les partis, c’est parce que nous sommes allés à la discussion. Il y a également l’établissement de la liste électorale. Mais avant de le faire, il est bien de savoir qui doit être inscrit sur cette liste. On parle de déclaration par naturalisation, mais il faut qu’on discute de tout cela ! Aujourd’hui, il y a l’article 35. M. Ouattara a rusé avec le processus de réconciliation à tel point qu’à ce jour, aucun problème n’est pas réglé, même le problème de son éligibilité.

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Linfodrome : Justement M. le ministre, sur la question, le chef de l’État a évoqué une jurisprudence de 2010. qu’en dites-vous ?

Amani N’guessan Michel : On parle de jurisprudence quand il y a une décision de justice. En 2010, y a t-il eu une décision de justice ? C’était une décision de monsieur Gbagbo, de quelle jurisprudence donc M. Ouattara peut-il parler ? Il ne peut pas se prévaloir d’une jurisprudence. Il n’y a pas eu de décision de justice, ça déjà annule cette déclaration de M. Ouattara. Et puis, on ne peut pas dire que nous sommes en guerre, aujourd’hui. Au moment où cette décision se prenait, il y avait la rébellion et on cherchait des arrangements politiques pour avancer. Aujourd’hui, il n’y a plus de rébellion, la guerre est terminée, nous sommes donc dans un état normal. Il faut donc s’appuyer sur la Constitution. Aujourd’hui, on ne parle plus de Pretoria, de Linas Marcoussis, on a fini avec tout cela. Tantôt quand ça arrange M. Ouattara, il retourne en arrière et se réfère à la situation de crise et même de guerre, et prend des solutions de guerre. Entendons-nous bien dans ce pays, la guerre est-elle finie au pas ? Si la guerre est finie, revenons donc à la Côte d’Ivoire normale qui a une constitution et nous la suivons. Point question de jurisprudence ici!.

Linfodrome : Quelle est votre opinion sur les sentences infligées à vos camarades au terme des procès en assises ?

Amani N’guessan Michel : Avant de m’interroger sur les sentences, je voudrais juger la nature du procès. Je vous disais tantôt q’une guerre oppose au moins deux camps et s’il y a eu des crimes de guerre, les criminels se recrutent dans les deux camps. Le fait que ce procès a été uniquement celui des pro-Gbagbo, je condamne. On ne peut pas culpabiliser un seul camp et blanchir l’autre camp. C’est ce qu’on appelle la justice des vainqueurs, je condamne cela. Maintenant, allons-y dans l’absurde et réfléchissons ; c’est-à-dire, rentrons dans le procès et apprécions les sentences. Les sentences sont démesurées par rapport au faits parce qu’à la base de la crise, il y a d’abord le coup d’État du 19 septembre 2002 qui s’est mué en rébellion, laquelle rébellion a pris fin le 11 avril 2011. Tous ceux qui ont perpétré ces actes de coup d’État, de rébellion dans un État, ne sont-ils pas coupables de quelque chose? Les femmes d’Adjanou qui ont été exécutées froidement dans une forêt de Bouaké, les gendarmes à Bouaké qui ont été exécutés froidement, toutes les tueries à l’ouest, à Nahibly, etc, ne sont-ce pas là des crimes qu’on pourrait réprimer ? Où sont les auteurs ? Pourquoi monsieur Ouattara les recherche pas, et pourquoi la justice ivoirienne ne jugerait-elle pas tous ceux-là aussi ? Madame Gbagbo, qu’a t-elle fait ? Elle fait de la politique et a écopé de 20 ans. Je condamne ces sentences comme étant la raison essentielle de la non volonté de réconcilier les Ivoiriens. Quand j’ai écouté ces sentences, j’ai dit adieu la réconciliation les Ivoiriens. Et je suis heureux que le procureur de la République revienne sur la décision et introduise un pourvoi en cassation. Je pense que justice, la vraie, sera faite. C’est pour cela que madame Gbagbo ne va pas écoper même d’un an de prison. Ce serait injuste qu’Abou Drahamane Sangaré écope d’un an de prison et des privations de droits civiques. C’est pourquoi au Front populaire ivoirien, nous avons dit qu’il faut simplement amnistier les faits de guerre pour que nous n’ayons pas à dire qu’il y a des criminels à gauche, il y a des criminels à droite qu’il faut juger. Parce que toute autre façon de faire en dehors de l’amnistie introduit dans ce pays une injustice. Or dès l’instant qu’il y a injustice, il n’y a pas de paix donc pas de développement. M. Ouattara pense que sans la réconciliation et la paix, le développement est possible, nous ne sommes pas d’accord avec lui, nous ne le suivrons pas dans cette voix dangereuse. Il faut la réconciliation dans ce pays, ça devrait être un pan important du programme du gouvernement. Si je devrais être un jour candidat à la présidence de la Côte d’Ivoire après cette crise, je dirai en ce qui concerne mon programme de gouvernement, qu’au début, au milieu et à la fin, je poserai des actes pour réconcilier d’abord les Ivoiriens.

