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Côte d’Ivoire-CNC (Coalition Nationale pour le Changement) : A quoi joue Banny ?

banny
Il y a quelques semaines Béchio déclarait que Banny était le candidat de la CNC (Coalition Nationale pour le Changement). Une posture étrange et peu en accord avec ce que nous savions des délibérations et objectifs internes de cette structure. Décidément, il est compliqué de changer les habitudes de parti unique. Pourtant, la savate qui lui a été administrée par les rebelles au golf aurait pu transformer cet homme politique abonné aux intrigues en digne souverainiste. Nous voulions croire en une rédemption fortement nourrie des différentes agressions dont il a été victime. Ce qu’il nous sert montre que les souverainistes n’ont aucun intérêt à compter sur tous ceux qui activement ont fricoté avec le PDCI-RDA. On se dit par moments que ce vieux parti est à même d’étonner positivement. Mais nous sommes chaque fois déçus par ces réflexes qui in fine réitèrent les pratiques moralement inacceptables. Par ailleurs, le fait même que Banny ne démente pas les propos de Béchio faisant de lui le candidat officiel de la CNC contre l’avis des autres membres, est une attitude curieuse qui ne peut être acceptée. Un autre fait tout aussi troublant est relatif au mutisme de Banny face à l’inéligibilité d’Alassane Ouattara ; tout ceci nous désole au plus haut point. Comme tout ivoirien, Banny a le droit d’être candidat à toute élection pourvu qu’il en remplisse les conditions légales. Mais en dehors de cette légalité générale, il y a des légalités secondaires ou périphériques qui cadrent les associations dans lesquelles certains candidats puisent légitimité, et dont les indications internes sont des contrats qui lient les adhérents. La CNC en est une dont les délibérations ne peuvent être infirmées par les actes de ses membres. En cautionnant la posture de Béchio, Banny apparaît comme un opportuniste adepte de petites combinaisons malsaines. En outre, le fait qu’il accepte de ne pas publier le rapport de la Commission Dialogue Vérité et Réconciliation (CDVR), structure qu’il a présidée, le rend d’emblée suspect. Les ivoiriens ayant dépensé des milliards pour le fonctionnement de cette commission doivent être informés des différentes conclusions, surtout que Ouattara refuse de les rendre publiques. Ces silences, concussions et prévarications ne sont pas de nature à rehausser la crédibilité de Banny. Le fait d’être bailleur de fonds essentiel de la CNC ne donne aucun droit, surtout pas celui de piétiner les balises internes. Aucune obligation explicite ne contraint Banny à participer à cette élection. Il n’est pas le messie que les souverainistes attendaient. Il aurait pu le devenir s’il se montrait intransigeant et intègre en refusant d’aller à la soupe. Ayant montré ses limites morales sous Gbagbo en embouchant la trompette de la rébellion, il nous est difficile de le compter parmi les nôtres. Ouverts, nous pensions qu’il avait fait une mue fondamentale qui le rendait digne d’intégrer nos structures de lutte. Décidément, l’essentiel s’apprend très tôt. On ne devient pas souverainiste ou nationaliste à l’âge de la retraite. C’est une construction permanente parfois périlleuse qui ne peut être à la portée des jouisseurs internationaux qui tôt, ont pris le parti des prédateurs polychromes. Que Banny, KKB et autres apologistes du PDCI soient en accord avec les attentes de la jeune génération du PDCI qui depuis 2010 a fait espérer que quelque chose de sérieux émergeait enfin du vieux parti. Ces deux candidats ne peuvent participer à cette élection de malheurs qui s’annonce ; ils en seront indéniablement comptables. Toutes leurs justifications pour ne pas y renoncer sont du verbiage de tartufe qui au fil des jours les ridiculise. S’ils vont à cette élection c’est qu’ils ont depuis longtemps un deal avec Ouattara comme cela se dit déjà. Aussi, serons-nous obligés de les traiter comme ennemis encagoulés de la cause nationale. Ils peuvent encore se ressaisir en défiant Ouattara dans un dispositif de boycott explicite comme le demandent certains membres de la CNC : là git le substantiel.

Dr Oyissé, Suisse

civox

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