05252017Headline:

Côte d’Ivoire –Cacophonie au sein de la CEI: Damana Pickas avait raison (Par Germain Séhoué)

damana pikass

On peut dire aujourd’hui que Damana Pickas avait raison en 2010. Le président de la Commission électorale indépendante (Cei), Youssouf Bakayoko, vient de produire un communiqué grave, mettant au grand jour que quelque chose ne va pas en son sein. La Cei « informe la Communauté Nationale et Internationale ainsi que tous les candidats à l’élection du Président de la République, que tous les résultats proclamés jusqu’à ce jour 27 octobre 2015, n’émanent pas de sa Commission centrale, organe délibérant. En effet, les Commissaires centraux viennent de rentrer de leur mission de supervision en Région sur l’ensemble du territoire ivoirien, et ont commencé la validation des résultats. Les résultats seront donc communiqués au fur et à mesure de leur validation.» Or, déjà, le chiffre de 60 % de participation au scrutin a été communiqué au monde entier par le représentant d’Alassane Ouattara à la Cei,
Sourou Koné, vice président. Faisant la pluie et le beau temps à la Cei, l’homme de Ouattara usurpe le pouvoir de Me Victoire Alley, porte-parole Cei, habilitée à parler au nom de la Cei à part Youssouf Bakayoko, comme éperonné par l’esprit putschiste. Voilà que ce dernier le désavoue, précisant que « tous les résultats proclamés jusqu’à ce jour 27 octobre 2015, n’émanent pas de sa Commission centrale, organe délibérant. » Qui a donc autorisé Sourou Koné à communiquer des chiffres non consolidés alors que selon Bakayoko, c’est maintenant que « les Commissaires centraux ont commencé la validation des résultats » ?
Nous voici dans le schéma de 2010 où Damana Pickas, refusait que Bamba Yacouba, porte-parole de la Cei, s’obstinait à publier des résultats non consolidés, non validés. Des résultats autour desquels il n’y a pas eu de consensus, l’accord de tous les représentants. L’acte de Damana Pickas filmé en direct des télévisions étrangères a fait le tour du monde. L’on a considéré que la forme, le spectacle et non les causes. Voilà que la réalité revient en surface. Si Bakayoko conteste les chiffres de Sourou, c’est parce qu’ils n’ont pas fait l’objet de consensus à la Cei. Mieux, c’est seulement maintenant que « les Commissaires centraux ont commencé la validation des résultats ». De la même façon que Bakayoko proteste aujourd’hui, c’est de cette même logique que Pickas a protesté hier. Qui sait si Sourou Koné n’a pas modifié pour son patron Ouattara, les chiffres que devait proclamer Me Victoire Alley ? Pickas avait donc raison.

Ouattara est seul sur la piste de danse, mais son camp s’embrouille pour si peu. Le temps est un autre nom de Dieu.
Germain Séhoué
LE TEMPS

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