07232017Headline:

Côte d’Ivoire :Bientôt « la multiplication des chaînes de télévision

tele Numerique

La Côte d’Ivoire s’apprête à faire le grand saut vers la TNT (télévision numérique terrestre) à partir d’un paysage audiovisuel composé de deux chaînes publiques hertziennes et d’opérateurs privés satellitaires.

Le pays compte environ 1,5 million de télévisions. Le gouvernement se montre soucieux de maîtriser cette mutation jugeant que les médias peuvent jouer un rôle dans la montée en puissance de la violence politique.

Le consortium Thomson Broadcast-Sagemcom vient de remporter l’appel d’offres pour réaliser le projet pilote sur les infrastructures. Entretien avec Jean-Philippe Kaboré, secrétaire exécutif du Comité national de migration de la Côte d’Ivoire vers la TNT.

Quels sont vos objectifs avec le passage à la TNT ?
Nous en avons deux principaux : avoir un contenu attractif et accessible au plus grand nombre. Actuellement, nous détenons quatre fréquences disponibles pour la TNT, dont deux seront payantes.

Ces dernières ont vocation à financer l’écosystème. Autre impératif, celui d’un marché publicitaire dynamique, qui puisse d’abord faire vivre des acteurs du pays. Nous voulons créer une vraie industrie audiovisuelle ivoirienne, de la conception à la vente des programmes dans le cadre d’un partenariat public-privé. Nous souhaitons aussi établir un processus distinct pour l’attribution des infrastructures et des contenus.

Comment allez-vous procéder ?
Le hasard du calendrier fait qu’en 2015, la numérisation et la libéralisation de l’espace audiovisuel seront concomitantes. Nous procéderons par étapes : dès le mois de juin, un projet pilote sera déployé dans la région d’Abidjan avec 1 000 foyers bêta testeurs. Seules les deux chaînes publiques plus une chaîne de tests seront diffusées, pour évaluer les avancées technologiques en matière de diffusion numérique, avant de réaliser un déploiement à l’échelle nationale.
Parallèlement, nous allons sélectionner par appel d’offres le maître d’œuvre du déploiement du réseau national (35 sites de diffusion) et créer la nouvelle société de diffusion chargée de l’exploitation du réseau. En décembre 2015, le temps que les infrastructures soient posées et testées, nous procéderons au lancement national de la TNT.
Quels contenus pour les bouquets gratuits, avec qui ?
Nous privilégions l’émergence d’opérateurs ivoiriens, avec une offre éditoriale nationale et régionale, pour créer un lien de proximité. Pour que la population adhère à la TNT, cette proximité est fondamentale. Ces chaînes devront diffuser des informations dans le domaine économique, agricole, de la santé, du transport ou de l’éducation.

Le bouquet de chaînes gratuites se composera de trois chaînes publiques de la Radio télévision ivoirienne (les deux chaînes existantes plus une chaîne nouvelle) et cinq ou six nouvelles nées du processus de libéralisation.

Soit au total huit à neuf chaînes gratuites. Le gouvernement souhaite maîtriser cette transition parce que les médias peuvent jouer un rôle dans la montée en puissance de la violence politique chez nous mais ailleurs aussi.

Comment concevez-vous le bouquet payant ?
Nous avons une vision très claire de ce qu’il doit être : trente à quarante chaînes, exploitées par un opérateur privé sélectionné par appel à projet. Ce bouquet devra être populaire, c’est-à-dire que les offres d’abonnement par mois démarrent à un prix d’entrée de 2 500 francs CFA et n’excèdent pas les 10 000 F CFA.
Où en êtes-vous de la sélection des opérateurs ?
Nous avons d’abord travaillé sur un pilote pour tester le bon opérateur sur les infrastructures. Et c’est le consortium Thomson Broadcast-Sagemcom, qui a remporté l’appel d’offres pour la qualité technique de son projet.
Gilles Naudy

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