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Côte d’Ivoire : Ce que sont devenus les pro-Gbagbo, cinq ans après la perte du pouvoir

cpi gbagbo

Le 11 avril 2011, Laurent Gbagbo, l’ex chef d’état ivoirien, était arrêté à Abidjan. Cinq ans plus tard, il est toujours derrière les barreaux et attend le verdict de son procès devant la Cour pénale internationale. L’occasion de faire le point sur ce qu’il reste de la galaxie pro-Gbagbo, entre les derniers fidèles et ceux… qui cherchent à tourner définitivement la page.

Autrefois rassembleur, le nom de Laurent Gbagbo aurait aujourd’hui plutôt tendance à diviser. L’ancien chef de l’État, arrêté il y a cinq ans jour pour jour à Abidjan et transféré à la Cour pénale internationale pour y être jugé, n’a pas réussi à garder ses troupes en rangs serrés.

D’un côté, certains, fidèles parmi les fidèles, forment le dernier carré du clan Gbagbo depuis leur exil ghanéen ou leur cellule. De l’autre, d’anciens collaborateurs du président ont tourné la page, ou cherchent à le faire.

 

Ils sont derrière les barreaux

 

 Charles Blé Goudé

Arrêté au Ghana en janvier 2013 avant d’être transféré le 22 mars 2014 devant la Cour pénale internationale (CPI), à La Haye, Charles Blé Goudé a vu son procès s’ouvrir le 28 janvier dernier. Il y a réaffirmé ne pas avoir été “un partisan de la lutte armée” et espère être blanchi des accusations de crimes contre l’humanité. Il continue également de piloter à distance son mouvement politique, le Congrès des jeunes patriotes (Cojep)

 

Brunot Dogbo Blé

 

L’ex-général Brunot Dogbo Blé a été condamné le 18 février à la prison à vie pour complicité dans l’assassinat de Robert Gueï, en 2002. Il est également condamné à payer 500 millions de francs CFA de dommages et intérêts à la famille de l’ancien chef d’État. Il avait auparavant été déchu de son grade de général. En octobre 2012, il avait également  été condamné à quinze ans de réclusion pour séquestration et assassinat du colonel-major Adama Dosso lors de la crise postélectorale.

 

Simone Gbagbo

 

Un an après sa condamnation à vingt ans de réclusion pour “attentat à l’autorité de l’État, participation à un mouvement insurrectionnel et trouble à l’ordre public”, Simone Gbagbo s’apprête à faire son retour devant la Cour d’Assises d’Abidjan. Cette fois, la Première dame est accusée de “crime contre l’humanité” et risque l’emprisonnement à vie, selon le code pénal ivoirien. Le procès devrait avoir lieu le 25 avril.

Ils sont en exil

 

Justin Koné Katinan

 

Exilé au Ghana depuis depuis le 11 avril 2011, Justin Koné Katinan officie toujours en tant que porte-parole de Laurent Gbagbo. Visé par un mandat d’arrêt international pour crimes économiques, émis par Abidjan. Il a publié en septembre 2015 son deuxième livre “Idéologie, conscience et combat politique en Afrique” (aux éditions L’ Harmattan) dont la préface est signée par Lazare Koffi Koffi, un ancien ministre de Gbagbo également en exil au Ghana.

 

Damana Pickass

 

Damana Pickass, ancien membre de la Commission électorale indépendante (CEI), celui qui s’est rendu célèbre en déchirant les feuilles des résultats de l’élection présidentielle dans l’enceinte de la CEI à Abidjan, vit toujours en exil à Accra au Ghana. Il a longtemps été considéré comme un des cadres de l’aile radicale du mouvement pro-Gbagbo.

 

Ahoua Don Mello

 

Ahoua Don Mello, ancien ministre ivoirien de l’équipement et de l’assainissement et porte-parole du gouvernement Gbagbo, est un proche de Pascal Affi N’Guessan. Depuis son exil au Ghana, il avait d’ailleurs pris position pour lui, lors de la guerre des chefs au sein du Front populaire ivoirien (FPI). Ahoua Don Mello est toujours sous le coup d’un mandat d’arrêt international émis en 2011 par les autorités ivoiriennes.

