12132017Headline:

Côte d’Ivoire: Assale Tiémoko raconte son expérience avec un monstre…apres le déchaînement des policiers sur des étudiants

Côte d’Ivoire: Assale Tiémoko (Dg L’éléphant déchaîné) raconte son expérience avec un monstre…«La Fesci ou le bonheur forcé»

Des policiers se sont déchaînés sur des étudiants présumés membres de la Fesci et ont fait de nombreux blessés dans leurs rangs.
Il faut condamner avec force, cet acte qui démontre que de régime en régime, nos forces de l’ordre n’ont jamais été déployées face à une manifestation en ayant à l’esprit le fait que dans une démocratie, les manifestations pacifiques sont un droit protégé par la constitution et que le rôle de la police, chaque fois, est d’encadrer l’exercice de ce droit.
Même si la manifestation est interdite, le rôle de la police n’est pas de casser le manifestant mais de l’interpeller et de le mettre à la disposition du juge.
De 1990 à aujourd’hui, les méthodes de la police ivoirienne dans les opérations de maintient de l’ordre public n’ont pas changé. Et chaque fois, au lieu de policiers formés au respect des libertés publiques, ce sont de vrais voyous armés par les impôts du peuple que nous voyons se défouler sur des citoyens qui revendiquent des droits. Voilà pour la police.
Quand j’ai fini de dire ça, je dois dire aussi que je désespère de voir que depuis sa création, la Fesci n’a jamais été capable de policer les moyens dont elle a toujours usé pour revendiquer. Son erreur congénitale a toujours été de penser qu’elle pouvait s’arroger le droit, au nom d’une prétendue légitimité historique, de parler au nom de tous les élèves et étudiants de Côte d’ivoire. Et, au nom de ce droit, s’opposer par la violence, aux activités, sur le campus, de tout autre mouvement qui promeut l’utilisation de moyens non violents dans la défense des intérêts des étudiants.
La Fesci s’est toujours imposée aux élèves et étudiants par la violence et la terreur. Elle n’a jamais expérimenté un autre moyen pour convaincre. Cela est un véritable paradoxe dans un monde dit du savoir. Tous ceux qui ont rongé leurs fesses sur les bancs de l’université de Cocody ou qui ont vécu dans une cité universitaire, à moins d’avoir été membre d’une section de ce mouvement qui se fait appeler « syndicat », ont au moins un triste témoignage à rendre sur les pratiques mafieuses de cette association.
Personnellement je n’éprouve aucune sympathie pour un mouvement dont des membres, à Mermoz, ont défénestré du 4e étage du bâtiment G, un étudiant, au motif qu’il serait d’un parti politique que la Fesci ne soutient pas.
Personnellement je n’ai aucune sympathie pour un mouvement dont les membres prélèvent-sous peine de subir des actes dune violence inouïe- la somme de 10000FCFA sur chaque paiement de la bourse de chaque étudiant. J’ai encore en mémoire l’image de cette étudiante déshabillée et rouée de coups par des membres de la Fesci pour avoir osé s’opposer au prélèvement de cette somme sur sa bourse. C’était en juin 2004 si ma mémoire est fidèle.
Terrorisé, j’ai toujours payé et ce, pendant quatre ans, cet impôt à la Fesci pour avoir la paix et la tranquillité pour poursuivre mes études.
J’ai encore en mémoire ces gifles distribuées la nuit à la cité de Mermoz aux étudiants qui refusaient d’assister aux meetings nocturnes où des illuminés racontaient n’importe quoi pendant des heures, sans oublier les expulsions
le lendemain pour ceux dont on sait qu’ils se sont enfermés dans leur chambre, lumière éteinte, pour ne pas avoir à assister à ces meetings nocturnes d’un goût particulièrement douteux. Un membre de la Fesci a été agressé dans un maquis quelque part à Cocody? Tous les étudiants de la cité vont devoir aller le venger. Ceux qui ont fait comme moi la cité de Mermoz de 2000 à 2004 se souviendront sans doute de cette nuit de terreur où la Fesci nous a contraints à sortir à 23h dans la rue, sous la menace de machettes, de pistolets automatiques, etc… direction, le village ebrie de Blocauss.
Motif? Aller venger des voyous de la Fesci qui, au lieu d’étudier, passaient leur temps à se saouler et qui avaient été tabassés dans un maquis de ce village. Vous avez dit syndicat?
Allez porter plainte dans cette période contre la Fesci dans un commissariat de Cocody… Cet acte pouvait signifier votre arrêt de mort.
Il faut que la Fesci comprenne qu’on ne peut pas continuer eternellement à vouloir faire le bonheur des gens contre leur volonté. Être etudiant, ce nest pas un metier. On ne peut prétendre défendre des parents d’élèves en terrorisant leurs enfants, en traumatisant leurs enfants. La Fesci ne peut pas dire, « comme la ministre ne nous écoute pas, alors nous allons fermer l’école ». Elle n’a pas ce droit. Il ne faut pas confondre les actions pour se convaincre soi-même qu’on existe encore et la défense d’un intérêt commun.
Dans un contexte où des parents d’élèves sont prêts, au privé, à payer jusqu’à 300 mille francs de frais d’inscription pour leurs enfants, allez les convaincre de soutenir votre cause quand vous jetez leurs enfants à la rue, en usant de la terreur en plus, pour une histoire de 15000F de frais annexes dans le public. La question des frais d’inscription est complexe dans un contexte où des écoles publiques, tant à Abidjan qu’à l’intérieur du pays, manquent de tout. Il y a encore dans ce pays des centaines de villages où ce sont les parents d’élèves démunis qui cotisent chaque mois, pour payer des salaires aux enseignants bénévoles qui enseignent leurs enfants dans des écoles publiques sous contrôle de l’Etat. La Fesci est-elle au courant de cet état de faits?
Pour mener un combat qui a des chances d’avoir de vrais soutiens au-delà des incantations qui prennent leur source dans l’émotion et dans l’appartenance à un parti politique, il faut être crédible.
Et la Fesci, de mon point de vue, n’a plus aucune espèce de crédibilité.
Source : page Facebook

 

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