10232021Headline:

Côte d’Ivoire-Casse d’Adjamé: Des immeubles démolis, les victimes bloquent la route d’Abobo

buldozes population

De nombreux jeunes gens ont paralysé hier matin la circulation sur la voie express Adjamé-Abobo pour protester contre l’opération de déguerpissement qui a cours à la Casse d’Adjamé, a-t-on constaté sur place. Selon Inoussa Diaby, revendeur de pièces auto, le ministère du commerce et de l’artisanat n’a pas accédé à leur doléance de les dédommager et de réduire le coût de la location des box sur le site de recasement des artisans situé à N’Dotré. Ainsi, les victimes estiment que les conditions ne sont pas réunies pour leur départ définitif de la Casse d’Adjamé où certaines personnes sont revenues s’installer en bordure de la voie. Les manifestants ont posé des barricades pour obstruer la voie dans les deux sens au niveau du carrefour Macaci. Contraignant les bulldozers commis à la démolition des bâtiments à arrêter leur tâche. La situation a été rétablie dans l’après-midi.
Tout a commencé samedi dernier. Il est 10 h 47. une pelleteuse réduit en gravats un bâtiment de 8 magasins de vente de pièces de véhicules, sous les regards impuissants des employés. « C’est un sentiment de désolation et de tristesse que nous ressentons. Ce sont des années de souffrance qui sont réduites à néant en quelques minutes. Et ce sont 300 emplois qui vont disparaître avec ces casses. Pire, nous ne savons pas où stocker nos grosses machines. Quelle image veut-on donner de la Côte d’Ivoire », s’indigne Mme Diop A., propriétaire d’un immeuble, dans lequel se trouve son unité de sérigraphie, de confection de textile et de gadgets publicitaires.
Quatre bulldozers déployés de part et d’autre de la Casse d’Adjamé se sont acharnés sur les bâtiments, cassant tout sur leur passage. Sous l’œil vigilant des agents de la Crs1, armés jusqu’aux dents. Il y avait de la fumée et de la poussière par endroits, gênant parfois la vue des conducteurs des engins commis à la démolition des bâtiments. La Casse ressemblait à un véritable champ de ruine. Des objets qui ont pu être sauvés étaient entassés sur le terre-plein, au milieu de la voie express Adjamé-Abobo, provoquant un gros embouteillage sur tout le long de la voie. Ce sont au total huit bâtiments d’un coût de 560 millions F.cfa qui ont été démolis lors de la deuxième opération de déguerpissement à la Casse d’Adjamé. « Nous sommes choqués par ce qui se passe car les autorités nous avaient dit que nos immeubles n’étaient pas concernés. A notre grande surprise, un coup de fil d’un responsable de la mairie d’Adjamé, lundi dernier, nous a intimé l’ordre de quitter les lieux dans 72h. Renseignements pris, selon la mairie, le gouvernement nous a donnés la somme forfaitaire de 205 millions F.cfa à repartir entre 18 bâtiments à casser. Chacun va se retrouver avec 11 millions F.cfa. Que c’est méchant ! Voyez-vous, nos bâtiments démolis ce matin coûtent au total 560 millions F.cfa. Et les autorités veulent nous dédommager à hauteur de 88 millions F.cfa. Nous ne prendrons pas cet argent et nous allons engager des poursuites judiciaires pour réparation du préjudice subi sans omettre le coût des investissements », a relevé Adébayo Ojo, propriétaire d’un immeuble qui exerce des activités de freinage, l’importation de pièces auto, la garniture et la rectification.
A en croire certaines langues, l’opération se justifie par la volonté de construire la gare internationale d’Adjamé.
Didier Kéi
notre voie

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