07202017Headline:

Côte d’Ivoire – “Après les fuites de l’audio de Soro l’Etat va-t-il croiser les bras ?”

ouattara et soro

Après les fuites de la présumée conversation de Soro l’Etat va-t-il croiser les bras ?

En Côte d’Ivoire, on est habitué à cette phrase de dépit : « On va faire et puis il n’y aura rien ». L’enregistrement du dialogue entre Guillaume Soro, président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire et Djibril Bassolé, pro-Compaoré, ancien ministre des affaires étrangères du Burkina Faso qu’on pourrait désormais appeler l’affaire Soro va-t-elle connaître cet « ilnyaurarienisme ». Parce que celui qui est en cause s’appelle Guillaume Soro ? Il est encore trop tôt pour le dire. Mais quand on regarde et on analyse de près les discours de ceux qui interviennent dans cette nouvelle affaire, on a l’impression qu’il s’agit d’un fait banal comme on en relate dans les faits divers. Or nous sommes bien en présence d’une vraie affaire d’Etat.

Dans les Etats démocratiques où l’Etat existe et est le même pour tous et non à géométrie variable, de telles affaires sont au moins soumises à enquête pour en élucider les tenants et les aboutissants. La Côte d’Ivoire et le Burkina Faso entretiennent des relations plus que diplomatiques, disons fraternelles et multiséculaires. Il serait donc dangereux de ne rien entreprendre pour mettre cette affaire au clair au nom des intérêts de quelques individus qui voudraient se substituer à l’Etat.
Au Burkina Faso, Djibril Bassolé a été arrêté avant même que ces écoutes ne soient mises dans le domaine public. En Côte d’Ivoire, à défaut de la haute cour de justice qui n’existe pas encore, l’Assemblée nationale elle-même, presque monocolore soit-elle, devrait se saisir de cette affaire et mener sa propre enquête dans le cadre d’une commission parlementaire. Ceci pour la crédibilité de cette institution, mais au-delà, pour l’image de marque même de la Côte d’Ivoire.

Le contenu de la conversation fait si froid dans le dos qu’il serait risqué de ne rien entreprendre pour faire la lumière. Le conseiller de Guillaume Soro a parlé d’un grossier montage. Seule une enquête pourrait situer tout le monde en faisant parler des experts en télécommunication.

En attendant Guillaume Soro devrait situer tout le monde sur ses contacts ces derniers jours avec Djibril Bassolé. Le tout Ouaga et le tout Abidjan politiques savent bien les relations fortes entre ces deux personnalités, nouées depuis plus de dix ans au détriment du régime de Laurent Gbagbo. Nul n’ignore le rôle joué par le Burkina Faso en particulier Djibril Bassolé, homme de main de Compaoré dans la mise sous coupe réglée de la Côte d’Ivoire.
Il devra aussi expliquer pourquoi il militait activement pour un processus électoral inclusif au Burkina Faso dans une déclaration faite à Rfi le 5 novembre 2015. Un pays étranger dont il ne gère pas les affaires. Il dit même recevoir de ce pays des rapports sur le fonctionnement de l’armée de ce pays. Ces choses devraient constituer des pistes à explorer.
En attendant une enquête digne de ce nom, les commentaires sont libres, le fait reste sacré.
connectionivoirienne

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