 

Kadet Bertin

 

Parent de Laurent Gbagbo, originaire du même village que lui, Mama, dans l’Ouest, Kadet Bertin est toujours en exil au Ghana. Officiellement conseiller au palais pour les questions de sécurité, cet ex-ministre de la Défense était considéré sous Gbagbo comme le vrai patron des Forces de défense et de sécurité.

 

Ils lui restent fidèles

Abou Drahamane Sangaré

 

Abou Drahamane Sangaré fait partie des derniers fidèles de Laurent Gbagbo. Il est à la tête de la fronde, avec Laurent Akoun, au sein du Front populaire ivoirien (FPI) et conteste la légitimité de Pascal Affi N’Guessan. Refusant toute idée de dialogue avec le pouvoir, l’ancien ministre des Affaires étrangères considère que le FPI ne peut participer à la vie politique ivoirienne tant que Laurent Gbagbo, qu’il estime toujours président du parti, reste emprisonné à La Haye.

 

Laurent Akoun

 

Ce fidèle de Laurent Gbagbo est aujourd’hui à la tête des frondeurs du Front populaire ivoirien (FPI), nom donné à ceux qui ne reconnaissent pas l’autorité de Pascal Affi N’Guessan en tant que président du parti, dont il fut le secrétaire général par intérim. Il a intégré lors de la campagne pour la présidentielle de 2015 la Coalition nationale pour le changement (CNC).

 

Ils veulent couper le cordon

Pascal Affi N’Guessan

 

L’ancien Premier ministre de Laurent Gbagbo, candidat malheureux du Front populaire ivoirien (FPI) lors de la présidentielle de 2015, fait face à la fronde au sein de son parti. Aboudramane Sangaré et Laurent Akoun ont fait scission, déniant sa légitimité et l’accusant de vouloir laisser tomber Laurent Gbagbo. Pascal Affi N’Guessan est fermement décidé à incarner une opposition qu’il cherche à convaincre de jouer le jeu du dialogue avec le pouvoir et d’oublier l’ancien chef de l’État emprisonné à La Haye.

Marcel Gossio

 

Ancien directeur du port autonome d’Abidjan, Marcel Gossio était un cacique du régime Gbagbo. Rentré d’exil début 2014, il a opté pour la normalisation avec le pouvoir en place aux côté de Pascal Affi N’Guessan. Il fut son directeur de campagne lors de la présidentielle de 2015. Haut fonctionnaire à la retraite, banquier de formation, Gossio a vu les sanctions et restrictions de l’Union européenne à son encontre levée en janvier 2015. Une partie de ses comptes ont également été dégelés en Côte d’Ivoire.

Alcide Djédjé

 

Ancien conseillé diplomatique puis ministre des Affaires étrangères de Laurent Gbagbo, Alcide Djédjé était aujourd’hui l’un des proches conseillers de Pascal Affi N’Guessan. Placé en résidence surveillée à l’hôtel La nouvelle Pergola d’Abidjan après la chute de Laurent Gbagbo, il a été transféré le 9 juillet 2011 à la prison civile de Boundiali dans l’extrême nord de la Côte d’Ivoire puis libéré en août 2013.

 

Il a tourné la page

Mamadou Koulibaly

 

Président de l’Assemblée nationale pendant onze ans, ancien président par intérim du Front populaire ivoirien (FPI) à l’issue de la crise postélectorale, Mamadou Koulibaly a quitté le parti de Laurent Gbagbo en juillet 2007. Souhaitant incarner l’opposition et tourner la page Gbagbo, il a ensuite fondé  son parti, Liberté et Démocratie pour la République (Lider) et a été investi candidat à la présidentielle d’octobre 2015. Il s’est finalement retiré de la course, en dénonçant un scrutin truqué d’avance.

 

 Jeune Afrique     

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