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Côte d’Ivoire-ancien membre de la rébellion à Bouaké avertit : « si c’était à refaire, je le referai »

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Vamara Konaté, ancien membre de la rébellion en 2002 à Bouaké avertit : « si c’était à refaire, je le referai »

Vamara Konaté est l’une des premières personnes à avoir rallié la cause de la rébellion en 2002 à Bouaké. Aujourd’hui, à 45 ans, cet aviculteur vit grâce aux fonds alloués aux soldats démobilisés. Il revient sur les motivations qui l’ont poussé à prendre les armes.

Avant la crise, en 2002, j’étais chauffeur de taxi. Le 19 septembre de cette même année, nous avons entendu des bruits de fusils. Comme tout le monde, je suis resté à la maison, en attendant que les choses se tassent. Malheureusement, cela ne s’est pas passé pas comme prévu. Plusieurs jours après le début des troubles, les mutins étaient toujours là.

Vu comme un étranger

Ils nous ont fait comprendre « qu’ils étaient là pour nous, que l’injustice n’avait que trop duré et qu’il fallait que cela prenne fin ». Ici en Côte d’ivoire, nous, les gens du nord, étions traités comme des « moins-que-rien ». Quand on subissait un contrôle d’identité, nous avions beaucoup de problèmes en tant que nordistes parce qu’on était vus comme des étrangers, des « bôyôrô djan » (traduction littérale de ‘’venant de loin’’). Du coup, si l’on souhaitait se déplacer dans le pays, nous devions payer à chaque contrôle avant d’espérer continuer notre route. Pourtant, nous avions la même carte d’identité que n’importe quel Ivoirien. Ça a créé beaucoup de frustration. C’est l’une des raisons fondamentales pour lesquelles nous avons rejoint la rébellion. On trouvait la cause juste.

Alors, nous avons combattu le régime de Gbagbo. Moi, personnellement, j’ai participé à trois combats. Et si c’était à refaire, je le referai. Car, pour moi, c’était un combat d’identité. Les gens disent souvent qu’on nous avait promis de l’argent. Il n’en est rien. En tout cas, ce n’était pas mon cas. J’étais dans ce combat car je le trouvais noble. Nous avons lutté ainsi jusqu’à l’arrivée des forces d’interposition. Il y a alors eu une accalmie, jusqu’en 2010, année de l’élection présidentielle.

« Je prie Dieu que la Côte d’ivoire ne revive pas cette situation »

A mon âge (40 ans), je n’avais jamais voté. J’avais à cœur de le faire en 2010. C’est vrai que j’étais combattant, mais j’avais également le droit de vote. Malheureusement, le choix du peuple n’a pas été respecté par l’ancien président Laurent Gbagbo. Ce qui devait arriver, arriva. En tant que combattant, il nous a été demandé d’aller à Abidjan. Nous avons une fois de plus combattu pour rétablir la légalité constitutionnelle.

Avec du recul, je prie Dieu que la Côte d’ivoire ne revive pas cette situation. Car, de 2002 à 2010, beaucoup de choses se sont passées. Ceux qui parlent constamment de guerre sont, généralement, des personnes qui ne l’ont jamais vue de près. Je crois qu’il n’y a pas de problèmes entre les Ivoiriens. Si les politiques arrivent à se réconcilier, il n’y a pas de raison que le peuple n’en fasse pas autant.

Propos recueillis par Daouda Coulibaly et Maxence Peniguet

Source: ivoirejustice

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