12062019Headline:

Côte d’Ivoire-Après le procès des pro-Gbagbo: L’Onu très en colère contre le pouvoir Ouattara

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Le procès de Simone Gbagbo et 78 pro-Gbagbo, dont le verdict est tombé récemment, continue de susciter des réactions. La dernière en date est celle du Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al Hussein.

48H après le verdict, soit le mercredi 11 mars 2015, celui-ci a salué la tenue de ce procès, non sans s’offusquer des dysfonctionnements au niveau de l’appareil judiciaire ivoirien. Selon lui, en effet, le procès qui vient de s’achever, a mis au jour de « graves déficiences structurelles au sein du système judiciaire ivoirien ». Par ailleurs, fait observer ce haut fonctionnaire des Nations Unies, ce procès n’a pas répondu aux attentes des victimes de la crise post-électorale, n’ayant pas porté sur les crimes commis durant ces événements tragiques. « Les victimes de violations graves des droits de l’homme, dont certaines pourraient constituer des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité, attendent toujours que justice soit faite, près de quatre ans après la fin du conflit en Côte d’Ivoire», fait-il remarquer.

Pour Zeid Ra’ad Al Hussein, le gouvernement ivoirien doit aller au-delà du camp Gbagbo pour engager des poursuites contre les personnes, issues de son camp et qui sont elles aussi soupçonnées de crimes. «Il est inacceptable qu’à ce jour pas un seul individu n’ait été condamné par un tribunal civil en Côte d’Ivoire pour les violations des droits de l’homme commises en lien avec le conflit », s’offusque-t-il, avant d’ajouter : « Et il est déplorable que certains des auteurs présumés continuent à occuper des postes officiels de responsabilité ». Une allusion à peine voilée à la nomination des ex-chef de guerre de la rébellion à des postes de commandement dans l’armée ivoirienne. Et d’appeler Abidjan à se pencher sur cet autre dossier, relatif aux événements de mars-avril 2011. « Bien que je comprenne que l’affaire qui vient de s’achever soit d’une grande importance pour le gouvernement, je l’exhorte à porter sans plus attendre son attention sur les affaires très importantes relatives aux droits de l’homme », lâche-t-il, en des termes diplomatiques, avant de se faire plus explicite :« Les auteurs de meurtres, viols et autres violations graves du droit international – peu importe leur origine ou affiliation – doivent être poursuivis sans délai ».

Pour les Nations Unies, ce n’est qu’en agissant ainsi que la Côte d’Ivoire fera la preuve que sa justice est équitable et partant, créera les conditions pour une paix durable. C’est ce que laisse entendre, par ces mots, le Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme : « Pour que les acquis de la paix soient garantis et perdurent, la Côte d’Ivoire doit donner la priorité à une justice équitable, à la manifestation de la vérité et à la réconciliation, tout particulièrement avant les élections présidentielles prévues cette année ».

Assane NIADA

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