08222018Headline:

Côte d’Ivoire: Assemblée nationale- rupture entre Soro prend forme /Budget 2018, des députés RDR et PDCI lui tournent le dos

La rupture entre Soro et le pouvoir évoquée prend progressivement forme.

En témoigne après sa nomination contre son grès au RDR voire l’interpellation surprise de Lobognon, un nouvel épisode rapporté à KOACI par des députés.

Fut récemment entreprise, de bonne guerre politique, une bataille pour mettre à mal le  budget 2018 de l’Assemblée nationale et en perspective faire lumière sur une mauvaise gestion de Guillaume Soro. Si elle fut à la fin vaine, elle donne la tendance politique du moment.

Côté RDR, Amadou Soumahoro, récemment limogé de son poste de SG du RDR, privé de poste de ministre et qui se rêvait en président de l’institution, côté PDCI, Jeannot Ahoussou, homme lige du président Ouattara et “garantie PDCI” pour le pouvoir.

Selon nos informations concordantes, chacun de leur côté, tous deux se sont employés à convaincre des députés de leurs familles politiques respectives pour charger Soro sur la gestion dubudget  de l’Assemblée.

Amadou Soumahoro, absent à la séance de la Commission des Affaires Economiques et Financières (CAEF) dont il est membre, a donné des consignes claires à un petit groupe de députésRDR   après les avoir, la veille de l’examen du projet d  budget en commission, réuni. L’objectif était de conspuer des voyages de villégiature de Guillaume Soro, des salaires mirobolants de ses nombreux conseillers et deux cents ex-rebelles “venus de Bouaké” pris en charge par l’Assemblée nationale.

Argument à avancer sur base d’une information venue du Secrétariat d’Etat au Budget, ces dépenses auraient une incidence sur le fait que les fonds ne suffisent pas pour les députés.

Le ministre d’Etat Ahoussou aurait pour sa part argué devant son groupe de  député que si l’Assemblée nationale n’était pas victime d’une mauvaise gestion, ils auraient été vraiment à l’aise, avec des avantages et des privilèges de toutes sortes.

Un  député ayant pris par à la réunion, sous couvert d’anonymat, rapportera que leur aurait été expliqué que pour l’année 2017, le parlement a reçu une dotation budgétaire complémentaire de 6 milliards mais que Soro n’a pas rendu compte de l’utilisation de ce dernier, évitant néanmoins de préciser les raisons de cette dotation budgétaire.

Renseignement pris auprès du secrétariat d’Etat au budget, elle était destinée à payer les indemnités transitoires des députés non réélus (pendant 6 mois on leur paye leurs indemnités complètes de députés), les 10 millions de frais d’installation payés à chaque  député au début de chaque législature, les indemnités viagères des anciens députés à la retraite sous les différentes législatures et ceux dont les mandats ont été interrompus par le coup d’Etat de 1999 et qui n’ont jamais été indemnisés,  acheter les écharpes, cocardes et macarons pour les députés ou encore à aménager des bureaux pour les vice-présidents.

Le Pr Maurice Kacou Guikahué, président du Groupe Parlementaire PDCI-RDA, informé des initiatives de Soumahoro et Ahoussou, a pour sa part donné des consignes pour que les députés de son groupe s’en désolidarisent.

Il y avait donc deux groupes à l’Assemblée nationale, les députés œuvrant pour l’amélioration de leur condition de vie et pour que leurs privilèges soient pris en compte dans lebudget   2018, et ceux engagés dans la bataille politique contre la gestion de Soro.

Sans l’appui du PDCI-RDA, difficile apparaissait l’entreprise de ces derniers, le respect de la procédure d’adoption du Budget, qui impliquait un vote favorable de la CAEF, ayant largement rassemblé les députés et finalement triomphé.

Enfin, alors que le  budget prévu par l’Etat pour le fonctionnement du Parlement ivoirien était de 9 milliards seulement, après une pression de Guillaume Soro il a été revu à 27 milliards après arbitrage.

Amy Touré, Abidjan

koaci

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