Linfodrome : Il a été reproché au président Affi N’guessan de ne pas aller voir le Président Laurent Gbagbo, à la Haye. Il a expliqué qu’il était dans les liens de la justice. Aujourd’hui, il sort du pays et sa première visite, c’est au Mali. Comment expliquez vous cela, vous qui êtes de son cabinet ?

Amani N’guessan Michel : C’est vrai que Gbagbo est à la Haye. M. Affi Nguessan l’a dit à juste titre, et moi je suis d’accord avec lui, Gbagbo n’attend pas qu’on aille lui déposer des tonnes de fleurs, qu’on parte lui rendre visite en prison pour pleurnicher sur son sort. C’est pas de cela que Gbagbo a besoin. Il a besoin de sortir de la prison. Qu’est ce qu’il faut faire pour que Gbagbo sorte de la prison ? C’est ce que M. Affi Nguessan est en train de faire. Aujourd’hui Gbagbo est l’otage de la communauté internationale, d’une certaine politique immorale du monde. La question que nous devons nous poser si nous aimons vraiment Gbagbo, c’est qui peut infléchir les positions des uns et des autres de ceux qui l’ont emmené à la Haye. M. Affi Nguessan pense que des chefs d’États africains, parce que c’est l’UA (ndlr :Union Africaine) enfin de compte qui avait proposé un plan de sortie de crise. C’est l’UA et par conséquent des chefs d’État qui peuvent proposer aux grands dominateurs de ce monde un plan de libération du président Gbagbo. Plutôt que d’aller pleurer avec lui dans sa cellule à la Haye, il serait mieux pour nous autres, en tout cas, de passer par tous les moyens pour rechercher les voies et moyens de le sortir de cette cellule pour qu’il vienne vivre en Côte d’Ivoire avec nous tous les jours.

Linfodrome : M. Ministre, c’est vrai que vous chercher des situations pour le libérer. N’est ce pas bienséant, même par rapport à la crise que traverse le FPI, que le président Affi aille rencontrer le fondateur du FPI, séparés qu’ils sont depuis la fin de la crise post-électorale ?

Amani N’guessan Michel : Pour aller le voir, il faut lui apporter des nouvelles. Si c’est pour en rajouter à ses peines, dire que dans la famille que tu as laissée là-bas, les femmes sont en train de se battre, les enfants sont en train de mourir… Parce qu’être en prison, c’est déjà une peine. Au moment où tu dois aller donner des nouvelles, il faut au moins qu’il y ait une lueur d’espoir quelque part pour dire je suis entrain de chercher des solutions pour te sortir d’ici, et je crois qu’à la suite de quelques contacts, je suis sur la bonne voie. Au moins, ça peut lui permettre d’espérer. Un désespéré est un mort dans un avenir proche. Il ne faut donc pas aller voir Gbagbo Laurent en créant des conditions du désespoir, parce que c’est sur nous qu’il doit compter. Gbagbo Laurent ne comptera pas sur quelqu’un d’autre si ce n’est le président du FPI, les militants du FPI. C’est d’ailleurs aussi sur la stratégie à adopter pour la libération du Président Laurent Gbagbo que nous nous divisons au FPI.

Linfodrome : En attendant le succès de ce lobbying, la CPI veut juger le président Gbagbo Laurent et Blé Goudé en même temps. Comment vous jugez ce procès et quels sont vos espoirs par rapport à leur libération ?

Amani N’guessan Michel : C’est un procès d’abord politique. Ce n’est pas le droit qui est dit. Si c’était le droit, je le dis et je le répète, Gbagbo serait libéré depuis longtemps. Parce que Gbagbo n’est pas un criminel, il est tout sauf ce qu’on lui reproche à la CPI. Mais comme c’est un procès politique, eh bien, nous ne pouvons pas agir autrement que par la politique. vous comprendrez pourquoi d’ailleurs M. Pascal Affi N’guessan, président du Front Populaire Ivoirien a choisi la voie de la diplomatie. Gbagbo ne peut être libéré aujourd’hui que par la politique et la diplomatie. Pour le droit, nous avons engagé des avocats, des spécialistes qui feront leur travail. Notre part, c’est de faire la politique et la diplomatie. Pascal Affi N’guessan, à peine libéré de ses chaînes au plan national et international, a pris son bâton de pèlerin pour entamer cette odyssée politique et diplomatique. Nous encourageons le président Affi N’guessan dans ce sens.

César DJEDJE MEL

 linfodrome.com

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