10222017Headline:

Côte d’Ivoire /Après les mutineries et la grève des fonctionnaires/ le president Alassane a perdu des boulons

Fini la promenade de santé consécutive à sa gestion de la Côte d’Ivoire d’une main de fer. Alassane Ouattara a vu son fauteuil présidentiel vaciller pendant trois semaines. Il n’empêche qu’il a laissé plusieurs plumes dans ces secousses.

Gestion unilatérale du pays avec une main de fer

21 juin 2015. L’histoire retiendra que c’est à cette date qu’un rassemblement de l’opposition a pu avoir lieu sous l’ère Ouattara après 5 années de magistère au sommet de l’Etat. Celui de la Coalition nationale pour le changement (CNC) à Yopougon à seulement 4 mois de la présidentielle 2015. Car Ouattara, auréolé de son assise politique et de ses soutiens extérieures avait par le biais du ministre de l’intérieur Hamed Bakayoko formellement interdit toute marche et autre rassemblement de l’opposition. Grâce au jeu de l’entrisme, stratégie qui consiste à introduire ses pions dans le camp de l’adversaire, Ouattara s’est fabriqué son opposition. Celle-là, reconnue par le pouvoir avait loisir d’organiser des activités politiques. Lesquelles activités étaient autorisées à passer sur les antennes de la télévision nationale. L’opposition significative n’y a toujours pas sa place. Du reste, les débats nationaux aux antipodes de la vision du régime d’Abidjan y sont proscrits. Ainsi, aucun débat ne s’est tenu à la Radiodiffusion ivoirienne (RTI) concernant le passage à la 3ème République. Les mutineries intempestives et la grève des fonctionnaires y passent de façon lapidaire. Peu sont les contribuables ivoiriens instruits sur la réforme de la retraite de 2012 pourtant pomme de discorde entre le gouvernement et les grévistes.

La grosse désillusion

Au niveau social, certaines infrastructures sorties de terre ont émerveillé les Ivoiriens un moment avant que la politique antisociale du pouvoir n’ouvre leurs yeux. Destructions des maisons et autres moyens de subsistance sous le fallacieux prétexte de l’aménagement urbain, hausse des factures de l’eau et de l’électricité ainsi que son corollaire de mécontentement, le coût élevé de la vie contrastant avec la démagogie communicationnelle du pouvoir vis-à-vis de sa croissance à deux chiffres, pourtant non inclusive.

 

Le récent feu de mécontentement qui a essaimé le pays pendant trois semaines est à n’en point douter la résultante de cette grosse désillusion du peuple prêt à tenir la dragée haute à un dirigeant qui s’est fabriqué une toge de magicien, capable de faire de la Côte d’Ivoire un pays émergent en un seul mandat, puis en deux. Il ne lui reste plus que trois années pour réaliser le miracle.

Resserrer les boulons

En somme, les changements orchestrés dans l’armée sont loin de laver l’affront que ses hommes lui ont fait subir. Par ailleurs, fort de leur récente résistance face au gouvernement, les travailleurs n’hésiteront plus à se faire entendre. Que dire de la situation sécuritaire à surveiller comme du lait sur le feu ! Ex-FDS, dozos, ex-combattants continuent de réclamer les parts des 12 millions Frs Cfa accordés gentiment aux 8400 ex-rebelles. A l’épreuve des remous sociaux, Alassane Ouattara, l’indéboulonnable, selon ses partisans, a perdu des boulons. Espérons qu’il ait eu suffisamment le temps de les resserrer avant un autre vent.

imatin

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