11242017Headline:

Côte d’Ivoire-CPI : après Kassaraté, c’est au tour de Philippe Mangou de témoigner…

 

 

Aux premières heures du début des passages des témoins à charge de l’Accusation dans le cadre du procès Laurent Gbagbo/Charles Blé Goudé contre le procureur, des noms ont été révélés par erreur à la CPI. Parmi ceux-ci, des chefs militaires des plus importants de la chaîne de commandement de l’armée ivoirienne à l’époque. A savoir l’ex-directeur général de la Police nationale ivoirienne, Brédou M’Bia, le Gl Edouard Tiapé Kassaraté, ex-commandant supérieur de la Gendarmerie nationale, Philippe Mangou, général de corps d’armée, ex-chef d’état-major des armées ivoiriennes, etc.

Pendant la crise post-électorale en Côte d’Ivoire, si l’on était en football, on dirait que Philippe Mangou était avec Laurent Gbagbo jusqu’à la 85 minutes, avant de le lâcher à la 5 minutes de la fin du match pour Alassane Ouattara, le Président déclaré élu par la Comission électorale indépendante. Face au refus intransigent de Laurent Gbagbo de céder le pouvoir, Mangou s’est rangé du côté de M. Ouattara dont la légimité était toujours contestée par M. Gbagbo, mais reconnu par la communauté internationale comme nouveau président de la Côte d’Ivoire. Le Gl Mangou s’est donc désolidarisé et a trouvé refuge à l’Ambassade du Gabon, après avoir dit à son ancien patron que la bataille était perdue.

Comme Brédou M’Bia et le Gl Edouard Tiapé Kassaraté, le témoignage de celui qui a été nommé ambassadeur de Côte d’Ivoire au Gabon par le président ivoirien, depuis mai 2012, est très attendu par tous les pro-Gbagbo et les pro-Ouattara, et surtout par l’Accusation qui jusque là a souvent du mal à comprendre les dires de ses propres témoins dont les dépositions sont peu convaincantes pour plusieurs observateurs. C’est bien ce qui se serait passé avec le Gl Edouard Kassaraté qui n’aurait pas été locasse lors de sa comparution devant les juges de la CPI recemment, accusant une imitation de sa signature sur des documents, et soutenant aussi avoir tenté de raisonner M. Gbagbo afin qu’il rende le pouvoir à M. Ouattara.

Or, l’actuel ambassadeur de la Côte d’Ivoire au Sénégal avait une grande responsabilité dans la chaîne de commandemant du Gl Philippe Mangou. Peut-on affirmer, au risque de se tromper, qu’il a laissé la parole à ce dernier pour tout dire?

« ..quand on a la vérité à dire, on ne se cache pas »

Toutefois, Philippe Mangou pourrait être aussi un témoin « à charge » comme à « décharge » dans ce procès de Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé. D’ailleurs, n’a-t-il pas lui-même affirmé vouloir témoigner pour permettre à l’opinion de connaître la vérité? « J’avais moi-même, envisagé de témoigner sans camouflage, car quand on a la vérité à dire, on ne se cache pas. Je veux parler, non pas pour faire condamner qui que ce soit, mais pour permettre aux Ivoiriens et à l’opinion internationale de connaître la vérité », a laissé entendre Philippe Mangou dans les médias en février 2016.

Il avais alors confié qui lui aussi avait demandé à Laurent Gbagbo de démissioner. « Si encourager Monsieur Laurent Gbagbo le 11 mars 2011, à démissionner au moment où lui même demandait mon avis sur la question, pendant que l’armée était à court d’armes et de munitions, (vous et moi nous saurions certainement la provenance des armes et munitions stockées au palais) que les Ivoiriens mouraient et qu’ils ne pouvaient ni manger ni se soigner, c’est trahir, alors j’ai trahi », avait-il lancé à l’endroit de ceux qui l’accusent de trahison.

Pour lui, mieux vaut l’entendre avant de le condamner. « Qu’ils ne me jugent pas avant de m’avoir entendu », a précisé celui qui fait partie des 138 témoins annoncés par le bureau du procureur dans le procès conjoint Laurent Gbagbo-Blé Goudé qui se tient à La Haye depuis le jeudi 28 janvier 2016.

Le témoignage de Philippe Mangou, qui a été au coeur de cette crise post-électorale en avril 2011 en Côte d’Ivoire, pourrait donc être décisif pour le sort de Laurent Gbagbo et son ancien ministre de la Jeunesse Charles Blé Goudé.

Tout le monde se pose la question de savoir ce que dira le Gl Mangou, après le passage de l’ex-commandant supérieur de la gendamerie Edouard Kassaraté à la CPI. Pourra-t-il vraiment trahir les secrets militaires de cette époque? Ou alors, jouera-t-il la carte de la neutralité? C’est sûr que ce ne sera pas une tâche facile.

 Daniel Coulibaly

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